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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 09:43
Sur une liste de mots proposée par Derdre (que je remercie vivement), mots extraits de son texte "Courage, aimons", petite variation sans prétentions...
J'espère avoir été à la hauteur du défi...

alpha, sculptural, kaléidoscope, otage, carotide, saillant, insatiable,
néréide, seconde, manche, vibration, enveloppe, soie



Quand elle était entrée dans la banque, avec cette démarche volontaire et tellement gracieuse, il n'avait pu s'empêcher de la regarder. Son corps sculptural avait réussi le miracle de lui faire, un instant, oublier la seule passion de sa vie, son travail, et notamment la beauté qui l'attendait en ce moment même sur les derniers clichés du téléscope Hubble : Néréide, satellite naturel de Neptune, indéniablement fascinant.
Il l'avait fixée, donc, sans même s'apercevoir qu'elle l'avait remarqué. Et s'il avait l'habitude que les femmes lui fassent reproche de cette façon de les déshabiller du regard, celle-ci avait eu une façon toute particulière de lui faire regretter, en l'espace d'une seconde...

Là, le couteau sur la gorge, il avait très peur pour sa carotide. Les complices de la femme venaient de finir de charger les sacs dans la fourgonnette, et la police étant arrivée dans l'intervalle, lui... il était un des otages.
Il sentait les vibrations de sa nervosité dans tout son corps. Impossible de cesser de trembler, depuis qu'une idée saillante s'était imposée à lui : il allait mourir, là, son insatiable curiosité allait s'éteindre, comme elle assurerait juste un peu mieux sa prise sur le manche du couteau, son âme allait se détacher de son enveloppe charnelle, dans un glissement comme la soie sur la peau... stop, il fallait qu'il arrête de penser ! Il était plus proche de l'alpha que de l'oméga (*), bon sang ! Il fallait qu'il se ressaisisse, et qu'il trouve une solution !

Il recommença aors ce qu'il appelait "le jeu du kaléidoscope", quand, détaché entièrement du monde extérieur, il laissait simplement la lumière entrer par ses yeux sans chercher à la comprendre, et faire naître des images dans sa tête.



Et ce fut bien de ses pensées profondes que vinrent le dénouement. Plongé dans un état quasi "végétatif", il s'effondra littéralement sur le trottoir alors que la femme l'entrainaît vers la fourgonnette. Elle ne réagit pas assez vite, et fut abattue par la police, ainsi que ses deux complices, qui avaient eu le tort de laisser trop d'écarts entre eux et les autres otages.

Mais tout ça, il fallut qu'on le lui raconte, car bien sûr, tout entier retiré en lui-même, il n'avait rien vu, rien entendu...
Il lui fallut deux jours pour émerger de ce coma dans lequel il avait choisi de se retirer...

Il se jura qu'à l'avenir, il ne fixerait plus jamais, avec insistance ou non, la moindre femme.

Mais bien sûr il ne pût pas s'en empêcher...



(*) L'alpha et l'oméga : le commencement et la fin (expression)
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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 14:42
Sur une autre liste de Natseyomi, un résultat "étrange". Attachez vos ceintures...

périphérique - papauté - paniquer - permutation - pointage - potentiel -
préjudice - pester - pyromane - prorata - prisme - péristyle - panier



Le prisme dans son panier protecteur, il fonce dans le péristyle du temple, comme un pyromane fuyant devant l'incendie qu'il aurait lui même allumé. Beaucoup, à sa place, paniqueraient d'avoir une dizaine d'hommes armés derrière eux, bien décidés à faire un carton. Mais il sait qu'il a le potentiel d'en sortir vivant, et puis il le doit, le préjudice pour l'humanité entière serait trop grand si le prisme venait à lui échapper.
Il entend ses poursuivants pester comme il prend peu à peu de la distance. En plus, ils visent comme leurs pieds !

Bientôt, le voilà en vue du pointage de sécurité. Le garde l'aperçoit, le met en joue... et puis la Porsche défonce la grille de protection et l'écrase. Angelina, pile à l'heure.

Il sait que c'était prévu ainsi, mais ignore comment il a pu le savoir. A vrai dire, il ignore complètement comment il a pu arriver là.

Il sent l'énergie du prisme se propager peu à peu au travers du panier, dans son bras, puis tout ses muscles. Une voix dans sa tête lui susurre que l'objet une fois libéré de la cage où il était maintenu, son pouvoir se renforce "prorata temporis" (*). Bientôt, il pourra en faire usage, et mettre définitivement Borel hors jeu, et avec lui ses ambitions mégalomaniaques.

Il ne comprend pas ce qu'est le pouvoir, mais quel besoin de comprendre pour croire ? Quelque chose en lui tente de répondre. "Permutations", entend-il... Il croit reconnaître en ce mot de grandes théories mathématiques auxquelles il n'a jamais rien compris, alors il renonce, préférant la certitude rassurante de cette chaleur qui s'immisce en lui peu à peu, et qui a commencé à lui parler. Il sent plus qu'il ne sait ce qu'il lui faudra accomplir le moment venu, et comment. C'est bien assez pour l'instant.

Il saute dans la Porsche, qui redémarre en trombe.

Bientôt les voilà sur le périphérique, en direction du boulevard de la Papauté...



"Prière d'attacher vos ceintures, nous allons bientôt atterrir"

Papauté, prière... ceintures, périphérique...

Ces paroles de l'hôtesse s'entremêlent à son rêve, et finalement c'est l'insistance de son épouse qui le tire de son sommeil.

"J'ai fait un rêve vraiment étrange, chérie..." dit-il, en baillant et s'étirant

"Le contraire m'aurait étonné", répond Angelina, en lui faisant son plus beau sourire. Elle a toujours adoré qu'il lui raconte ses rêves, ces "histoires pour rester éveillés" comme elle les appelle.

Il sourit à son tour, et s'apprête à commencer son récit...

... mais soudain ses yeux se posent sur son sac de voyage, entrouvert. Avec à l'intérieur le petit panier en osier. Et le prisme, que désormais il sent sans besoin de contact.

Après tout, c'est lui qui l'a libéré, non ?



Une pensée plus loin, les revoilà dans la Porsche. Le pouvoir du prisme est maintenant complètement réveillé. C'est lui qui conduit, Angelina ne se souvient pas encore de tout, mais n'a déjà plus cet air stupéfait des premières secondes. Elle regarde le panier avec insistance... elle le sent aussi.

Le prisme les a libérés autant qu'ils l'ont libérés. Maintenant, il réclame d'être utilisé.



Au même instant, à 3000 kms de là, un avion explose en vol. Attentat terroriste.




A quelques kilomètres des fuyards, Stéphane Borel a soudain chaud... très chaud... et tellement mal dans la tête...
 
Quelque chose explose dans son cerveau, et il meurt sans un bruit. Ses gardes du corps mettront trois heures avant de se risquer à pousser la porte, et découvrir le corps.

Au volant de la voiture, Angelina à nouveau. Son mari dort, épuisé par l'effort. Le prisme irradie toujours, mais ce n'est plus la même énergie. Il semble comme apaisé.



Angelina et son mari sirotent un cocktail, à l'ombre d'un parasol. Leurs vacances sont idylliques, telles qu'ils les avaient rêvées. Passés les premiers moments "étrange", où on leur affirmait qu'il était impossible qu'ils soient là vivants, vu que leur avion avait explosé avant l'atterrissage, personne ne les avait dérangés.

Ils en avait bien ri, après coup.

Inconscient qu'il ne s'agissait en rien d'une erreur, mais ayant tout oublié.



A 3000 kilomètres de là, un panier contenant un prisme dort dans le coffre d'une Porsche, dans un parking souterrain.

"La mission a été remplie comme prévue" se dit Le Gardien en apercevant la voiture.

Il se dirige vers elle avec assurance, prend le volant et démarre.


Fin ?

non...
ce n'est que le début...


(*) Prorata temporis : en fonction du temps écoulé
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18 janvier 2007 4 18 /01 /janvier /2007 16:28
De chaque certitude, douter encore
dans la mélodie n'entendre que désaccords
trouver la route enfin, mais succomber à l'appel
d'autres, une infinité, toujours "plus belles"
Recommencer sans fin, ignorant, oubliant,
qu'un jour il y en aura une, pourtant
 
Pourquoi vouloir ainsi mourir en soi
avant que la poussière ?
pourquoi refuser, de choisir, la lumière ?
pourquoi vouloir porter une croix
quand au fond on sait qu'elle n'existe pas ?
 
Pas de pires mirages que, si doux, l'Idéal
cette course contre soi, cet égarement, ce mal
la ruine de tout projet, l'aveuglement, l'absence
et au crépuscule n'avoir, à opposer au silence,
que des mots creux qui jamais ne le rompront.
 
Nous ne sommes pas riches de ce que nous espérons
Des pas additionnés, de l'éphémère, du temps
mais de ce que nous construisons chemin faisant
des mains que l'on serre et que l'on ne lache plus
des regards portés, attachement, fidélité
à ce que l'on est pourvu qu'on l'ait su
pourvu qu'on ait voulu s'en partager
 
le secret
pour assumer ce qui est
 
loin des horizons inatteignables
des fables
loin des "je serai"
 
pourvu qu'on ait eu le courage d'ainsi exister.
 
Nous ne sommes pas riches de tenter, renoncer
mais d'aller en toute chose jusqu'au bout de nous-même
 
pas au delà, se respecter assez pour refuser les chaînes
et ne jamais cesser d'aller de l'avant...
 
Pour, au crépuscule, sourire à chaque instant
passé.
 
En paix...

18/01/2007

Avant que l'Ombre, je sais
ne s'abatte à mes pieds
pour voir l'autre côté
je sais que, je sais que j'ai aimé...

Mylène Farmer - Avant que l'Ombre
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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 15:44

Ce texte a été écrit dans le cadre d'un atelier d'écriture. Un des buts était de s'inspirer de l'image ci-contre.



J'arrive un jour trop tard, Le Prêtre est déjà passé ici. Je le sens à l'instant où j'aperçois la sortie de la grotte, et le promontoire au dessus des eaux. C’est comme une sensation d'étouffement.

La Bénédiction.

D'après la force de l'étreinte, cela remonte à hier matin.

Sans cesser d'avancer, je récite l'invocation, cruel mot de passe : en cas d'erreur, je mourrai instantanément.

Du coin de l'œil, j'aperçois, à la lumière grandissante de la lune, les squelettes de quelques intrus qui n’avaient eu aucune chance …

Quelques secondes passent. Je m'arrête sur le promontoire, respirant à nouveau. Je n’ai pas fait d’erreur. Je me retourne et Bénis la grotte à mon tour.

Je peux maintenant ouvrir La Valise.

Elle est exactement là où Le Prêtre me l'avait annoncé, si jamais je ne le trouvais pas ...
Pensant à l'ampleur de ma tâche, je tremble ... mais je ne dois surtout pas me laisser distraire ...

Le rituel commence.

J'ouvre La Valise. Rien ne manque. D'un geste assuré, je sors L'Echelle des âmes. Trop d'hommes au cours du temps n'ont vu en Elle qu'une simple corde ... et l'ont regretté amèrement.
Je la dépose respectueusement à mes pieds.
Ensuite, j’enfile la toge et je sors La Dague d'Alliance.

J'hésite un peu, mais la voix du Prêtre, dans ma tête, me répète l’importance vitale d’aller jusqu’au bout … sinon …
Alors je trace Le Signe dans la paume de ma main, et commence La Grande Prière, laissant mon sang s'écouler sur l'Echelle ... Je ferme les yeux, et la sens qui enserre mes chevilles, serpente lentement le long de mes jambes, jusqu'à mes cuisses, me prend par la taille, puis, s'élève jusqu'à mon épaule droite. Je sais que je ne dois pas la regarder pendant l’élévation … Le Prêtre ne m’a pas dit pourquoi, mais j’ai la certitude qu’en effet ça ne serait pas prudent ….

Je suis sur la bonne voie. Elle est Heureuse d'être là, sur mon épaule, Heureuse d'entendre une nouvelle fois ces mots ... Elle me prend dans Sa Joie.

Tout cela semble durer des heures, mais je perd la notion du temps, comme L'Echelle me dédouble et m'éveille ...

C'est sans volonté propre que je retire de la valise le flacon et la photographie intégralement noire. Je ne sais où se trouve La Dague à présent, mais ce n’est pas important. Rien ne se perd ici, me chante L'Echelle ...

J'ouvre le flacon, dont j'ignore le contenu, et le verse goutte à goutte sur le coté face de la photo, en reprenant, plus lentement cette fois, la fin de La Grande Prière ... je touche au but je le sais ... Il ne me reste plus qu'à visualiser Aurore, et ...

soudain je comprends tout.

***

Désormais je suis moi aussi un Prêtre. J'ai suivi Le Chemin des Elus vers Aurore, le monde supérieur.

Je suis ici, et en même temps toujours en bas, reparti dans le vaste monde. Je cherche Les Suivants. Je ne suis pas seul à chercher.

Nous sommes nombreux ici, un par jour ...

Les Suivants aussi croiront être un jour trop tard, dans cette grotte ... ignorant que Le Chemin ne peut s'accomplir que seul, que La Valise ne reconnaît qu'un seul maître à la fois.

La Valise, qui chaque fois retrouve, dans l'étreinte de La Bénédiction, sa forme originelle, comme si personne n'y avait touché avant. Attendant la nuit suivante pour œuvrer.

Et tant que durera le cycle, tant qu'il y aura Les Suivants ... il y aura le jour après la nuit, le soleil après la lune.
Il y aura Aurore.


 

24/07/2004

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13 janvier 2007 6 13 /01 /janvier /2007 00:39
Je retrouve des notes éparses, avec quelques "pensées"... certaines font encore écho aujourd'hui, je vous les livre donc. Amères, ironiques, ou plus apaisées, j'espère juste qu'elles donneront matière à discuter...



  • Dans nos relations, nous donnons souvent ce que nous n'avons pas, parce que c'est ce qu'il y a de plus simple, de moins douloureusement privatif, à donner.

  • Il ne faut jamais dire d'une douleur qu'elle dépasse tout. Le lendemain peut nous prouver trop facilement le contraire si on le met pareillement au défi.

  • Peu importe les services que vous rendez, si vous les rendez contre les principes des gens. Ils vous en voudront toujours (ou peu s'en faut). On ne peut pas aider quelqu'un malgré lui.

  • Mis à part cas extrêmes, ce ne sont pas vos ennemis (simples inimitiés la plupart du temps) qui peuvent vous faire du mal. Méfiez-vous plutôt de vos amis, qui blessent plus cruellement en pensant bien faire, que vos ennemis en voulant faire mal.

  • On apprend souvent beaucoup plus de ce que les autres ne nous apprennent pas, ou involontairement, que de ce qu'ils veulent bien dire consciemment.

  • Ce n'est pas quand les autres ne veulent plus de vous qu'il faut partir, mais quand vous en avez assez de ce que vous êtes pour eux.

  • On dit qu'il ne faut pas donner de mauvaises habitudes aux gens. Il ne faut pas plus leur en donner de bonnes. Une habitude ferme toujours des perspectives, diminue la liberté d'action, la faculté de réaction des autres, et de soi par rebond.

  • Peu importe ce que tu crois. Tout dépend de la façon de ne pas le dire, mais en le laissant suffisamment à penser, afin que d'autres le disent à ta place. Alors, tout en étant fidèle à toi même, tu peux leur donner l'impression de t'intégrer au "troupeau".

  • Ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse, mais ne te force pas non plus à faire mieux avec eux qu'eux avec toi.
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