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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 16:35
J'ai découvert Philippe Labro avec un ouvrage très personnel, "Tomber sept fois, se relever huit", dans lequel le journaliste, patron de radio et écrivain, décrivait sa traversée de la dépression, et la façon dont il avait réussi à s'en sortir. En somme, c'était plus l'homme qui se livrait, et j'avais été séduit par cette autobiographie sans faux semblants, sans "pose" d'auteur.

C'est dans cet état d'esprit vis-à-vis de l'homme que j'ai découvert son roman "Franz et Clara". Les critiques reprises sur la couverture de l'ouvrage semblant élogieuses, je me suis dit que ça pouvait être l'occasion de découvrir l'écrivain également.


--- L'histoire ---

"Franz et Clara", c'est l'histoire d'un garçon de 12 ans trop adulte dans sa tête, et d'une violoniste de 20 ans au coeur brisé, dont les chemins vont se croiser (pas tout à fait) par hasard sur un banc, non loin du lieu de travail de Clara. Et de là naît une conversation par tranches d'une heure quotidienne, heure qui va vite devenir, pour l'un comme pour l'autre, indispensable.

La conversation sera souvent surréaliste, baignée par moments d'une sagesse, d'une philosophie, qui n'est de l'âge d'aucun des protagonistes. Elle sera également tantôt amère, énervée, amusée, passionnée, et elle va leur faire, à l'un comme à l'autre, presque à leur insu parfois, beaucoup de bien.

Jusqu'à l'aveu de l'amour de Franz à Clara. Et celui du départ programmé de celle-ci, parce que sa vie redémarre, un peu plus comme elle la voulait.

La vie leur offrira, bien des années plus tard, (pas tout à fait) au hasard de leurs pas, l'occasion de se revoir, et de conclure à leur façon cette conversation jamais vraiment interrompue, qui les aura profondément transformé.


--- Réaction en première lecture ---

Ce livre m'a profondément touché. Par son humanité, la justesse des douleurs exprimées, des émotions ressenties, partagées. Mais je m'attendais à une lecture plus "légère", j'ai donc été surpris par un côté trop littéraire par moments, limite "pompeux". Je n'ai pas tout de suite réalisé que c'était justement ce style qui sauvait le livre de la banalité, et lui donnait une légèreté qui ne soit pas creuse, vide de sens. Car, somme toute, l'histoire n'a rien d'original, presque "cousue de fil blanc", et si les personnages "décalés" facilitent l'adhésion du lecteur, il fallait que
l'auteur se distancie aussi pour trouver le juste ton, pour que la simplicité et la beauté du récit imprègne vraiment le lecteur, sans simplement se diluer dans sa mémoire, pages aussi vite oubliées que lues. Il fallait cette "légèreté littéraire" totale. Pari réussi.

Tellement réussi que l'histoire et les personnages persistent après la dernière page. Et j'aurais aimé que ce ne soit pas la dernière, mais je reconnais que Philippe Labro a eu raison de conclure le livre comme il le fait, malgré les questions restées en suspens, malgré le goût doux-amer de cette fin, dont je ne dirai rien. Le manque que j'ai ressenti n'est pas signe d'inachevé, ici, mais justement de plein aboutissement.

Quand vous aurez lu ce livre, vous serez sans doute d'accord avec moi pour dire que si l'auteur avait voulu tout expliquer, pourquoi, comment, il aurait perdu de vue l'histoire qu'il voulait nous raconter dans ce roman, prenant ainsi le risque de tout gâcher. Je ne pense pas que le rôle de l'écrivain soit de se substituer complètement à l'imagination du lecteur, la baliser, l'encadrer lourdement, mais plutôt de lui laisser suffisamment de territoires à défricher elle-même.

En ce sens, ce livre est parfaitement écrit, qui laisse autant imaginer que découvrir sur les personnages. En conclusion, c'est donc une lecture que je ne peux que vous recommander vivement.


Et n'hésitez surtout pas à venir me dire ce que vous aurez vous même ressenti au fil des pages :-)

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 17:00
Je sais que la question peut surprendre, quand on sait tout le succès que cet auteur d'origine belge a, à chacun de ses nouveaux romans, le nombre de centaine de milliers d'exemplaires qui s'en écoulent en un rien de temps. Et non seulement ça, mais les multiples débats dans les émissions littéraires, les critiques (élogieuses ou non) dans la presse... Amélie est de cette sorte d'auteurs qui, quoi qu'ils fassent, ne laissent pas indifférents. Sa réputation la précède, et justement. On critique l'auteur, les sujets auxquels elle s'attaque... mais la lit-on encore vraiment ?

Cette question, je me la suis posée à la lecture de "Journal d'Hirondelle", en me remémorant certaines critiques (presse, télé), qui étaient évidemment soit élogieuses à l'excès, soit assassines dans les mêmes proportions. Là où ce livre ne mérite, à mon sens, aucun de ces deux extrèmes.


J'avoue n'avoir jamais été convaincu par l'auteur. Je n'ai lu d'elle que "La métaphysique des tubes" et "Cosmétique de l'ennemi ". J'en ai retenu un style fluide, une lecture agréable, mais dans l'ensemble peu profonde, des personnages peu fouillés, l'ensemble manquant de crédibilité (Cosmétique de l'ennemi). Et beaucoup de battage médiatique pour finalement peu de choses.

Il en va de même pour ce "Journal d'Hirondelle", qui nous conte l'histoire d'un homme, coursier à Paris, qui un jour va choisir, pour ne plus souffrir, de se couper de ses émotions, et ne va plus savoir revenir en arrière. Cherchant à en éprouver malgré tout, par des situations nouvelles, il va devenir tueur à gage, et se faire une belle réputation dans ce métier où il manifeste une louable conscience professionnelle. Jusqu'au jour où son nouveau contrat le conduit à assassiner un ministre et toute sa famille, enfants compris. Il remplit son contrat, mais la fille ainée, adolescente en souffrance, et le journal intime qu'elle tenait, vont le hanter, jusqu'à le faire basculer.


Les qualités d'écriture sont les mêmes que d'habitude chez Amélie Nothomb : fluidité, rien n'accroche, certains passages (ici les trois premières pages, parlant du réveil) scotchent le lecteur. Le style est au point, le livre se lit vite et n'encombre pas le lecteur de milliers de détails qui pourraient lui donner envie de déguster à petites doses. J'ai personnellement terminé la lecture en un peu plus d'une heure. Une lecture idéale pour un voyage en train, un après-midi sur la plage, un court moment à tuer (c'est le cas de le dire ! ).

Le revers de la médaille, c'est qu'il ne faut pas ici chercher de reliefs aux personnages, à peine esquissés (On ne saura rien du passé du personnage principal, de ce qui l'a poussé à devenir insensible du jour au lendemain, de ses goûts, son physique, ...), pas plus qu'une grande crédibilité au scénario, qui manque parfois de toute logique, problème que l'auteur parvient toujours à esquiver par des pirouettes stylistiques ou des images bien choisies. L'exemple parfait de ce procédé d'esquive est la fin du livre, où toutes les questions restent en suspens et où cela semble, en première lecture, presque logique, il n'y a pas vraiment de sentiment de manque. Le magicien a réussi son tour sans répondre à rien, sans se dévoiler. Tant pis pour les observateurs attentifs.


On pourrait dire que dans ce roman, l'histoire en elle-même compte peu, par rapport à la peinture de notre monde actuel, de la vie telle qu'elle est, intense génératrice de douleur, qui pousse des gens sans vrais repères profonds en marge de la société, et les conduit parfois à des actes horribles. L'auteur cherche alors à développer, d'une certaine façon, le thème de la rédemption, de démontrer qu'aucun état de l'âme n'est définitif. On pourrait ainsi justifier la démarche d'écriture de ce livre par de belles théories psycho-sociologiques... et certains ne s'en sont pas privés, je le sais (beaucoup lu et entendu sur ce livre dans les différents médias).

Moi je pense que c'est excuser à bon compte la paresse de l'auteur, qui tenait là une idée acceptable pour un roman, pas spécialement originale, mais pas trop rebâchée non plus. Il suffisait de trouver le bon traitement. Mais plutôt que de creuser, telle l'hirondelle, elle a choisit de survoler.

Il en reste un livre agréable à lire, dont l'histoire reste en tête après avoir tourné la dernière page, mais qui laissera aux lecteurs plus exigeants un sentiment de trop peu, inachevé ET baclé. Mais qui, par la persistance justement de l'histoire le livre une fois fermé, ne mérite pas de critiques extrèmes. C'est une qualité que beaucoup de grands romans n'ont pas. Mais cela suffira-t-il pour vous donner l'envie de le lire ?

Pour ma part, je me refuse à vous le recommander autrement qu'en livre de poche, et si vous n'avez vraiment pas mieux sous la main.

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 11:20
Où sont les Mozart, Bach, Picasso, Michel-Ange, de notre époque ? Ne trouve-t-on plus de génie parce qu'il n'y en aurait plus, ou parce qu'on ne sait plus les distinguer ? C'est la question que pose le livre de Sophie Gallois, Genius, dont je vais vous parler dans cet article.

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Résumé
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En fait, la question initiale, ce sont les deux frères Wallberger, milliardaires de leur état, qui se la posent. Au point de décider peu avant leur mort, de léguer par testament leur fortune à une fondation portant leur nom, dont le but serait, chaque année, de trouver et récompenser un génie, musicien ou peintre. La récompense, d'un montant de 5 millions de dollars, aurait pour but d'enlever à l'artiste tout problème matériel, pour lui permettre de créer plus librement.

4 ans plus tard (et autant de cérémonies et de verdicts du jury), si la fondation a bien proposé un certain nombre de candidats, aucun n'a été couronné. Et le neveu des défunts frères, bien décidé à récupérer l'héritage, voit enfin une solution à l'horizon : si au bout de la 5ème année, la fondation n'a toujours pas de génie récompensé, le testament sera cassé et l'argent ira donc au neveu.

Le temps presse, donc, et tout ce qu'il est possible d'entreprendre le sera pour, cette fois, trouver un candidat apte à convaincre le jury...

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La recherche du génie
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S'appuyant sur des données biographiques de génies reconnus, mais également sur des recherches en neurologie, psychologie, et avec l'aide de musicologues et experts artistiques pointus, les méthodes de la fondation pour traquer le génie parmi les milliers de dossiers à examiner sont multiples, et il faut le dire, assez convaincantes. C'est en outre suffisamment bien expliqué dans le livre, mais de façon "soft", pour apporter juste la touche nécessaire de sérieux, et rendre l'objet du livre vraiment crédible.

Cependant, la sélection des candidats a beau se baser sur des critères objectifs, il y a toujours des moments où une seule personne (ou un très petit nombre) décide si oui ou non on va plus loin dans l'étude d'un dossier... et à la lecture du livre, on se rend compte qu'à ce niveau-là, la belle objectivité scientifique s'effondre complètement.

Bref, rien n'est simple

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Est-ce un livre scientifique ?
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A ce moment de la lecture de mon article, la question pourrait se poser... en fait non, ce n'est pas un livre scientifique. C'est fondamentalement l'histoire d'une quête, avec des héros, des méchants, des traitres, les habituelles jalousies, complots... Il y a également une histoire d'amour qui se développe (ça aide toujours à lier la sauce romanesque).

S'il fallait ne retenir qu'un genre, alors disons qu'il s'agit d'un roman d'aventure. En effet, de l'Angleterre aux états-unis en passant par Rio, Tanger, il y a dans ce livre beaucoup de mouvement. Les personnages, très bien campés, sont tous extrèmement crédibles, et rendent la lecture réellement vivante. C'en est au point que quand on referme le livre, on aimerait vraiment qu'il y ait une suite, pour qu'on sache ce que deviennent certains des personnages, après. De Baxter Welles, président de la fondation, à David Cavendish, Louise Marandel (chercheurs), Johann Wallden (musicien et compositeur "génial"), ... impossible d'oublier le moindre d'entre eux, tant ils mettent d'eux même, de leurs passions, de leurs excès, tant il est apparent qu'ils sont vraiment DANS l'histoire, à fond...

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Le "plus" de ce roman
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Jusque là je vous ai décris un roman "classique", bien écrit sans doute, mais sans vraiment rien qui le place au dessus ou en dessous de dizaines d'autres avec des thèmes proches. Pourtant, ce roman a un "plus" qui le rend, pour moi, inoubliable, et en même temps qui m'oblige à le relire périodiquement pour me replonger dans l'ambiance... c'est la passion. Normal, pour un livre où il est question de trouver un ou plusieurs génies, de parler de la passion. Mais ici, l'auteur ne fait pas qu'en parler. Elle parvient à faire ressentir aussi bien les émotions musicales que visuelles (devant les toiles) avec une puissance qui capture littéralement le lecteur. Et le rendu des émotions est tel que même ceux qui n'ont jamais rien ressenti de tel en écoutant une musique ou en regardant un tableau pourront transposer avec une autre passion, tant cet emportement total des sens est commun à toutes les passions.

C'est vraiment le point fort du livre.

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Conclusion
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Ma conclusion et celle du livre ne font qu'une : la quête du génie, sans le recul d'une oeuvre conséquence, a-t-elle un sens ? Dans l'instant, on ne peut juger que la personne, les apparences du génie, sans certitudes, sans mise en perspective.

De plus, les conditions de la recherche telles que décrites dans ce livre (obligation de trouver cette année pour assurer la survie de la fondation) conduisent à la précipitation et au refus de prendre des risques, au profit des candidats ayant le profil le moins "attaquable". Et pourtant, combien de génies dans l'histoire étaient humainement "attaquables" ? Beaucoup. La limite entre le génie et la folie étant ténue, beaucoup de ces êtres vivent à l'extrème, et choqueraient la plupart d'entre nous par leur façon d'être...

La fin du livre pose aussi, en filigrane, la question de savoir si récompenser ainsi un génie ne contribue pas à le corrompre, le diminuer... et si le vrai génie se laissera approcher pour qu'on évalue son oeuvre, s'il ne choisira pas la fuite pour préserver son oeuvre de la curiosité des médias, ne laissant que des artistes doués mais "corruptibles" à se mettre sous la dent.


Je ne sais pas si vous aimerez ce livre autant que moi, qui vient de le relire pour la 7ème fois. Je vous le souhaite en tout cas. Je n'ai jamais regretté une seule seconde cet achat "au hasard", le titre et la couverture m'ayant intrigué, le court résumé au dos m'ayant séduit. Comme quoi pour les livres également, la recherche des meilleurs tient souvent du hasard plus que de la science :)

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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 13:35

Aimer, "ça fait mal et ça fait rien" (dixit Zazie). En tout cas, "rien de grave". Aimer, c'est vivre, et la vie passe, mute, ne se fige que quand on la refuse telle qu'elle est.

Nous avons tous de tels refus, ou pire, de fausses acceptations, des moments où l'on pense devoir changer, mais où l'on ne change pas ce qu'il faudrait, quand on confond désirs et aspirations profondes, quand surtout on cherche à retenir quelque chose que l'on sait déjà parti, écrit, inéluctable ... sinon, pourquoi en aurait-on si peur ? Cette sale peur, qui est le refus lui-même, les habitudes ...et qui ne sert à rien. Parce qu'au bout ... rien de grave.

Il y a tout ça dans le livre que nous propose Justine Levy, son deuxième "roman", au style très enlevé, très "émotionnel". Pas forcément de la très grande littérature, mais des mots simples qui font mouche, en nous emmenant au coeur d'un vécu. Un livre entre tendresse et "cruauté", entre rire et larmes, douceur, douleur, espoir ... beaucoup de lucidité par rapport à elle-même, d'autodérision ... son amour pour ses parents est aussi évoqué de façon touchante ...

Justine a aimé, a souffert, a refusé de mille façons. La vie, juste la vie, ni toute rose ni horrible, voilà ce qu'elle a écrit dans ces lignes. Un style, l'autobiographie romancée, dans lequel il est facile de tomber dans l'autocomplaisance, la victimisation, ou une sorte de "grand déballage" pseudo-sincère et narcissique. Rien de tout cela ici. La narratrice est ce qu'elle est, ni une héroïne ni un monstre, n'importe qui, un peu (et même beaucoup) nous par endroits, et ça transpire, la sincérité est indéniable, il est évident que le but n'est pas dans un quelconque "regardez comme j'ai souffert !!!" ou autre "regardez comme je suis forte je m'en suis sortie !!!"
Non.

A travers ce livre, Justine envoit simplement un message à celles et ceux qui se reconnaitraient dans ses mots, pour leur dire "peu importe jusqu'où l'on descend ... on peut remonter. Vous y arriverez si vous le voulez. C'est rien de grave".

Et pourtant ... la petite fille qui n'a pas grandi, l'amour pas encore adulte, mariage, bonheur, mais fissures, peur de ne pas être à la hauteur. Alors la dépression, les amphétamines prises pour "être mieux", être "celle qu'il lui faut" (à son mari) ... jusqu'à ce que ce ne soit plus viable. Alors la cure de désintoxication, mais le divorce finalement (parti pour une autre, du jour au lendemain ...), ... voilà le genre de spirale dont on ne sort pas indemne, et il faut y voir la raison de l'absence quasi totale "de goût comme de dégoût" de la narratrice, la raison de son détachement, sa quasi-indifférence. Qui prouve qu'en fait elle n'en est pas encore sortie. Presque, seulement. Avec encore ce besoin de se blinder inconsciemment, (par peur que ça recommence), parce qu'on n'a pas encore réappris que le beau peut vraiment être beau mais sûrement pas à distance, et qu'on fait le fort.


Alors, incomplet, ou raté, ce livre ? Vraiment pas.

Il est avant tout un témoignage "sur le vif", pendant la phase de reconstrution. Message d'espoir, même détaché. Justine se trompe sans se tromper, à chaque pas, comme chacun de nous, mais ne prétend à aucun moment avoir raison pour quelqu'un d'autre qu'elle même. Même à la fin, où elle semble être aveugle à ses propres pas, à ses propres contradictions, quand elle veut mais ne veut pas ... cette fin est magnifique, quand ses démarches (je ne dévoilerai rien) démentent son détachement, en scellent la mort prochaine ... il y a bien plus qu'elle ne l'écrit sur la dernière page, dans cette fin, qu'elle a sans doute voulue plus comme un avertissement lancé au destin, s'il lui prenait l'envie d'écrouler ses fragiles chateaux de bonheur ... "je suis prête, c'est rien de grave". Bien plus, mais qui restera dans le non-dit, le "encore à vivre", façon "le plus beau reste à venir".

Le livre reste marqué par les trois mots qui lui servent de titre, et qu'on ne retrouve cependant qu'une fois dans l'ouvrage, à la fin. La façon de les amener fait qu'ils recouvrent toutes nos émotions de lecture, et presque nous les volent, nous poussent à réfléchir. Il y a de la douceur dans ces mots, de la douleur aussi, de l'acceptation, ce sont les mots d'une femme devenue vraiment adulte.
Je parlais de vol, en ce sens que voilà un livre qui me semble impossible à relire en retrouvant le plaisir, les émotions, de la première lecture. C'est le cas de beaucoup de lire, mais dans le cas de celui-ci, il se lit trop vite, beaucoup trop. Deux heures m'ont suffi pour en venir à bout. Et déjà le goût me manque.

Alors savourez, parcourez chaque ligne lentement, patiemment. Laissez vous imprégnez par ce livre. Il en vaut la peine.

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