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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 10:48
Par là c'est hier
qui toque à la porte, le vent
se soulève, les couleurs d'avant
pâles, déteignent pourtant

par là c'est l'hiver
qui me reprend je le sens
rien ne bouge tout se perd
sauf la mémoire sauf l'enfer
par là tout se paye comptant

Par ici j'ai peur
depuis tout est si différent
depuis il y a tant de lumière
ô, on croirait l'univers
ou, déjà, nos enfants
on croirait... J'ai peur, pourtant

par là c'est hier
par ici ce n'est pas loin, le sang
tourne pareillement à l'envers
au premier grincement
ici ce n'est pas assez loin, assurément
et par là ça s'étend

Passé, présent, tout est flou
revivre chaque souffrance me souvenir de nous
puis tourner la tête vers l'arrière
inverser médaille revers
enfance prières
faussaires sourires francs

Par ici tout se mélange, je me perd
mais tu me trouveras demain souriant
sous la lumière la nuit s'altère

notre jour durera éternellement

et j'oublierai, tu m'en donneras le temps
j'espère...
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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 20:15
Je réédite ce texte, à l'occasion de la cérémonie 2008 des Molières, qui m'y a fait repenser.

Merci à Duquinou pour les mots qui rythment ce texte. Une liste "piège", pas par des mots rares, mais justement parce qu'ils sont tous très connus, presque "banals". Difficile donc de ne pas tomber dans les clichés... Mais comme j'aime les défis... je prend le risque ! A vous de me dire ce que vous en pensez...


amour, patience, rage, enfer, haine,
amitié,téléphone, passion, émotion, loup


"Sur la partition de l'émotion, j'ai joué l'amour sur tous les tons, de la patience à la rage, de l'amitié à la passion. Et même jusqu'à la haine, l'enfer, devant vous j'ai tout exploré, et vous m'avez applaudi, de vous être sans doute reconnus, quelque part. Depuis tant de temps que vous m'accompagnez, de spectacles en spectacles, j'ai appris ce qui vous fait frissonner, et je ne manque pas, avec le soucis du détail, de vous offrir chaque fois un peu plus de ce que vous aimez, d'être ce reflet de vos coeurs, hurlant comme un loup quand vous ne l'osez pas, mais que vous le voudriez tant.

Aujourd'hui c'est le jour de mon couronnement. On me décerne le Molière, vous êtes à mes pieds, et si je n'en fais pas plus de cas, ce n'est pas comme trop souvent par orgueil, mais parce que derrière ce masque que j'ai porté avec bonheur pendant toutes ces années, pour vous autant que pour moi, le rideau se déchire, les souffleurs se taisent. Je suis seul face à ce téléphone qui sonne, sonne. Et elle ne répond pas.

Vous me dites que vous avez appris par moi comme aimer peut-être beau, même jusqu'à la torture, échos déchirants... Moi en un regard j'ai compris que je ne savais rien. Depuis, l'horloge se joue de moi, je tourne en rond en attendant ses appels qui ne viennent pas. Je prie pour n'être pas le seul à ressentir. Je souffre comme jamais pour personne. J'aime, et pour la première fois, je me suis tu.

Jusqu'à ce soir.

Cet amour, impossible d'en nourrir mes rôles, bien rodés maintenant. Sur cette scène je suis ce qu'on attend de moi, je n'ai plus le droit de changer il paraît. Le spectacle doit continuer, et tant pis si je ne suis qu'une pâle copie à peine conforme à vos attentes, une imitation de l'amour, le vrai, celui que je ressens. Qu'importe que tout ça ne m'amuse plus. Vous applaudissez, vous n'avez rien vu, rien senti. Les grandes douleurs sont muettes, il n'y a pas à espérer que vous m'entendiez si je ne dis rien de ce qui m'étreint.

Alors ce soir, voilà, je dis tout.

Vous me trouverez peut-être cynique, cruel... égoïste dites-vous ? L'amour ne l'est-il pas, n'est-ce pas ce qu'on en dit dans les livres, et dans toutes ces belles pièces que vous m'avez permis de jouer pour vous ? Je n'avais jamais compris. L'amour se jouait à travers moi, quand moi je me jouais de vous. Faux et usage de faux. Condamnez-moi.

Ce soir je ne joue plus. Ou alors mon âme toute entière, en espérant, si elle m'entend, que ce ne soit pas perdu d'avance.

En attendant, ce Molière... je ne vais pas vous remercier, etc etc... Je vais simplement te le dédier, Edith, toi avec qui, peut-être, je vais pouvoir jouer le rôle de ma vie : le mien, tout simplement. Toi, le premier rôle de toutes mes joies, mes douleurs, mon attente folle... Ce Molière est le tien, parce que toi tu es, sans artifices, et que c'est cela qui mérite d'être salué.
Pas ma triste pantomine, pas mes grotesques simulacres...
Et parce qu'aussi c'est toi qui me fait tel que je suis, ici, ce soir, et que c'est cet homme-là qu'ils choissisent d'honorer, alors tout l'honneur t'en revient.

Maintenant je vais retourner au silence d'après la scène, quand peu à peu vos voix décroissent, quand il ne reste plus que la vibration des néons, la valse des nettoyeurs. Je le connais bien, ce silence, ce n'est pas lui que je crains. Il sera juste plus long cette fois, où j'aurai refusé de tenir la place que vous m'aviez réservé. On ne me pardonnera pas, et ce silence sera ma maison désormais.

Mais si tu es avec moi, Edith... alors ce sera, enfin, le vrai bonheur.

Car il est un sentiment avec lesquels les critiques, les huées... ne pourront jamais rivaliser.


Au revoir, public... "

19/01/2007
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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 16:43
Ne crois pas que je t'aime
parce que je le dis cent fois
mes mots hurlent aussi, et tu peines
à recoller les éclats, tu saignes
ne crois pas
à mes mains sur ta peau, qui se promènent
mais déchirent aussi, tu sais cela
ne t'attarde pas
au plaisir partagé à l'abandon etc...
les moments ne font une vie, pas à pas,
qu'assemblés, sinon les secondes sont vaines

alors ne les écoute pas
s'accorder à ton coeur qui t'enchaîne
à cet amour plus grand que toi et moi
qui grandit encore dans nos veines
les sentiments, ça n'explique pas
à quoi ils tiennent
ça n'explique rien, ça entraîne
puis ça lâche, ça se joue de toi

du verre de ton coeur en miettes, sirènes
sale jeu, même s'il te rend heureuse méfie-toi

Ne crois pas même
à mes yeux qui trahissent... ne regarde pas
ces larmes ne prouvent que le vent qui les draine
mon regard est colère aussi, souviens-toi
quand je t'enlace les mêmes ombres sont là
quand tu m'embrasses le temps ne freine
nous ne trichons pas, la vie si, mais voilà

m'aimeras-tu autant lorsqu'elle sera sérieuse ?
m'aimeras-tu toujours ? Peur de ne pas
être en tout celui que tu crois

peur du jour où tu n'y croiras plus
alors arrête-là
ou continue, je ne sais plus

viens dans mes bras, serre-moi

dans ton souffle j'en saurai plus...
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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 17:35
Ce texte a été écrit en réponse à l'exercice 37 de la communauté Ecriture Ludique. Il s'agissait d'écrire en s'inspirant de l'image ci-dessous, sans autre contrainte que son imagination


"Ombre et rocher" - Alexandre Koening
Bonjour Monsieur ! Dis, tu m’entends, toi ?

Tu es devant le mur et tu regardes mon ombre, tu as l’air sérieux, triste aussi, comme maman le jour où papa n’est pas revenu, et qu’elle s’est cachée pour pleurer. Après c’est elle qui n’est pas revenue, et je suis restée ici avec tante Alice.

Il n’y avait déjà plus école depuis longtemps, c’était la guerre, même si je ne sais pas trop ce que c’est. Des jeux de grands, m’a dit Tante Alice. Moi je jouais devant le mur de la cour, et puis les grands jouaient à la guerre. J’aimais bien l’idée d’un monde où tout le monde jouait, mais tante Alice n’avait pas l’air de mon avis. Tu comprends, toi ?

Toute la journée, je promenais mon ombre de haut en bas du petit chemin, et plus le soleil était haut, plus elle se projetait loin. Je rêvais qu’un jour elle aille si loin qu’elle se détache de moi, et que je n’ai plus d’ombre du tout. Tous les soirs, elle se cachait dans le noir, mais ce n’était pas pareil, je savais qu’elle était là.


Tu ne dis rien, Monsieur, mais j’ai l’impression que tu m’écoutes, toi, même si tu ne le montres pas. Les autres passent devant le mur tous les jours, ils sont beaucoup, mais je ne crois pas qu’ils font attention à ce que je leur dis. Toi tu as l’air différent, je t’aime bien avec tes grands yeux au bord des larmes. Mais il ne faut pas pleurer, tu sais, je suis content moi ! Mais je m’ennuie un peu, j’aimerais bien que tu me ramènes à la maison maintenant. Tends-moi la main, et amène-moi jusqu’à la porte, juste là-bas. Sans toi je n’y arriverai pas.

C’était un jour de plein soleil, comme aujourd’hui. Soudain, il y a eu un grand bruit, et plus du tout de lumière. Il a fait chaud, si chaud… puis froid, si froid… et puis j’ai continué à bouger, mais mon ombre est restée là, figée sur le mur, et plus je tentais de m’éloigner, plus j’avançais lentement. Alors, je suis revenu, et ça allait mieux. Mais je ne peux pas faire plus de 10 pas dans chaque direction. Je n’ai pas quitté le chemin depuis, ça fait longtemps.


Non, ne t’en va pas, Monsieur, attends !!! Tu m’entends ! Prends ma main et emmène-moi ! Je voudrais voir autre chose que ces visages qui défilent tous les jours, tu comprends ?

Pitié, ne t’en va pas…

10/04/2008

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 00:00
Oser tourner ses pas vers où il n'y a pas encore de chemin un vide un rien un espoir ou même deux une idée même vague, oser ce reflux vers soi amorcer le mouvement et parier pile ou face qui vivra verra qu'il sera quand même là le chemin qu'il fera la course avec notre insouciance pour se dérouler sous nos pas, ça ou le vide mais tous nous devons un jour accepter le point alors autant qu'au moins la phrase commence comme nous l'aurons voulue.

Puis la vie se ponctue comme elle l'entend, s'en préoccuper c'est mourir déjà, renom, gâchis. Oser sauter gaiement d'un mot à l'autre, tenter les refrains-armatures sans renier l'invention des couplets, chanter parce que c'est la seule façon de respirer qui vaille chanter de toutes ses fibres l'envie dévorante d'encore un peu de temps encore le chant.

Oser la présence en soi plutôt que l'absence-paraître au milieu des autres, la substance rêve et non la diluante réalité.
Etre soi, pas un canevas répêté sans fin d'un non-humain à l'autre clonage légalisé uniforme société apparences si diverses mais même moule de la pensée. Briser le moule.

Exister.
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