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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 00:00
Je pourrais être astronaute, et toi chercheuse d'or
mathématicien de génie, toi diplomate
tu serais Mata Hari et moi 00, les yeux exorbités
je serais acteur et je devrais te séduire, belle indifférente
tu me ferais courir ça ne nous changerait pas, avoue
je serais Don Juan, toi mante religieuse
toi le moineau qui terrasserait un condor... que je ne suis pas

nous pourrions être tant de personnes différentes, nous pourrions tant de choses
et nous le serons sans doute je n'en doute pas, mais rien de tout ça, non
juste moi qui pourrais être dans tes bras
et toi qui me serrerais, ça serait possible, c'est vrai

si tu le voulais...
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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 00:00
Il faut que tout soit exact...


Il ne faut pas se tromper de plume, pas plus que de moment. Ne pas trop soigneusement choisir ses mots, juste les laisser s'ébrouer, mais être très attentif, quand ils se mettent en route, à ce que cela réponde au moins en partie à l'idée que l'on s'en faisait... pour autant que l'on s'en soit fait une au préalable, bien sûr, mais ce n'est même pas nécessaire : si avec le temps les mots sont devenus des amis bien présents plutôt que de passages, et la page blanche une compagne de jeu plutôt qu'un désert... alors tout ira bien.

Suivre le flot tel qu'il veut venir une fois lancé ou non dans une direction, donc... mais après, quelle en sera la fin ? Faut-il tout permettre aux phrases qui se font paragraphes, au texte qui se construit un peu - ou beaucoup, ou pire - n'importe comment, comment fixer les limites à ne pas franchir, sous peine de devoir retailler impitoyablement, tel un bonsaï, l'arbre à lettres qui voulait s'évader du pot ?

Il faut la main verte, mais il faut aussi plus que ça. De l'instinct et du travail, de la patience et en même temps de l'urgence distillée... il faut concilier les extrèmes à chaque mot qui s'écoule, indifférent à notre conflit interne. Et priez pour que, tous, ils demeurent ainsi indifférents, sous peine que le flot se tarisse...

Et à l'heure de tracer le mot fin, il faut encore ne pas se tromper de façon de l'écrire, pour s'en convaincre soi-même, pour éviter les rechutes, ou les repousses...

Tant de choses à savoir pour savoir écrire...
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 07:28

La pluie coule sur nos joues

substitut

à la douleur qui s'est tue

transition

parce qu'il faut raison

garder

 

La pluie coule à nos pieds

que les pas restent retenus

il sera encore temps pour les courses éperdues

demain

 

En attendant pourtant, nos mains

nouées

sous cette pluie qui nous aura plus rapprochés

qu'elle ne le cherchait. Nos regards

soudés, instant à part

 

Le soleil est.

 

Malgré cette pluie qui nous viole

douce chaleur qu'elle n'étiole

le soleil est, nous sommes


deux fois le même Homme

qui avance.

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 14:05

Pourquoi faudrait-il, dis-moi
Choisir d'être pour ou contre toi ?

Mais puisqu'il faudra bien te répondre
Je suis assez pour être contre

Tout contre ...

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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 10:50
A l'occasion du Sidaction, un texte écrit il y a déjà pas mal de temps, et qui peut-être parlera mieux que je ne le pourrais de cette foutue maladie, mais aussi de l'amour, qu'elle n'empêche pas, quand il est vrai...



Un éclat de vie dans ton regard fiévreux. Ta main dans la mienne. Mon cœur qui bat plus vite.
Comme la première fois que je t’ai vue, il y a 10 ans.
Rien n’a changé.

« Je t’aime, Valérie … ne dis rien, repose-toi »

Un baiser achève de te convaincre, tu me souris et fermes les yeux. Tu t’endors, heureuse.

J’attends un peu, je te regarde. Je ne pourrais pas imaginer ma vie sans toi. D’ailleurs le médecin est venu me dire que ce n’est pas encore le moment. Tu réagis bien au traitement. Sans doute sortiras-tu dans une semaine. Il parait que tu en aurais encore pour un an ou deux, au moins. Largement le temps de ne pas y penser.

Je remonte les couvertures sur toi, machinalement, puis je repars traîner un peu dans la salle d’attente. J’attends ton réveil. Tu voudras sans doute que je continue à te lire ce livre que tu aimes tant. « La demi-pensionnaire », de Didier Van Cauwelaert. Tu sens que c’est un peu toi, cette femme seulement à moitié vivante, mais profitant pleinement, pas comme tous ces gens qui ne savent pas leur chance …

Je me rappelle encore comment tu m’avais annoncé la nouvelle, peu après notre rencontre. Brutalement, pour me faire fuir. Parce que tu en avais marre d’espérer pour rien. Parce que tu ne croyais plus avoir le droit d’espérer. Tu préférais que je parte plutôt que ma pitié ou ma peur. Ou mon jugement.
Un baiser t’avait répondu, et un long regard souriant. Comme aujourd’hui, quand tu as voulu me dire que tu n’avais plus la force de te battre.

Je te connais si bien.

Il y a eu le regard des autres, ceux qui savaient et nous jugeaient. Les mots de mes amis, ma famille, pour me mettre en garde. Les moments d’abattement. Mais je n’ai jamais douté.

Il y a eu ta honte après les mois, parce que tu aurais bien voulu me dire de ne pas le mettre, ce préservatif. Parce que tu te sentais intensément malade, toi toujours si pleine de vie, chaque fois que je le mettais. Alors j’inventais des jeux pour que tu en ries, parfois aussi je le mettais sans que tu remarques le geste. Puis c’est devenu naturel.

Je me rappelle qu’on ne te donnait pas 6 mois à vivre. On ne nous donnait aucune chance, non plus. Et me voilà aujourd’hui, 10 ans après, à attendre que tu te réveilles.

Et plus je pense à nous, plus je sens que nous sommes heureux, pleinement, malgré ta maladie qui n’a jamais été un obstacle. Malgré cet hôpital quand je préfèrerais t’emmener voir la mer …


Ton murmure me tire de ma rêverie.
Si tu n’étais pas ma femme, si c’était le premier regard, je tomberais amoureux, là, mes yeux dans les tiens.

« Je t’aime »
Moi aussi, chérie …

29/04/2002
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