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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 12:12
Il n'est plus l'heure
de dire ou taire
ou prier, hier
est passé il n'est plus l'heure
d'une suite telle que rêvée
les secondes déchirées
gisent à nos pieds, en pleurs

Même tendre la main les achèveraient
alors nous ne bougeons pas, et tout disparaît
en un souffle ou moins, et le coeur
se révolte mais la douleur, même intense
est sereine. Je pense :

Il n'est pas de douleur
qui puisse faire préférer l'autre côté
à ce monde où tu es
même si loin, ô tant d'erreurs

Il n'est pas de douleur
qui gomme la profonde paix
de te savoir là, quelque part, et d'écouter
le silence sans plus en avoir peur

parce que tu existes il y a encore à espérer
de ce monde qui t'a fait, il y a encore à chercher
des pas à ta hauteur

et ainsi jusqu'au bout te remercier d'exister
petite soeur...

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 23:39
sur une liste de mots qui devait être la #032, mais vu ce que j'en ai fait, j'ai hésité à la faire figurer... mes excuses à la personne qui me l'a proposée...

#032 - Motdit

choucroute, vacances, vent, délire, misère, bourrique, pantoufles, sexuel, matin, désarroi




un vent de délire soufflait sur leurs vacances, ça les changeait des soirées en pantoufles, regards rivés tels des bourriques sur la misère intellectuelle des émissions télé, des plats faciles à préparer, des choucroutes avec les copains le vendredi.

Loin d'eux le désarroi de la mollesse, il retrouvait sa fierté et elle, le plaisir sexuel. Les matins calins achevaient de
ressouder le couple...
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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 23:39
Souvent des visiteurs me demandent "Qu'est-ce qu'un Faux rêveur ? ". Je leur répond invariablement qu'il s'agit d'un homme qui sait rêver, mais qui sait aussi faire attention où il pose les pieds, et qui n'ignore pas à quoi ressemble le monde autour de lui.

Je ne rêve pas pour de faux, mais dans l'esprit de beaucoup, un "rêveur", c'est quelqu'un complètement déconnecté de la réalité... j'ai voulu m'inscrire en "faux", (justement !) par rapport à cette vision.

Et donc en créant ce blog - dont je vous invite à découvrir les multiples rubriques, nouvelles, poésies, citations... via la table des matières, en haut de cette page - ce nom de "Faux rêveur" s'est imposé à moi... sans que cela n'ait rien à voir avec un jeu de mots en anglais (forever... pour dire quoi ?) ni avec un album de Marc Lavoine.

J'espère que vous aimerez " pour de vrai " ce blog, et que vous y reviendrez... N'hésitez pas, il est là pour ça !


Amicalement, et au plaisir de vous lire en commentaires, dans le livre d'or, ou par mail :-)

Michel Bosseaux


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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 16:15
Je me suis mis d'accord avec moi-même, ce qui est bien la plus grande victoire que nous puissions remporter sur l'impossible.

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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 22:52
#030 SAM (par mail privé)
ballerine, clairsemé, combler, labadens, promontoire, rougir, tournevis, trafiquer, saturer, synthétique

Ce texte fait partie du recueil "Braises" (projet "logorallyes").
L'ensemble des listes reçues dans le cadre du projet, et ce que j'en ai fait jusqu'ici, est consultable ici .



A l'époque où il était mon labadens(*), comme on disait encore dans le temps au pensionnat du Sacré-Coeur, il était d'une timidité maladive, rougissant pour un rien, les émotions perpétuellement à fleur de peau. Il n'avait pas l'habitude des contacts humains, et rien qu'à se parler, le soir, dans notre chambre, je sentais comme un vide se combler peu à peu de son côté. Je ne pouvais néanmoins pas m'empêcher d'avoir peur pour lui, pour après. Notre scolarité n'allait pas durer toute la vie, et nos parents avaient de grands projets pour nous. Il ne survivrait jamais dans le monde extérieur, sans moi, à devoir tout recommencer. Il saturerait très vite émotionnellement, et s'effondrerait de l'intérieur, je n'en doutais pas.

Je pris l'habitude de me faire beaucoup de soucis pour lui, tandis qu'il se servait de ma présence comme de la béquille sans laquelle il ne pourrait tenir debout. J'étais très sûr de moi, la confiance en soi que je lui donnais ne me manquait pas à l'époque. Il était là, donc je ne sentais pas le problème en train de naître.

A la fin de nos années de pensionnat, nous avons comme prévu de longue date entamé des études universitaires séparées, et nous sommes en grande partie perdu de vue. Mais nous avions nos adresses, et tentions de rester en contact par lettres. Mais si j'arrivais sans problèmes à lui écrire tous les jours, il lui fallut dès le début plusieurs jours, puis à la fin plusieurs semaines, pour me répondre. Je mettais ces longs silences sur le compte de son mal-être, qui devait être revenu, et je craignais le pire.

Un jour, je décidai que cela suffisait : il fallut que je me rende là où il logeait, à 800 kms de là.
Les détails du voyage se perdent dans ma mémoire, à vrai dire je ne pensais qu'à ce que je risquais de trouver en arrivant, un homme au bord d'un promontoire rocheux, prêt à sauter dans le vide...
une épave impossible à remonter à la surface.

Quand j'arrivai finalement, il ne répondit pas, ce qui renforça mes craintes. J'entendais une musique, faiblement... je décidai de trafiquer la serrure avec un petit tournevis de poche, et divers autres instruments... sa serrure était complexe, mais à l'époque déjà je présentais des dons pour l'effraction. J'entrai.

Je surpris mon ami dans les bras d'une ballerine (j'eus le temps d'apercevoir les chaussons de danse, et la tenue, à terre), tous les deux entièrement nus. Je crois que de nous trois, c'est moi qui ce jour-là suis mort de honte.

Je suis parti le plus vite possible. C'était, dans ma tête, la dernière fois que je le voyais. J'avais été trop loin, il ne me pardonnerait jamais. Puis, il allait bien. Je n'avais plus de soucis à me faire.

Je me sentais à la fois libéré, et complètement vide...



De nombreuses années plus tard, j'avais été arrêté pour la 3ème fois, mais cette fois c'était sérieux. Un braquage qui avait mal tourné, un complice inexpérimenté qui avait tiré. La règle d'or était : ne jamais tirer. Il le savait pourtant. Mais les petits jeunes, ça ne sait pas contrôler ses nerfs. Ce qui était fait n'étant plus à faire ni à défaire, j'avais réfléchi que c'était quand même injuste qu'il paye toute sa vie pour cette connerie, après tout ce n'était pas sa faute s'il était aussi con... juste la mienne de ne pas l'avoir mieux surveillé. C'était moi, le chef de bande.
J'avouai tout et pris 30 ans

La première année il vint me voir, avec une femme. Je mis de longues secondes à les reconnaître, lui et sa ballerine finalement épousée.
Depuis ce fameux soir, il n'avait cessé de me chercher, inquiet pour moi.
Il m'avait retrouvé finalement par les journaux, au moment du procès.
Le grand ingénieur, inventeur d'un sang synthétique compatible avec tous les groupes et facile à produire, riche à millions, se souciant du pauvre petit truand incapable de choisir correctement ses "associés" : le côté "mélo" de l'histoire me fit bien rire. Mais il ne s'en choqua pas.


Cela fait maintenant 25 ans que je suis ici. Il vient me voir au moins une fois par semaine, parfois avec sa femme, parfois pas.
Il a les cheveux gris et clairsemés, maintenant. Cela lui va bien.
Il ne s'inquiète plus pour moi depuis quelques mois déjà, depuis que je sais que je vais sortir, bientôt, pour une remise de peine.

Je ne m'inquiète plus non plus pour lui, tant qu'il ne cherche pas à trop m'aider quand je serai dehors.

Nous avons à vivre nos vies indépendamment. Sans cesser de nous voir, mais en se laissant de l'espace. L'amitié exclusive de notre adolescence avait fait trop de dégâts.
Je n'avais pas pu le laisser voler de ses propres ailes sans paniquer. Il avait failli ne pas se pardonner ma chute. J'ai passé 25 ans au travers de barreaux à lui redire que ce n'était pas sa faute, et qu'il avait beaucoup de chance, avec une si belle épouse, si aimante, et ses deux, puis trois, quatre, finalement 5 enfants. En un sens, je me suis inquiété pour lui tous les jours pendant ma détention, comme il s'inquiétait pour moi, et ainsi nous ne vîmes pas trop le temps passer. Nous avions un but.

Mais il était l'heure maintenant de nous en fixer d'autres, plus sains.

On ne construit rien totalement sur de l'inquiétude. Il a à apprendre la vraie douceur de vivre. Et moi que l'indépendance n'est pas la solitude, qu'il ne tient qu'à moi d'ouvrir la porte aux autres, sans pour autant avoir ce besoin maladif qui m'a poussé vers tant de plans foireux, avant...

A 50 ans, nos vies vont enfin commencer.



(*) Labadens : mot utilisé au XIXe siècle pour désigner un camarade de collège ou de pension. Du nom du maître de pension Labadens dans la courte pièce d'Eugène Labiche L'Affaire de la rue de Lourcine (1857). (source : Le Garde-mots)
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