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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 21:28
Ce texte nécessite la lecture préalable des textes précédents du "Cycle des Ombres". Vous pourrez en trouver la liste dans la présentation du recueil "Braises", dans la colonne de droite (il faut descendre un peu dans la fenêtre du navigateur...)

#028 Sottovoce (thème "Ecriture ludique")
à écrire pour le 11/09/2007
vite, magique, rapide, dernier, contacter, prononcer, conseiller, sinistre, astuce, service


N'hésitez pas à consulter l'ensemble des listes que j'ai reçues jusqu'ici dans le cadre du projet "logorallye - Recueil "braises, pour voir en détail ce que j'en ai fait. Vous pouvez également m'y laisser vos propres listes en commentaires.



chutes.jpg

image : Framboise / Merci à elle pour son aimable autorisation
barrage de la Dronne à Coutras en Gironde

Carlyn avait du mal à diriger son embarcation dans les derniers mètres des rapides. Il savait pourtant qu'il avait fait le plus dur. Les tourbillons avaient beau être à chaque fois aussi impressionnants, faisant craindre à tout moment un chavirement fatal, sa mémoire lui ramenait l'image apaisante de ses autres évasions. Il allait y arriver.

Devant lui, au détour d'un coude particulièrement traitres, il vit apparaître les chutes, majestueuses. Plus que 30 mètres, et il plongerait vers la liberté. 20. 10.

Stop.

L'impensable venait de se produire, et le sang de l'Archi-Prêtre Carlyn se glaça, là, suspendu au dessus du vide, car il ne savait que trop ce que cela pouvait signifier. Il Le sentait.

Il se retourna vers les rapides, scruta les berges...

Tolham était là.


Ce n'était pas le plus puissant de tous les Passeurs. Ni même le plus intelligent, bien que ne manquant pas d'astuce. Mais c'était de très loin le plus dangereux, par cette obsession qu'il avait à vouloir tout contrôler sur SON territoire... comme si les Ombres qui avait recouvert les terres de leur sinistre manteau de désolation n'étaient que ses valets obéissant.

A chacune de ses "visites", Carlyn avait été démasqué plus vite, pourchassé avec plus de hargne. Tolham prenait comme un affront personnel ces intrusions d'espions-sorciers dans cette zone. Et il était doué pour sentir une âme non Assujettie derrière les apparences les plus "conformes". Tout le talent de l'Archi-Prêtre ne pourrait jamais totalement imiter l'abject pourrissement de l'être qu'était l'Assujettissement aux Ombres.
Mais au-delà de sa présence ici, ce qui mettait Tolham dans un tel état de folie croissante était ce que lui et les autres Frères du Cercle venaient lui voler, en plus de précieuses informations.

La frêle embarcation de Carlyn était remplie d'Herbe. Tout ce qu'il avait pu prendre pour la continuation du Service, avant de brûler le reste des champs. Et dans le regard de Tolham, rivé sur sa proie désormais à sa merci, il y avait une haine sans limite qu'il rêvait de libérer, une soif de vengeance qu'il allait assouvir et qui resterait dans la légende par sa barbarie.

Mais Carlyn sentit aussi comme une hésitation derrière la furie de la façade. Une fragilité. Son contrôle de l'eau, pouvoir que Tolham n'avait jamais possédé et qui était une surprise de taille, n'était heureusement pas encore complet. Il pouvait encore réchapper de ce piège.

Il prononça alors La Litanie de l'eau, un de ces vieux Rêves Eveillés qui persistaient des temps d'avant, et dont le caractère magique ne s'était jamais démenti. Il la répéta encore et encore, cherchant à imiter La Voix de ceux qui Servent, s'en rapprochant autant qu'il le pouvait par le pouvoir du brin d'Herbe qu'il faisait rouler en même temps entre ses deux paumes jointes. Pendant ce qui sembla plusieurs heures, et ne dura en fait que quelques secondes, le temps fut comme arrêté, à l'exception de ce mouvement des mains, hypnotique. Même Tolham, qui resterait toujours au fond de lui un Initié, et ne pouvait donc lutter contre la beauté du rituel, n'esquissa pas un seul mouvement.

Puis, comme s'il n'avait jamais cessé d'en être ainsi, les chutes furent.

Carlyn n'en entendit pas le son, couvert par un hurlement à glacer tous les sangs, même des zombies hantant ces territoires. Son embarcation termina sa chute dans l'Oryx, et vogua tranquillement vers sa destination finale, guidé par l'appel du Conseiller, le dernier grand Phare, que les Ombres n'avaient pu abattre.

Il faudrait qu'il contacte les membres du Cercle au plus vite, pour leur faire part des renseignements qu'il avait pu glaner.



L'Herbe était apparue sur les Territoires des Ombres dès le début. Les premières missions de reconnaissance des Archi-Prêtres avaient noté cela comme un effet secondaire intriguant, mais sans en percevoir la nature réelle. Ce n'est qu'au fil des observations, par la façon dont les zombies avaient de tenter de l'utiliser, qu'un doute s'installa dans leur esprit, renforcé par les prophéties parlant de l'Autre Monde, et de la venue des Ombres.

"Quand de cette terre ne restera rien que des territoires dévastés, quand tout espoir semblera perdu et que la résistance s'affaiblira, quand l'Echelle des âmes aura été perdue et que l'Autre monde même ne sera plus qu'une légende, alors poussera telle une mauvaise herbe un nouveau lien entre ce monde et l'Autre, et de ce lien viendra notre salut à tous."

Ainsi parlait Le Livre Dernier. Alors ils avaient volé un peur d'Herbe et avait tenté l'expérience, bientôt baptisée Service, car c'était bien le plus grand des services que rendaient les victimes consentantes à ce qu'il restait d'Humanité sur Elona.

Les zombies aussi tentaient le passage du Seuil par l'Herbe, tentant de forcer le passage pour les Ombres, et ainsi achever le travail de conquête. Mais leurs corps Assujettis n'avaient rien à offrir qui put satisfaire le "portier" végétal, leurs âmes prisonnières ne pouvaient se soumettre à une autre force.

De ce dernier voyage, Carlyn ramenait une bonne nouvelle : Tolham et ses zombies n'étaient toujours pas parvenu à résoudre ce problème, pas plus que dans les autres territoires où règnaient les ombres. Mais les Archi-Prêtres avaient décidé il y a longtemps que deux précautions valant mieux qu'une, si l'on brûlait ce qu'on ne pouvait emporter, c'était toujours autant de temps de gagné, autant de chances en plus de gagner la guerre en ce monde avant qu'elle puisse se propager. Ce n'était pas cette nouvelle qui allait leur faire changer de politique, et d'ailleurs il ne le recommanderait pas.

Mais la principale découverte qu'il avait faite, c'était pendant sa fuite, en passant près d'une grotte. Il aurait tout donné pour revenir en arrière, et disposer d'une minute, une seule, pour y entrer.

Il avait senti La Bénédiction. La Valise était là, et dedans sans le moindre doute, l'Echelle des âmes, perdue peu avant le début de la guerre.

Ceci était à coup sûr être l'arme ultime contre les Ombres. S'il pouvait y retourner et accomplir le rituel... alors Elona serait sauvée. Mais il ne le pourrait pas avant des jours. Le temps que Tolham s'apaise un peu, redevienne moins vigilant, et qu'une faille se crée dans son champ mental par laquelle il pourrait s'infiltrer dans les territoires.


Néanmoins, c'est le coeur réchauffé par la pensée de la Valise attendant dans cette grotte, porté par un bien-être tel qu'il n'en avait plus connu depuis fort longtemps, que Carlyn débarqua à la tombée du jour au pied du Conseiller et, laissant les Prêtres décharger l'Herbe, se dirigea vers Arkharia, "là où toute prophétie s'accomplit". C'était là que se réunirait le Cercle, il sentait déjà ses Frères, tout proches, comme ils le sentaient aussi.

A n'en pas douter, la nuit serait longue...
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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 23:56
Il est une manière d'écouter qui surpasse tous les compliments

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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 18:33
... par dessus tout, on cherche à se trouver ...

Calogero - "Partir ou rester"
et merci à Chrystelyne d'avoir ramené dans ma mémoire
cette citation, et la superbe chanson qui la contient,
à l'occasion d'un article-poésie sur la fin de vie,
dont je vous conseille vivement la lecture...
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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 15:04

J'ai décidé pour les prochains jours de corser un peu le défi que je me lance, en prenant les listes dans l'ordre où je les avais reçues (sauf exercices de la communauté "Ecriture ludique" évidemment) pour combler certains trous et ne pas faire attendre plus longtemps ceux qui me les ont proposées.
Cela donnera donc #004, #028 (communauté), #008, #012, #015 (pour savoir à quoi ces numéros correspondent, voir les listes que j'ai reçues jusqu'ici dans le cadre du projet "logorallye - Recueil "braises / et ce que j'en ai fait)
Et l'exercice d'écriture sur base d'une image planifié pour samedi (voir le planning sur le blog de la communauté "Ecriture ludique") sera couplé avec la liste
#018 confiée par Marianne ... et qui peut s'y prêter (le hasard faisant bien les choses, je trouve).
Rendez-vous donc dans les prochains jours pour lire les différents résultats...


#004 Alex (reçu par courrier direct / pas de lien)
feuilles, métal, cuisson, photoshop, visage, coupé, rasoir, talc, vernis, chiffons, pâtes, coton-tige


Il avait toujours aimé le contraste des feuilles avec la surface de métal, autant par la couleur que la texture. Il les détachait une à une du bloc pour les poser à même le plan de travail, pour sentir en écrivant le contact rude mais si stimulant.

Quand il avait vu cette plaque métallique inutilisée à l'atelier de son frère, Vincent l'avait voulue, immédiatement. Il savait très bien où il allait la placer. Et de fait, elle était maintenant solidement ancrée au mur, dans la seule pièce de la maison qui n'avait pas été terminée. Il y avait donc un autre contraste, entre la nudité des murs, l'absence de revêtement au sol, et puis ce bureau, surface uniformément peinte en noir, mais un noir brillant dans lequel il aimait contempler, le soir, la lueur de la petite lampe qu'il posait sur le coin gauche, reflétée, et qui prenait des apparences presque fantomatiques, idéales pour l'inspiration.

Cette pièce devait être le bureau de Pam, à l'origine. Puis elle avait décidé qu'elle était mieux là où il avait envisagé de placer le sien, une grande pièce bien éclairée où elle pouvait s'épanouir autour de ses multiples bureaux, étagères, fours. Pam était une artiste complète, qui maîtrisait toute la gamme de la création, des premiers pré-projets sous photoshop, jusqu'à la cuisson des pâtes diverses ou la pose du vernis, sur des bijoux, figurines, ou des toiles. Elle avait vite recouvert toutes les surfaces inoccupées avec un invraisemblable empilement de chiffons, boites de cotons-tiges, et matériaux divers dont il ne savait plus si elle avait même un jour pris la peine de lui expliquer à quoi ils pouvaient bien lui servir. Tout juste avait-il retenu que ce qu'elle appelait "stéa", "stéatite, ou "pierre à savon" était cette matière gris-verte, rugueuse au toucher, dans laquelle elle sculptait certains objets, pour "s'amuser" entre deux projets plus sérieux, avant de retrouver la vraie flamme créatrice. Sa femme ne mettait pas de talc sur les fesses de ses enfants, elle taillait dedans pour en faire naître ses créations. L'idée l'avait beaucoup amusé quand elle lui avait expliqué la nature de cette matière. Elle avait été étrangement vexée de sa réaction.

En s'installant devant son bureau ce jour-là, Vincent pensait à sa femme, à tout ce dont elle avait besoin pour créer, et à sa façon de se plaindre encore si souvent qu'elle n'avait pas tout ce qu'il fallait, que ça n'allait pas, qu'elle n'arrivait à rien, la technique la trahissait, l'inspiration se refusait... elle inventoriait alors pendant des heures les moindres tubes, boîtes, flacons, pensant peut-être que ce qu'elle avait perdu s'y trouvait... plus sérieusement, une sorte de rituel, le seul qui parvenait à l'apaiser, avant de se remettre au travail.

Vincent, lui, n'avait besoin que de ce papier précis, posé sur cette table, à l'exclusion de toutes autres choses sauf la lampe. Et le même stylo, toujours, mais plus par superstition. Il avait déjà écrit avec d'autres accessoires, et avait également obtenu de bons résultats. Mais ce qui comptait, c'était la porte de cette pièce fermée, le son qui ne passait pas de l'énervement de sa femme devant son chantier permanent... et son bureau en métal.

Il avait essayé au début, de travailler dans le salon, sur un ordinateur portable. Il avait choisi de s'isoler parce que Pam était impossible à ignorer, et elle, il lui fallait la porte grande ouverte, parce que pendant qu'elle travaillait, elle se sentait vite claustrophobe.  Il était donc venu ici, mais l'incongruité de l'ordinateur  posé sur une simple table pliante au milieu de la pièce lui avait vite semblé insupportable. Et puis il avait vu cette plaque métallique... et ça avait été comme une évidence. Elle l'avait appelé plus qu'il ne l'avait choisie. Sa finalité telle qu'il l'avait perçue immédiatement avait été irrésistible. Depuis, son impatience à commencer sa journée d'écriture ne s'était jamais démentie, les idées surgissant à flot à la simple évocation du métal sous son stylo, et lui procurant un plaisir quasi charnel d'une intensité indescriptible.
Quand il écrivait, il était comme un fou. Le reste du temps, comme un drogué en manque qui ne pense qu'à sa prochaine dose.

Il y pensait si fort ce matin, devant la glace, que le rasoir avait eu du mal à trouver son visage, puis avait choisi le mauvais angle, et qu'il s'était coupé. Trop rasé par endroits, pas du tout à d'autres. Cela lui arrivait souvent. Pam adorait ce côté "grand distrait rêveur" de son homme, ne soupçonnant pas qu'ils faisaient un tout avec d'autres aspects qu'elle supportait beaucoup moins, et que la source était ici, dans cette pièce, où il oubliait tout, y compris elle, parfois pendant plus de 10 heures d'affilée. Son mari n'avait pas de maîtresse, il avait juste Le Bureau Parfait ... en tout cas pour lui.  En quelque sorte, c'était pire.
Tout écrivain, ou artiste, à du mal à sortir de son oeuvre à heure fixe. Vincent avait en plus un bureau très exclusif dans leur relation, qui exigeait de lui tout ce que son mental pouvait donner. Au point qu'il s'endorme parfois la tête posée sur lui, complètement épuisé, après un troisième marathon consécutif, seulement séparés par un repas sommaire et quelques grommellements distraits en guise de réponses à Pam.

Elle ne supportait pas plus cet aspect de leur relation qu'il ne comprenait le travail qu'elle faisait et l'état dans lequel elle se mettait. Mais ils s'adoraient. Quand il s'endormait ici, c'est à côté d'elle qu'il s'éveillait, sur le matelas qu'elle avait installé dans le fond de la pièce, pour ce genre de circonstances. Elle le rejoignait, le soutenait jusqu'au matelas dans le semi-coma où il était plongé, passait son bras autour de lui, et la nuit passait ainsi. Au matin, ils se regardaient longuement, puis, sans un mot, rejoignaient la chambre, bien plus confortable, où ils s'octroyaient une journée d'agréables retrouvailles. C'était leur rituel, et après 5 ans ensemble, malgré leurs insupportables caractères, leur goût de la solitude, les passions extrêmes qui les rongeaient tous deux dans leurs domaines respectifs, ils s'aimaient encore plus qu'au premier jour. ils avaient su, à défaut de se comprendre l'un l'autre, respecter mutuellement leur territoire, et s'admirer pour les résultats obtenus. 

Ils exposaient ensemble, les écrits de Vincent illustrant les oeuvres de Pam, ou l'inverse, les oeuvres se recoupant, se complétant, dans la plus intime des fusions. A l'image de leur couple. Leurs passions s'étaient comprises à leur place, et les tenaient debout, main dans la main.

Ils le resteraient pour la vie.


C'est à cette pensée que, finalement, Vincent posa son stylo sur la feuille, et commença à écrire.

Un jour de plus commençait. Un jour de plus était comme terminé, déjà...

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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 13:04
Pour une meilleure organisation (et pour cesser d'égarer les bloggeurs intéressés entre divers lieux pour tenter de trouver les informations sur comment participer, pour quand, à quoi, ...), la communauté "Ecriture ludique" vient de se doter d'un blog qui publiera régulièrement, outre le planning des exercices (catégorie "plannings"), le récapitulatif des participations, au fur et à mesure du déroulement des exercices.

Ceci devrait donner à toutes les activités une meilleure visibilité, et permettre à ceux qui hésitent encore à participer de prendre conscience de ce qu'est vraiment la communauté, de son ampleur exacte.

En espérant que ces nouveautés plairont à tous les membres actuels... et permettront d'en attirer de nombreux autres :-)


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