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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 20:25
#031 Azalaïs
nigelle, pont, généalogie, soupière, mare, ossature, combiner, oublier, temporel, fondamental

Ce texte répond à l'exercice du 20/09/2007 de la communauté "Ecriture ludique".


Il nécessite la lecture préalable des textes précédents du "Cycle des Ombres". Vous pourrez en trouver la liste dans la présentation du recueil "Braises", dans la colonne de droite (il faut descendre un peu dans la fenêtre du navigateur...)

L'ensemble des listes reçues dans le cadre du projet, et ce que j'en ai fait jusqu'ici, est consultable ici .



Mayron reconnaît le goût des graines de nigelle, en train de se répandre sur son palais, de s'insinuer en lui, cherchant à envahir tout son corps, comme tant de fois pendant l'Initiation, pour détacher son âme. Il sait qu'il est trop tard pour lutter contre les graines toxiques, il doit faire la paix avec la mort qui s'offre ainsi à lui une nouvelle fois, même s'il y a aujourd'hui des différences fondamentales : il n'est plus au centre d'Initiation, personne ne sera là pour le réveiller. Et il n'a pas choisi le voyage.

Sa mémoire lui restitue ce goût, tellement incrusté dans sa chair, comme l'étreinte de La Bénédiction, protectrice de ce lieu, l'étouffe peu à peu.
C'est sans problème pourtant qu'il était arrivé jusqu'à la Valise, protégé par ses Qualrechs de ce Rêve Eveillé particulier... il avait longuement prié avant d'ouvrir la Valise... et de parlementer avec l'Echelle.

Et là, au moment du dernier pas, Elle se retournait contre lui.

Pour La gravir, il a du accepter de n'être plus un Initié, un Immortel, de n'être plus qu'un en ce corps, sans aucune de ses entités familières... de redevenir humain, sans autre force que ses convictions. Elle a juré que tout se passerait bien.

Et là, il va mourir, alors qu'il est le seul à pouvoir approcher l'Echelle, depuis que l'Invocation rituelle a été perdue. Avec lui s'éteindra l'espoir de vaincre, comme les Prophéties du Livre Dernier se réveleront finalement fausses. Elona ne tardera pas à succomber totalement...

La voix de l'Echelle, dans sa tête, lui susurre qu'il n'était pas celui qui devait la gravir. Il n'était là que pour rouvrir la voie, pas l'emprunter. Il avait oublié le sens exact des prophéties, combiné les mots comme il avait voulu les comprendre pour atteindre un pouvoir temporel qui ne lui était pas destiné. Il allait falloir qu'il paye pour cela.

Mayron, au bord de l'inconscience, reconnaît le Pont, point de passage entre ce monde et la mort.
Le sol le guide vers l'autre côté sans qu'il n'ait à faire un pas, sans qu'il ne puisse en tenter le moindre pour refuser son sort.

Le Guetteur, de l'autre côté du Pont, récite La Grande Généalogie des Ames Mortes... Tout dans son expression révèlent que Mayron y est inscrit, là, à la fin du parchemin, et que ce ne sera plus long avant qu'Il prononce son nom.

Soudain, l'ossature du Pont semble se disloquer... il se sent précipité dans le vide... il a complètement cessé de respirer maintenant...


Mayron est réveillé maintenant, dague à la main. Il baigne dans une mare de sang, celui de son ennemi, un vampire psychique, sorte de chauve-souris géante plongeant ses proies dans des cauchemars profonds avant de les vider de leur substance mentale, cauchemars souvent prémonitoires si la victime survit, ce qui est fort rare.
Ils ne sont qu'unes des nombreuses manifestations de la présence des Ombres, de fidèles serviteurs envoyés pour affaiblir les défenses des derniers combattants.

Mais ils n'ont aucune chance contre les Initiés.


Mayron préfère quand même être prudent. Il se rend à la cuisine, fait réchauffer un peu le contenu d'une soupière, puis, ayant rempli son bol, le vide d'un trait.

Les tremblements qui le prennent alors semble durer des heures...
et achèvent de le guérir de la morsure du vampire, comme le contre-poison fait son effet.

Mayron ne redormira pas cette nuit, il le sait. Et cela lui convient parfaitement. Il sait qu'il doit se souvenir de son cauchemar, absolument. Pour cela, il va passer la nuit auprès de l'Oracle, à lui en partager les moindres détails, pour être sûr d'en comprendre tout le sens.

Et pour ne pas faire d'erreur, le moment venu.
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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 15:38
La fonction de l'artiste est fort claire : il doit ouvrir un atelier, et y prendre en réparation le monde, par fragments, comme il lui vient.

Francis Ponge
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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 07:49
C'est déjà assez triste de n'avoir rien à dire. Si, en plus, il fallait se taire !

Philippe Bouvard
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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 22:16
Je n'écrirai pas aujourd'hui.

Quand l'écriture était absente, il n'y a pas si longtemps de cela, enfoncé que j'étais dans des blocages imbéciles, peur de ne pas être à la hauteur de l'idée, ou qu'elle ne soit finalement pas assez bonne, peur du regard des autres mais surtout du mien... à cette époque, écrire était le pilier dont je rêvais pour remettre ma vie debout.

Quand le physique pose problème, on fait de l'exercice pour l'entretenir. Quand la plume coince, on lui fait faire des exercices aussi. Dans les deux cas ce n'est pas tant muscler que l'on cherche à faire, mais rendre plus souple, plus en forme.

Je ne rêvais pas de gravir des montagnes, seulement de respirer un peu mieux, au jour le jour. Pouvoir avancer. Retrouver, à chaque nouveau pas, un peu de fierté, et ainsi ne plus avoir, à la fin, besoin de ce programme de remise en forme. Cela supposait quand même de le poursuivre assez longtemps et intensivement, pour qu'il porte ses fruits.

Mais évidemment j'en ai trop demandé, et depuis un mois je m'impose tous les jours un exercice après l'autre. Et ce qui devait rester un plaisir, un exutoire, est devenu peu à peu une habitude, joyeuse puis un peu casse-pied, puis lassante. Et finalement une contrainte.

Et ce soir je la refuse. Je n'écrirai pas aujourd'hui.

A force de puiser dans le jardin secret de mon inspiration les images pour continuer, encore et encore, à alimenter cette sorte de "journal intime" par fictions interposées (car écrire n'est jamais rien d'autre que ça, quoi qu'on en pense), je me retrouve devant un paysage qui n'a pas changé, mais sur lequel je ne parviens plus à poser le regard toujours pétillant de l'enfant qui redécouvre le monde à chaque regard. Même les plus belles plages inventées n'ont plus d'attraits parce qu'elles me sont imposées, comme toutes les autres histoires qui viennent à moi à la lecture de l'énoncé du jour, et violent mon esprit pour que je ne puisse les en déloger autrement qu'en prenant la plume.

Tant qu'il reste ce moyen, me direz-vous... ce n'est pas à proprement parler si invivable que cela. Et puis si l'idée est là, c'est qu'au fond de moi j'en ai quand même encore l'envie, d'écrire.

Et vous ne voyez pas le problème, quand je hurle que je veux retrouver ma liberté, vous me dites que je ne l'ai jamais perdue.
Mais je sais que vous avez tort et ce soir je pose la plume, pour ne pas succomber encore à l'obligation.

Demain, je la reprendrai peut-être, mais sans rien m'imposer, parce que je l'aurai voulue. Demain j'écrirai certaines suites en attente, de la poésie à nouveau, des réflexions. Demain je rêverai de tout ce que je peux écrire maintenant que je ne me confinerai plus aux exercices.
Demain j'arriverai même à vous faire comprendre la différence.

En attendant aujourd'hui... trop fatigué pour argumenter encore. Je ne me persuaderai pas ce soir, je sais.
Mais ce n'est pas nécessaire.
Le sommeil va venir et emporter cette journée trop lourde dans les limbes. Quand je me réveillerai, l'heure aura eu raison des chaînes que je m'étais imposées. Pas une seule ligne, pas un seul mot, dans les temps impartis.

Alors je serai vraiment libre, que je le veuille ou non !



Exceptionnellement je termine par les avertissements... Rassurez-vous, j'écrirai toujours !
Et je n'en ai pas tout à fait fini non plus avec les exercices (de la communauté ou les miens)
D'ailleurs ce que vous venez de lire en est la preuve... 10 mots imposés, ils y sont tous...

#024 Virginie Edensland
jardin, enfant, plage, journal, fierté, exutoire, pilier, montagne, proprement, demain.

J'espère que vous me pardonnerez cette fiction tellement autobiographique... ce n'est pas de vous que j'ai voulu rire ce soir... ;-)

et donc comme vous l'aurez sans doute compris...

Ce texte fait partie du recueil "Braises" (projet "logorallyes").
L'ensemble des listes reçues dans le cadre du projet, et ce que j'en ai fait jusqu'ici, est consultable ici .

blablabla... ;-)
Ah ces belges, avec leurs fictions façon JT... ;-)
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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 13:34
#026 Marianne
livre brulé, puissance, fracture, cours, chamallow, teinture, araignées, monotone, terrain, accouchement

N'hésitez pas à consulter l'ensemble des listes que j'ai reçues jusqu'ici dans le cadre du projet "logorallye" - Recueil "braises", pour voir en détail ce que j'en ai fait. Vous pouvez également m'y laisser vos propres listes en commentaires.


Ce texte répond à l'exercice "Début & Fin" du 17/09/2007, organisé par la communauté Ecriture Ludique.
Il nécessite
la lecture préalable des textes précédents du "Cycle des Ombres". Vous pourrez en trouver la liste dans la présentation du recueil "Braises", dans la colonne de droite (il faut descendre un peu dans la fenêtre du navigateur...)



- Tout est Pur pour qui est Pur, Frère Carlyn... méfies-toi des apparences, elles trompent plus souvent qu'on ne le voudrait...

L'Archi-Prêtre Kendrick venait de prendre la parole à son tour, selon les règles ancestrales du Cercle. Comme Carlyn s'y était attendu, cela ne se passait pas bien. Pourtant, c'est avec la meilleure nouvelle possible qu'il était revenu de sa dernière expédition. Mais cela faisait si longtemps qu'il n'y en avait pas eu, sur Elona, qu'il doutait que ses Frères soient encore capable d'en reconnaître une. Et la réunion suivait son cours, imperturbablement, sans aucune avancée.

Il décida qu'il avait assez perdu de temps avec leurs hésitations, et enfreignit le Protocole.

- ... mais moins qu'on ne le croit parfois, Frère Kendrick ! N'oublies pas que c'est de l'Echelle des Ames qu'il s'agit, et c'est bien la Bénédiction que j'ai senti, aucun doute là-dessus !
Vous savez tous qu'Elle ne peut pas être imitée, ni se déployer en un lieu où l'Echelle n'est pas. Et seule une âme parfaitement sereine peut la remettre en place, ce qu'aucun zombie jamais ne pourra. Et encore moins un Passeur.


- Nous n'avons aucun doute sur tes affirmations, Carlyn. rétorqua Kendrick, en oubliant volontairement le titre de politesse qu'ils se devaient à chacun, marquant par là son courroux face à la violation du Protocole.

Mais tu reconnaîtras quand même que cette réapparition soudaine, sur l'itinéraire de ta fuite, semble un peu trop "à propos"... N'oublies pas que les Ombres façonnent la géographie comme elles l'entendent, pour servir leurs objectifs. Si nous n'avons pas retrouvé l'Echelle jusqu'ici, c'est qu'Elles l'ont voulu ainsi. Et maintenant, tu l'aurais sentie "par hasard" ?

Chacun médita sur ces paroles pendant un long moment. Carlyn ne pouvait nier qu'elles étaient frappée du sceau du plus élémentaire bon sens. En effet, les Ombres déplaçaient lieux et gens à leur guise. C'est ce qui rendait périlleux tout voyage dans les territoires qu'elles gouvernent, il fallait les pouvoirs d'un Archi-Prêtre pour s'y rendre, et  y trouver son chemin malgré tout.

Carlyn pensa alors au Conseiller, dernier des grands Phares qui tenaient ce monde unis, avant. Les Ombres les avaient tous détruits, pour que rien ne puisse plus s'opposer à leur infernale puissance. Mais l'Oracle, non loin du pied du Conseiller, Les avaient tenues à distance, un temps. Puis, le Cercle était né, et leurs pouvoirs additionnés semblaient encore au-delà des possibilités de l'ennemi. Akharia était tout ce qu'il restait du monde d'avant, et ils le protègeraient jusqu'à leurs dernières forces.

En dehors, Elona n'était plus désormais que fractures et divisions, des îles flottant dans un brouillard épais, sur les eaux de l'Oryx, seule force naturelle qui avait résisté à l'invasion.


Carlyn reprit finalement la parole.

- On ne peut exclure en effet que les Ombres aient tenté de me piéger... auquel cas le piège est toujours en place, je le sens, tout autant que vous tous d'ailleurs. L'Herbe ne leur ouvre pas la porte de L'Autre Monde, alors Elles espèrent que l'un d'entre nous vienne, lève La Bénédiction... et n'ait pas le temps de la replacer avant qu'Elles s'emparent de l'Echelle. Je ne suis pas encore devenu sénile, Frère Kendrick... j'y ai pensé.

Mais le Livre Dernier précise bien que ce n'est pas l'un d'entre nous qui devra rouvrir le chemin vers l'Echelle.


Les autres membres du Cercle hochèrent tous la tête en signe d'assentiment. Un autre qu'eux devait se mettre en route, son heure était venue.



"Revenu dix fois de la Mort, il la séduira quand elle voudra le prendre, puis l'écartera de sa route comme si elle n'avait jamais existé. Il sera au-delà des Rêves Eveillés et des autres Magies, sur un plan où Elles ne pourront l'atteindre. Lui seul alors pourra approcher l'Echelle, et la ramener à la raison, comme il est vrai que l'on ne peut perdre ce qui a décidé de fuir, ni retrouver ce qui ne veut pas l'être."

Accroupi au pied de l'Oracle, Mayron, le centième Initié, méditait. Par Les Grâces qui l'habitaient quand Les Qualrechs en lui s'éveillaient, il avait pu suivre l'assemblée du Cercle d'ici.  Il savait quelle serait sa mission avant même qu'ils l'aient évoquées. C'était ainsi, le temps des palabres touchait à son terme, et seul Carlyn le sentait.

Les autres n'aimeraient pas qu'il les ait espionné, cette fois encore... mais le Cercle n'avait plus son unité d'antan, et il préférait être prêt à pallier leur défaillance prochaine, inévitable, plutôt que se voiler la face.


Lentement, il se leva, l'esprit tout entier occupé par ses Visions Parallèles que l'Oracle lui avaient partagé, durant les heures qu'il avait passé ici. Le monde d'avant était merveilleux, même si la vie parfois y était monotone... il y avait le soleil au dessus d'Elona, tous les jours. Et ça n'avait pas de prix.

Il avait eu des visions d'accouchements, de cette époque où mettre au monde un enfant ne signifiait pas encore la mort instantanée pour la mère... car moindre sang versé à présent attirait les Ombres sur toi...
D'autres visions parlaient de veillées au coin du feu, avec du chamallow grillé sur des bâtons, des rires, des
danses, des chants...

Puis il y avait cette odeur de livres brûlés des premiers temps de l'Occupation, quand les êtres devenus zombies tombaient si profond dans la folie qu'ils détruisaient ce qu'ils avaient toujours chéri, inconscients de n'être plus que les marionnettes de quelque chose d'autre, profondément mauvais... inconscients mais pas tout à fait, et les hurlements d'une douleur indescriptible avaient commencé à meubler tout l'espace...

Telles des araignées tissant leur toile, les Ombres avaient progressé peu à peu, gagnant un centimètre de terrain, puis un autre encore, inexorablement, recouvrant d'une teinture noire aux reflets de sang ce qui avait jadis été un paradis verdoyant. Le ciel comme la terre étaient aujourd'hui unis par ces peintres fous en une même oeuvre morbide, qu'il allait falloir gommer, il était l'heure.


C'est conscient de cela que Mayron s'arracha à ses Visions et à ce lieu, libérant un bref instant Solis, Qualrech de l'espace et du temps. Il rouvrit les yeux sur la salle du Conseil, où tous l'attendaient, le regard plein de réprimandes et d'attente en même temps.

N'ignorant pas qu'il devrait encore un temps respecter les usages anciens et les règles de bienséance, Mayron s'agenouilla devant l'assemblée et joignit les mains. Se réjouissant à l'idée que c'était sans doute la dernière fois qu'il s'excusait ainsi d'être ce que, pourtant, ils attendaient de lui, il commença à voix haute la Prière de Purification de l'Initié.

"Devant vous aujourd'hui je confesse mes Grâces..."
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