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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 11:30
On a toujours le choix. On est même la somme de ses choix.

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 20:46
Depuis que je vous ai parlé de Chemin de rêves (le nouveau blog créé pour participer à tous les exercices d'Ecriture Ludique - plus de 60 à ce jour - , dans l'ordre), des nouveautés ont été publiées, portant à 5 le nombre total de textes déjà publiés.

Pour ceux qui auraient manqué l'annonce initiale, voici la liste complète des textes publiés jusqu'ici dans ce nouveau lieu, que je vous invite à visiter à votre aise, en laissant si le coeur vous en dit l'une ou l'autre trace de votre passage  :-)


Bonne lecture :-)
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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 14:40
Je lisais récemment un texte que Eryn a publié sur son blog, VSA - Contre-addictions. Sous le titre "Ombre au tableau", elle développe avec un style parfait un ensemble de réflexions sur notre société et nous-mêmes qavecui m'ont interpellé, et fait réagir.

Ne manquez pas de lire son texte, le choc qu'il provoque est vraiment salutaire.

Elle m'a donné l'idée de faire de mon commentaire un article, alors le voici, sans doute très décousu et je m'en excuse, mais trop de pensées se bousculent.




Nous vivons aujourd'hui, nous occidentaux "relativement" privilégiés dans le monde tel qu'il est, dans ce que l'on définit comme des démocraties, et fonctionnant comme telles. Et pourtant, dans le même temps, nous y subissons une nouvelle forme de dictature, rampante bien que très peu sournoise : nous ne pouvons manquer d'en croiser les signes, mais pour la plupart nous ne les reconnaissons pas comme tels.

Sous le couvert de ce que l'on nomme "presse", "journaux télévisés", "informations", "actualités", "dépêches", "magazines", et autres émissions, sites internet, etc, se cache en effet une grave dérive, un phénomène qui porte même un nom, "conscientisation", et que l'on peut résumer malheureusement dans bien des cas par  "tout savoir, n'y rien pouvoir".

"j'étais là pourtant, j'étais là... et je n'ai rien fait" comme le chante si bien Zazie, sans que l'on sache trop de quel côté de la balance il faut ranger ses mots, culpabilité ou constat d'impuissance... Mais malgré l'engagement sans faille de l'artiste pour certaines causes, je ne doute pas qu'il y ait sans doute les deux, dans ses mots. Car devant tous les malheurs du monde, nous citoyens ordinaires n'y pouvont souvent rien, ou pas grand chose. D'autant que les causes à défendre sont légions, alors comment s'occuper de toutes ?

Et pourtant, tout est fait pour nous culpabiliser.

Il serait urgent de sortir de cet engrenage à broyer les consciences sous le poids de notre "situation privilégiée", et réapprendre à vivre non pas pour soi seul, mais PAR soi, c'est à dire avec ses aspirations, ce que l'on est, sans chercher  à substituer des causes à nos propres raisons intérieures de tenir debout, en n'enterrant pas sous ce que nous pourrions apporter au monde ce que nous aspirons à faire de notre vie.

Il n'y a pas d'égoïsme dans mes mots, seulement le constat que l'on ne peut donner aux autres que ce que l'on a, que ce que l'on est. Si l'on choisit de se coller le masque d'une cause sur le visage, parce qu'il le faut, parce que si personne ne fait rien etc, parce qu'on y croit, mais sans savoir qui l'on est, et si l'on est vraiment fait pour cela... et bien le combat est vain. Certains peut-être se révèlent dans l'action. Mais le plus souvent, c'est elle qui se révèle à eux, par l'envie, le besoin dévorant, l'élan. Et ceux qui n'ont pas cet élan, qui aspire à autre chose, est-ce leur faute ? Rien n'est fait pour donner l'envie dans notre société, seulement de la culpabilité pour ceux qui se regardent en face avec leurs petites misères quand d'autres meurent de faim, de répression, de catastrophes diverses...

Je reconnais l'importance qu'il y a à être informé de tout ce qui se passe sur la planète, de manière objective. Tout comme il me semble important que chacun choisisse d'écouter / regarder / lire s'il le souhaite. Ce n'est malheureusement plus très possible, entre les manifestations, les démarcheurs à domicile, ceux qui distribuent des tracts dans les gares, les métros, les lycées, etc... et bien sûr tout ce qu'il défende est juste, et c'est très bien qu'il puisse le faire savoir.  Mais ceux qui n'ont pas le temps ou les moyens de les suivre dans leur cause, ou qui ont d'autres visions des choses, ne doivent-ils pas être respectés aussi ?

Il faut abandonner l'extrémisme des idées, et en revenir à une vision plus positive de ce que nous pourrions apporter au monde en tant que citoyens, pleinement conscients de nos moyens et de nos limites.

Je suis par exemple pour ces initiatives (parfois gouvernementales) visant à présenter des associations, des projets, des causes, à des écoliers / lycéens / chomeurs (pourquoi pas ?), de manière pédagogique, tant que cela est fait sans banalisation NI dramatisation, que chaque individu reste libre de ce qu'il pense, de ce qu'il a envie de faire.
Dans les écoles, le but est de favoriser l'implication d'élèves dans des associations, à leur niveau. Il y a de beaux projets réalisés chaque année, dans nos pays ou ailleurs, par des élèves de tous âges. C'est une belle méthode d'apprentissage, qui n'est pas forcée, parce que chacun trouve sa place dans un projet commun qu'il n'a pas l'impression de devoir porter seul ou au détriment d'autre chose, et où il apporte ce qu'il est. Et ceux qui ne se sentent pas capables ou intéressés sont respectés.

Cette vision-là est à développer, tout comme une information (presse, etc) plus positive aussi, mettant en perspective les nouvelles, et les gens qui oeuvrent pour améliorer les choses, en donnant au public les informations sur ceux qui s'impliquent, et comment les suivre s'ils le souhaitent, même par de petites choses.
Une information donc qui redeviendrait objective, responsable, qui ne présenterait plus seulement les drames mais les réussites. Et je reconnais que certains le font, mais toujours pas sur un pied d'égalité, les informations dramatiques passent toujours en premier.

Il faut sortir de ce sensationnalisme généralisé. La vie n'est pas une série hollywoodienne où le rebondissement est la réponse à tout, le "toujours plus" un mode de pensée pour cacher les faiblesses du scénario.
La vie est complexe, multiple, le monde est infiniment varié, alors sortons des schémas réducteurs.

Et respectons le fait que tous les humains sont différents, et que ne pas s'impliquer ne veut pas dire "indifférence" ou "non-respect" des causes. 
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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 09:59
Depuis quelques jours, en parallèle à ce blog et à bien d'autres activités, je me suis lancé dans une nouvelle aventure d'écriture.

En effet, j'ai décidé de m'atteler à participer (ou reparticiper) à chacun des exercices de la communauté "Ecriture Ludique", dont je fais partie (et dont j'anime quotidiennement le blog). Comme il y a déjà 64 exercices proposés, il y a de quoi faire, et je ne m'interdis pas de participer plusieurs fois à un même exercice :-)

Pour l'heure, dans le cadre d'un défi lancé par la communauté (qui consistait, entre le 5 et le 19/10/2008, à écrire sur trois anciens exercices (mimimum) et à publier les résultats sur son blog), j'ai déjà écrits deux textes, que vous n'avez pas eu encore le plaisir de lire.

En effet, j'ai décidé (pour ne pas noyer ce blog) d'en ouvrir un autre qui ne servirait qu'à publier mes participations à la communauté. Ce blog s'appelle "Chemin de rêves".

Vous vous demanderez sûrement le pourquoi de ce nom... toutes les les explications sont données dans le premier texte publié :-)

A ce jour donc, ont été publiés :

Je n'annoncerai pas forcément chaque nouveau texte ici, où j'ai l'intention de continuer à publier dans le cadre de "Retour de flamme" très prochainement. C'est pourquoi j'ai mis en place sur "Chemin de rêves" une newsletter à laquelle je vous invite, si le coeur vous en dit, à vous abonner.

Sinon, vous pouvez également me suivre via le flux rss de ce nouveau blog.

J'attends vos commentaires sur ces deux premiers textes, et vos avis sur le projet lui-même... et bien sûr, si vous ne la connaissez pas encore, n'hésitez pas à rendre visite au blog de la communauté 'Ecriture Ludique", et à participer à l'un ou l'autre de ses exercices :-)
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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 12:13
Ce texte a été écrit sur la liste #002 du projet "Retour de flammes". Pour voir l'ensemble des listes, et m'en proposer vous-mêmes, cliquez ici.

#002 Aga

* existence,  * complications, * torrents, * orage, * accomplir,
* clown, * psychiatre, * camisole, * diable, * spectacle,
 * flamboyant, * insignifiant, * explosif, * incisif, * définitif



Thomas s'efforçait en toute chose de voir le meilleur, face à toutes difficultés de voir le défi et non l'obstacle, et il pouvait affirmer sans craintes que, autant dans son métier que dans sa vie privée avec Kayla et leurs deux enfants, il était un homme heureux.

Il vivait son existence sans complications, au milieu de tous ces gens qui se prenaient trop au sérieux et qu'il tentait, de spectacles en spectacles toujours plus flamboyants, d'extraire de leurs torrents quotidiens de morosité. On le disait doué, chacun de ses numéros attirait une foule considérable, se demandant s'il allait échouer cette fois, ou accomplir un nouveau miracle.

Et il n'échouait jamais, terminant invariablement par un triomphe, après avoir fait trembler, espérer, rire aussi. Il n'oubliait jamais en effet ses débuts en tant que clown avant de devenir l'artiste complet - acrobate, illusionniste, humoriste, comédien - qu'il était aujourd'hui.


Thomas avait vraiment une vie de rêves, il se le répêtait tous les jours.


Mais l'orage couvait derrière les apparences. Il y eu d'abord des détails insignifiants, comme des pertes de mémoire, des lapsus, des paroles qu'il ne comprenait pas. Puis vinrent des réponses un peu trop incisives à des questions anodines de journalistes, des ruptures définitives avec quelques amis de très longue date... Son entourage, pour plaisanter, disait qu'à force d'incarner le diable dans ses spectacles, il en avait pris un peu du caractère, et que même hors scène il continuait à approfondir le personnage. Mais plus le temps passait et moins il faisait rire, son caractère devenant de plus en plus explosif, son agressivité allant un jour jusqu'à se battre sur scène avec un acrobate qu'il accusait de lui avoir fait rater son numéro, alors qu'il avait encore eu un trou de mémoire.

Il avait alors commencé à s'inquiéter, et il était allé voir un psychiatre, qui avait préféré lui faire passer quelques tests médicaux au préalable. Pour être sûr que tout allait bien avant de traiter un problème psychologique qui n'existait peut-être pas.

Thomas avait peur de devenir fou, peu à peu. Il ne craignait pas tant la camisole, dont il n'aurait aucun mal à s'extraire, se disait-il pour essayer de se détendre. Non, cela lui rappelait seulement son père, comment il avait commencé à devenir violent, invivable, avant de mourir dans une enième bagarre de bar. Il se demandait si ce n'était pas de famille.


Mais il n'était pas fou, la réponse était toute autre, et les tests médicaux le lui apprirent bien vite.


On n'ébruita pas la nouvelle. En accord avec son épouse, le directeur du cirque, et les autres comédiens, un nouveau spectacle fut organisé, dans lequel il incarnerait le diable, une dernière fois, tentant d'arracher son âme à un jeune acrobate très habile qui lui échappait toujours à la fin. Cette fois, il fut prévu que le diable soit vaincu, à la fin d'un combat d'illusionnisme particulièrement relevé.

Le spectacle fut enchanteur, et se clotûra sur une explosion de flammes... quand elles disparurent, Thomas n'était plus sur la scène, il s'était escamoté en coulisses, lançant juste un "je reviendrai, un jour... quand on ne m'attendra plus, je reviendrai !"

Il avait eu sa sortie digne.

Il pouvait maintenant s'occuper de sa tumeur cérébrale.


Et toutes ses plaisanteries ou son habileté ne l'avait pas préparé à ce combat contre la maladie, âpre, impitoyable. Il jeta toutes ses forces dans la bataille, remonta un peu la pente, la redescendit, remonta encore.

On le dit finalement guéri de sa tumeur. Mais son humeur était encore pire qu'avant, il était vraiment devenu un homme mauvais, rongé par la lutte contre sa maladie, les dernières parcelles d'humanité enterrées par la chimiothérapie et les opérations.

Dans les derniers moments, il ne parlait plus dans ses délires que de revenir prendre cet acrobate, et tous ces gens qui s'étaient moqué de lui.


Peu de temps après, on annonça son décès.



Quelque temps après, lors d'un spectacle du cirque où Thomas avait travaillé toute sa vie, le directeur avait décidé de lui rendre hommage. Tous ses numéros étaient exécutés par les artistes de la troupe, sous les yeux de Kayla et ses deux enfants, inconsolables. Tous, sauf ceux impliquant le diable. C'était son personnage, et personne n'aurait voulu voir ce rôle repris par quelqu'un d'autre.

C'était une demande de Kayla, et tout fut fait selon ses volontés.

Et pourtant, à la fin du spectacle, quand le jeune acrobate incarnant la proie fuyante monta sur scène... soudain les lumières vacillèrent, des flammes surgirent incompréhensiblement sur la scène, puis s'écartèrent... et une voix résonna, qui dit "Je vous l'avais bien dit que je reviendrais..."


Les spectateurs ne surent d'abord quoi faire. Kayla était figée, à regarder son mari sur scène, impossiblement vivant... mais ce n'était plus tout à fait son mari, et tout le monde le compris aux premiers morts, tués par des éclairs s'échappant des mains de cet être, au milieu de la scène. La panique fut totale, et en moins d'une minute la salle fut vidée de ses occupants. Mais de nombreux corps jonchaient les allées.

Ne restait plus dans la salle que Kayla (qui avait fait sortir ses enfants avec le directeur), l'acrobate mort de peur... et Thomas, qui s'approchait de lui...

Kayla se précipita alors, n'écoutant que son intuition, et au moment où un éclair allait s'échapper des mains de cet homme qu'elle avait tant aimé, elle s'interposa.

L'éclair rebondit sur elle, comme sans effet.

D'autres éclairs la frappèrent, mais elle s'en moquait maintenant, elle s'approchait peu à peu de Thomas, le regardant bien en face, tandis qu'il reprenait peu à peu apparence humaine, l'apparence de vieillard mourant qu'il avait à la fin. Elle avançait sans crainte, malgré ses cris et les éclairs qu'il envoyait de plus en plus furieusement. Elle s'immobilisa finalement, à quelques centimètres de lui, et l'attira dans ses bras, tremblant de rage.

Ils s'embrasèrent alors tout deux, et tombèrent en cendres sur la scène. L'acrobate en aurait juré.


Pourtant, quand la fumée se dissipa, on retrouva Kayla, inanimée mais vivante.




Quand elle se réveilla, elle dit seulement que son mari était en paix maintenant.


Personne ne voulu croire ce qui s'était réellement passé ce jour-là. La police chercha pendant des mois à faire avouer les différents protagonistes, les autres acteurs restés en coulisses, mais bien sûr on ne trouva rien.

Le dossier fut finalement classé.




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