1 juin 2000
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Il y avait une musique, morte soudain
Avant le dernier mouvement
Et quelque chose comme une cinquième saison dont en son temps
Vivaldi n'aurait su comment
Trouver le refrain
Comme des vers de Rimbaud
Immortalisés enfin, permanence
Quelque chose désormais mène la danse
De très beau très intense
Mais noir, désespérance, éclat du faux
Et de moins en moins d'amour sensible au creux de nos errances.
Il y avait le paradis ou presque. Désormais
Comme les restes du fruit défendu qui pourriraient entre nous
Même nos sourires mènent au dégoût
Et les mots à rien du tout
A l'heure d'être pendus, je ne sais
Si le miracle qui nous délivrerait
Est encore possible
Abîmé en cette douleur quasi risible
Il paraît que moi seul commanderait à ce qui nous crible
Il paraît que ce n'est que folie ma folie il paraît
Comme tu ne dis rien c'est sûrement vrai …
Il y avait une musique, je donnerais tant
Pour l'entendre encore résonner
Te souviens-tu que nous devions-nous aimer
A son rythme à tout en oublier
Jusqu'à la fin des temps ?
Te souviens-tu dis-moi, nos rêves sont flous
Si quelque part l'équilibre existe toujours
J'ai besoin de toi pour en refaire le tour
Si ton cœur n'est pas finalement devenu sourd
Si ce n'était pas vrai que j'aie tout gommé de nous …
Publié par Michel Bosseaux
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Recueil : Sans pareilles (2000)
31 mai 2000
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Et Dieu, alors
Réaffirme sa voie
Au loin des faux pas
Des chasses au trésor
Où perdre son âme
Dieu éclaire nos choix
Et quand l'évidence est là
C'est qu'Il est dans la trame
Regards incroyants
Plus ou moins fréquents, selon
Peu à peu disparaîtront
Quand
Nos yeux s'ouvriront sur
Pur
Son Amour …
Publié par Michel Bosseaux
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Recueil : Sans pareilles (2000)
27 mai 2000
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Il est de communes déchirures
D'autres comme celles dont un cœur s'éteint
On a beau veiller à l'éclat des parures
Sans la légèreté d'aimer tout cet or n'est rien
En certains passés je sus
Cette vérité à travers
La moue des saisons mal bues
Je fonçais tête la première
Etait-ce un piège d'en être fier ?
Au flot du trouble sang inversé
Au règne d'une nouvelle terreur
- En toute rose ses épines - Je saigne, c'est assez
En dire. Il y aura d'autres heures
Et d'autres douleurs sans doute, déjà comptées
Ame nue rouée de coups, jusqu'à quand
Se relever pour continuer jusqu'à quand aimer
Et tout donner brûler abandonner avant
Qu'il n'en soit plus temps, jusqu'à quand ?
Douteuses certitudes
Convictions perdues
Ce qui vient du Nord, au Sud
Est-il sûr qu'il s'habitue ?
Il est de communes déchirures
Et un cœur qui s'en éteint chante banalement
Une qui fit telle rature
Que pour la gommer il faudra sûrement
Inventer je ne sais trop comment l'instrument
Et tantôt je l'aperçois – il me semble du moins –
Et tantôt c'est un désert blanc
Tantôt le froid s'évanouit au matin
Tantôt souffrir subir au présent
Et toi qui ne comprend tout mais m'aime
Toi que je déchire à mon tour de ne pouvoir
Ces ombres les garder miennes en un silence
Et laisser un sourire apaiser, immense
L'effroyable vide en tes yeux qui me sondent
Quand tu te noies en mes idées noires
Quand tu sens bien que la terre n'est plus ronde
Toi que je déchire de ne vouloir te faire croire
A de nouvelles chimères
Et tout le bonheur qui ainsi s'enterre
Tout l'espoir qui se perd, l'espoir
Mais que faire ?
Du futur pardonne-moi de perdre la mémoire …
Publié par Michel Bosseaux
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Recueil : Sans pareilles (2000)
26 mai 2000
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Nous avons modelé
La lumière de nos mains
Avons su donner
Un sens aux lendemains
Dans quelque oasis
Deviné dans le reflet
Une vérité dont nos fils
Reprendront le chant imparfait
Quand viendra leur tour de toucher ciel.
Mais saurons-nous l'attente aussi
Avant l'ère des miraculés ?
Ce qui gronde n'est pas d'ici
N'entend rien aux mots de paix
Juste « vouloir » et « déchirer »
Saurons-nous tenir malgré la sécheresse des puits
Jusqu'à ce qu'étende ses ailes
A jamais sur nous
L'Amour Fou ?
Toujours une voix appelle
Qui ment à chaque son
Mais si crédible et parfois si belle …
A la source puise nos obsessions
Peurs accumulées
Cette voix que l'on ne peut jusqu'au bout nier …
Nous avons fait, l'espace d'un souffle seulement,
Presque tout le chemin
A l'heure d'achever prodige, comment rester serein
Quand montent les douleurs, si lentement ?
Quoi que je te promette
Je me sais capable, instantanément
Du contraire. Autant d'amour que tu prêtes
A ce regard, n'ignore pas pourtant
La part de haine qui dévore tout derrière
Saurons-nous faire ces quelques pas encore
Ce monstre, sauras-tu le faire taire ?
Tant d'essentiel que pourtant j'ignore …
Je ne sais même rien ou presque de nous
Sinon que c'était écrit
Et puis l'Amour Fou
J'attend l'avenir où il aura suffi
Même si je sais aussi
Tous les autres possibles …
Publié par Michel Bosseaux
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Recueil : Sans pareilles (2000)
25 mai 2000
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Tes bras qui protègent
La profondeur de l'instant
Ta peau qui désagrège
Au fleuve aimant
Cette voix fausse résonnant
Ta voix qui allège
Peur de l'insuffisant
Et dans ce doux piège
Qu'à deux construisant
Nous n'avons craint finalement
De laisser nous retenir
Nous avons pour l'avenir
Poser sans y penser
Une brique de plus … avant de continuer.
Ta présence volontaire
Un grand collier d'air
Et c'est peu dire
T'aimer comme tu respires
Tout ton être …
N'avoir de maître
Que le désir
Et par tels souvenirs
Demain exister …
Publié par Michel Bosseaux
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Recueil : Sans pareilles (2000)