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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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19 juillet 2005 2 19 /07 /juillet /2005 12:56
Moi je voulais dormir vous comprenez, juste dormir. Mais elle, elle n'avait pas sommeil. Passe encore si elle avait juste voulu une petite galipette bien faite, on n'est jamais contre, n'est-ce pas ? Oui, si elle avait voulu quelque chose de "normal" j'aurais pu être gentil, mais avec elle fallait toujours du nouveau, du spécial, du qui la transporte au 7ème et demi, quitte à y passer des heures si ça n'était pas assez haut pour elle du premier coup ... et moi je voulais dormir ... alors j'ai décidé de la lui faire brutale, la chemise de nuit arrachée, en boule dans la bouche pour qu'elle se taise, en appuyant bien ... puis je l'ai fait, comme ça, et elle avait l'air d'adorer, et ... je sais pas ... subitement je trouvais ça trop facile, j'étais trop excité, là c'est moi qui voulait que ça dure ... fallait qu'elle adore un peu moins pour que ça dure ... alors j'ai tapé, tapé ... elle s'est débattue, elle ne voulait plus ... mais ça fallait y penser avant !!! alors moi je l'ai attrapée par le cou et puis j'ai continué, continué ...

Après je me sentais tellement bien que je me suis endormi comme un bébé. Bon, c'est vrai que ça m'a géné son corps froid contre le mien, et la légère odeur le lendemain au réveil. Mais j'avais bien dormi. Finalement elle avait raison de pas me laisser juste dormir, c'est pas la même qualité de sommeil.

Comment je vais faire maintenant, sans elle ?
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13 juillet 2005 3 13 /07 /juillet /2005 21:14
· Noooooooooooooon, le vase de grand-mère ! Mais enfin, tu ne pouvais pas faire attention, crétin !

· Mais qu'est-ce qu'il foutait là, ce vase, d'abord ? Et cette commode ? C'est quoi encore ces inventions ? T'as encore tout déplacé dans l'appart, c'est ça ?

· Ne change pas de sujet, veux-tu ! Ce n'est pas une excuse pour ne pas regarder !

· Regarder où ? Comment tu voulais que je le vois, ce vase, à travers la porte ? Hein ?

· T'étais pas obligé non plus de l'ouvrir si violemment ! Espèce de brute !
En plus tu sais bien qu'elle est fragile, cette porte !

· Oui, depuis que madame avait placé cette bibliothèque derrière la porte, en oubliant de la fixer au mur, et donc naturellement, au premier choc ...

· Oui, choc, tu l'as dit ! Toi qui claque tes portes chaque fois, c'est bien la preuve !

· Et toi qui t'acharne à planquer des trucs derrière les portes pour en bloquer l'ouverture ! Tu le fais exprès ou quoi ?

· Pas besoin d'ouvrir plus, moi je passe sans problème !
Voilà à quoi sert d'entretenir sa ligne, de manger sainement. Tu devrais essayer !

L'homme, excédé.

· Oh non alors, très peu pour moi ! Ton régime végétarien ... je ne suis pas un lapin, moi ! J'aime bien les carottes, mais que ça ou presque à tous les repas ... et puis tu manges des fleurs aussi, franchement je ne suis pas curieux de savoir le goût que ça peut avoir ...

un temps

puis la femme, avec un demi sourire mutin

· Dit, en parlant de fleurs ... c'est quoi ce bouquet, là, que tu caches si mal ?

L'homme, heureux de reprendre le contrôle de la situation

· Pour toi chérie ...
Il lui présente un superbe bouquet composé de roses rouges et jaunes

· bon anniversaire mon amour.

La femme, radieuse, se jette à son cou. Long baiser langoureux

Puis, un temps

· Mais ... nous n'avons plus de vase, chéri ! Tu sais bien, c'était le dernier !

L'homme, triomphant, sort quelque chose d'un sac qu'il portait

· Je ne t'ai pas encore offert ton cadeau, chérie.

Et là il dévoile un superbe vase ming.

· Je savais bien qu'il valait mieux prévoir ... avec toi ... ! Et puis celui là, tu auras à coeur de ne pas le poser n'importe où !

La femme, se retenant de lui casser le vase sur la tête et de lui découper le visage en lamelles avec les fragments ...

· Quel chance j'ai d'avoir un mari si attentionné !

Fragilité d'un couple ...
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12 juillet 2005 2 12 /07 /juillet /2005 00:00

retard, crédule, blessé, existence, forme,
miroir, préfabriqué, joie, projet, rire

 


 

Matin collage d'habitudes :
de mes quatres murs préfabriqués
je jaillis, prélude
à une course qui va me jeter
dans les couloirs du métro bondé

je suis en retard en retard
pour ne pas changer

ni joie ni rire ici
juste d'autres comme moi qui courent
courent après leur vie
courent, courent

en retard en retard eux aussi
refrain, tous en choeur, chantez !


J'avais d'autres projets, avant,
j'avais des rêves bleu et or,
mon existence avait forme d'ouragan
plus je mordais dans tout, plus j'en voulais encore

aujourd'hui blessé de n'être rien
finalement qu'un homme de plus
dont le miroir se moque chaque matin
je ne me ressemble plus

Je n'étais pas crédule je n'ai pas
fais de faux pas, seulement
j'ai oublié d'oser quand la chance était là
et aujourd'hui, finalement

je ne suis pas si malheureux apparemment
travail femme enfants
partout on m'aime partout on en veut encore
plus de moi ...

mais moi je suis lassé
je cours je cours et ne sais plus
trop bien vers quoi je vais
non je ne me reconnais plus


Alors ce matin je fais demi-tour
c'est décidé je change de vie
je prend un allez sans retour
peut-être est-ce une folie

Tant pis.

Au moins je serai moi
au fond je n'ai jamais rien voulu d'autre que ça.

 

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7 juillet 2005 4 07 /07 /juillet /2005 11:32
Ce matin, Henry s'est levé comme d'habitude, pour aller travailler. Ce n'est pas un travail très bien payé, il n'y met donc pas plus de motivation que cela, et ses pas sont comme d'habitude traînant jusqu'à la salle de bain. Mais en Angleterre aujourd'hui, l'essentiel est d'avoir un travail.
Comme d'habitude, il en prend un peu trop à son aise pour se laver, et sa femme finit par tambouriner à la porte. Alors il achève de se raser en maugréant, et sort.

Breakfast en lisant son journal, le chien qui mendie quelques miettes, le chat qui vient gentiment lui tirer la queue. Tout est comme d'habitude. Jusqu'à sa femme qui court, court, aussi stressée que tous les matins. Elle vient de trouver un nouvel emploi, facilement, mais la difficulté c'est de le garder. Tout est tellement précaire. Elle a fait 6 places en autant de mois. Finalement il n'a pas à se plaindre, lui : depuis un an, il a le même patron.

Il part travailler, à pied. La voiture, c'est impensable à Londres, donc il va à pied, avec sa femme. La station de métro n'est pas loin. Il a emporté un petit livre de poche, pour passer le temps dans les transports. Il en a environ pour une heure en comptant l'attente, et il pourra lire environ trente-cinq minutes dans cet intervalle. Comme d'habitude. Sa femme ne prend pas la même ligne que lui.

Mais ce matin il n'attendra pas trop, la rame arrive juste comme il achève de descendre l'escalier du quai. Il monte, se cale contre la porte de l'autre coté, celle qui ne s'ouvre pas, et ouvre son livre.

Quelques pages et puis descendre, changer de quai, attendre l'autre rame. Qui traîne, comme d'habitude. Cette ligne est mal desservie en proportion du nombre de passagers. Ca lui permet de lire encore deux pages. Il a presque fini son livre, il va enfin savoir qui était le meurtrier de Pamela, l'hôtesse de l'air.

Le métro arrive finalement, il monte, se cale comme il peut, et continue sa lecture, avide.

Complètement pris par ses habitudes, indifférent à ce qui se passe autour de lui, Henry n'a même pas vu cet homme monter à la dernière station, avec son sac. Pourtant ce sac, il l'a quasiment à ses pieds maintenant, tandis que l'homme l'observe en marmonnant tout bas. Mais il ne remarque rien.

Sauf quand le passager juste en face est projeté contre lui au moment d'un choc. Il peste intérieurement, et s'apprête à le repousser, quand soudain...

... soudain un grand éclair, une vague de chaleur, le bruit, puis le métro est plongé dans le noir, et les cris commencent.



Lui, il ne remarque rien du tout. Il ne remarque même plus son livre, complètement détruit par le souffle de l'explosion. Pas plus que l'état de son corps. Il aurait du être tué sur le coup, mais cet homme effondré sur lui l'a en partie protégé. N'empêche, cela ne le sauvera pas longtemps. Il n'entend plus rien, ne voit pas bien. Il ne sait pas du tout ce qui s'est passé.
Il sait juste qu'il a atrocement mal, que la chaleur semble monter de plus en plus et... oui c'est le feu...

Henry ne saura jamais le nom de l'assassin de Pamela. Pas plus qu'il ne saura ce qui l'a tué, lui, ce matin où il se rendait à son travail, comme d'habitude. Ses fragiles habitudes détruites en un souffle.
Celui d'une bombe.
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2 mai 2005 1 02 /05 /mai /2005 21:42
N'hésitez pas à laisser vos commentaires dans ce nouveau livre d'or ... je serais ravi de connaître vos impressions au fur et à mesure de l'évolution de ce site, et de la publication des textes :)

Vous pouvez aussi consulter l'ancien livre d'or.
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