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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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7 août 2023 1 07 /08 /août /2023 22:08

Texte écrit dans le cadre du défi créatif d'aout 2023.


On ne t’a jamais appris à sourire, toi ? Secoue-toi un peu, tu fais fuir les clients !

- Mais patron, je vous l’ai dit que j’étais malade ! Vous vous attendiez à quoi en m’imposant de venir quand même ?

- T’es pas malade là, on dirait que tu es carrément décédée et revenue pour me hanter et pourrir la soirée ! Allez, du nerf ! Et souris, j’ai dit !

Souris, souris … il en a de bonne, lui ! pensa Sylvie en s’éloignant en direction de la table 7. Sa vue se troublait, le plateau tanguait au rythme de ses pas mal assurés, mais elle parvint finalement à servir la commande de façon assez professionnelle pour que les clients la remercient, puis reviennent au comptoir, et recommence avec une autre table. C’était sans fin, la pièce tournait autour d’elle, et finalement ce qui devait arriver arriva : le plateau dégringola au sol, et elle suivit, en larmes.

C’est alors qu’un de ses habitués, le jeune homme de la table 9, sortit de façon inattendue de son attitude coutumière, en retrait, et se précipita pour l’aider à se relever. Et tout aussi inattendue, le patron, qui se précipitait pourtant en commençant à lui reprocher « sa maladresse », se figea devant cette scène et bâtit en retraite.

Une fois remise de ses émotions, Sylvie comprit au fil de sa discussion avec Marco, que malgré son jeune âge et l’air peu assuré qu’il arborait, qu’il était en fait le vrai propriétaire du restaurant. Et que l’attitude du gérant l’agaçait au plus haut point depuis longtemps, mais là, trop c’était trop.

Il offrit de raccompagner la jeune femme chez elle, « en tout bien tout honneur », et elle accepta, bien contente de pouvoir rentrer se reposer.

 

 

Le lendemain, se sentant un peu mieux et ayant oublié les trois quarts de ce que Marco lui avait dit la veille au soir, Sylvie se présenta au restaurant à l’heure habituelle pour préparer pour le service de midi.

Marco l’attendait, ainsi que tous les serveurs. Cérémonieusement, il lui remit les clés du restaurant.
Le gérant avait été remercié une heure plus tôt. Elle n’avait qu’à signer, et l’établissement était « à elle ».

Malgré le sentiment de panique et le poids des responsabilités nouvelles qui l’attendaient, il ne lui vint même pas l’idée de dire non. Au contraire, un sourire immense comme elle n’en avait probablement plus affiché un depuis l’enfance, inonda son visage et ne la quitta plus au fil des jours qui défilèrent à partir de celui-là.

Il s’agrandit même peu à peu, au contact de Marco, beaucoup plus impliqué pour l’épauler… et pas seulement. Mais le temps dirait jusqu’où son implication pourrait aller.

En attendant, elle qui pensait n’avoir qu’un travail d’appoint de serveuse, venait de trouver sa vocation – avec un coup de pouce du destin – dans un des plus mauvais moments.

La vie était si surprenante !

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6 août 2023 7 06 /08 /août /2023 10:00

Texte écrit dans le cadre du défi créatif d'aout 2023.


Nous étions partis en début d’après-midi ce vendredi, suffisamment tôt pour que les routes soient encore fluides. Nous avions prévu toutes les provisions nécessaires pour le week-end, le ciel était au bleu intégral, et la route s’était passée sans accroc.

Nous étions arrivés à la cabane vers 19h.

Un petit coup de ménage pour les poussières, déballage des victuailles, et nous préparions calmement le « buffet froid » pour notre soirée en amoureux, loin de tout. Nous avions prévu de manger à l’extérieur mais n’avions pas encore commencé à installer quand nous avons entendu les craquements, et le grondement terrifiant.

J’eu le réflexe de verrouiller immédiatement la porte. Le temps que Cathy ferme les volets, l’animal – quel qu’il puisse être, il n’y avait normalement rien de cette taille dans la région – s’acharnait avec ses griffes sur la porte, puis, faisant manifestement le tour du bâtiment pour trouver une faille, nous l’entendîmes détruire tout ce qui se trouvait sur son chemin. L’alarme de notre SUV se déclencha soudain, avant qu’un grand bruit de verre brisé et des craquements divers nous indique que la bête devait avoir sauté dessus et le calme revint momentanément.

Mais le temps que j’appelle les secours – nous avions gardé une ligne en fonctionnement pour quand nous venions, fonctionnant par satellite - , les grognements et autres coups de pattes avaient repris de plus belle. L’animal faisait le tour de la cabane en boucle, semblant de plus en plus énervé.

Heureusement, elle avait été construite très solidement, et elle résista.

Ce n’est qu’après de nombreuses heures de terreur, cernés par le fracas de la bête, que nous n’entendîmes des bruits de moteurs sur le sentier d’accès, et quelqu’un nous criant d’ouvrir la porte. L’animal était parti semble-t-il, probablement en entendant les véhicules approcher. Les gardes chasses, fusils en main, patrouillaient néanmoins autour de la maison.

Une dépanneuse arriva dans la foulée et embarqua notre SUV.

Il fallut encore une heure pour que des amis viennent nous chercher, pour évacuer.

 

Nous n’avons jamais su ce qui nous avait attaqué ce soir-là, dans la forêt.

Ce que nous savions par contre sans le moindre doute, c’est que nous n’y retournerions jamais.

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5 août 2023 6 05 /08 /août /2023 22:00

Texte écrit dans le cadre du défi créatif d'aout 2023.


Un verre de vin à la main, Marie contemplait les étoiles. C’était un samedi soir tranquille, comme elle les affectionnait tant, une soirée bien loin de ce qu’on attendait généralement en entendant ce mot. Mais c’était ainsi. Elle avait toujours préféré l’obscurité et le silence, à peine rompu ce par les craquements du bois de sa vieille maison, le bruit du vent s’engouffrant sous l’auvent de la terrasse, et bien sûr, la respiration de Marc juste à côté d’elle.

Il la serrait dans ses bras, pour la première fois depuis … avant. Pas qu’il n’ait pas voulu, non. C’était elle, toujours, et il avait respecté, elle ne savait pas comment. Pour la première fois elle voyait les choses de son point de vue, et à vrai dire elle lui avait fait vivre l’enfer. Alors qu’il n’y était pour rien.

Il n’était pas avec elle dans cette voiture, il y a trois ans. En sortie de soirée, alors qu’elle n’aimait déjà pas ça. Mais Cynthia avait insisté, et Cynthia obtenait toujours ce qu’elle voulait. Alors elle avait cédé à sa sœur, et ils étaient allé, avec le copain de celle-ci, dans cette « super nouvelle boite branchée ». Et ils avaient tous trop bu.

Elle avait cédé, elle n’aurait pas dû.
 

Elle respira à fond, et l’angoisse naissante passa. Elle revint au moment présent.

Elle tenta de s’hypnotiser avec le chant des grillons, le bruissement de l’herbe, et sa propre respiration … et cela sembla fonctionner, un temps.

Mais le bruit d’une voiture au loin la replongea dans ses souvenirs, luttant pour remonter à la surface.

Marc n’était pas là ce soir-là. Ils avaient prévu à l’origine de passer la soirée ensemble, comme ils le faisaient toujours, mais on l’avait rappelé à la dernière minute pour le travail. Donc elle était partie avec sa sœur.

Et à part des flashs et l’alcool, elle ne se souvenait plus de grand-chose. Ca s’était probablement passé comme ça se passe toujours : beaucoup de bruit, encore plus de gens drogués ou ivres, peu de plaisir.
Au bout d’un moment elle était sortie respirer sur le parking. Et peu après sa sœur avait du remarquer qu’elle n’était plus là, parce qu’elle était sortie elle aussi.

Elle n’était pas contente, soi-disant c’était toujours pareil, il fallait que Marie gâche tout.
Une belle engueulade.

Après, les autres étaient sortis aussi, et puisque l’ambiance n’était déjà pas au top, ils avaient pris la route pour rentrer.

« Ce n’était pas de ma faute, c’était leur choix, je n’ai rien demandé » se répéta Marie, en refermant les yeux … »

L’engueulade avait repris dans la voiture. Et cette fois elle ne s’était pas laissé faire, traitant sa sœur d’égoïste pourrie gâtée qui lui faisait un caca nerveux juste parce qu’elle avait voulu respirer autre chose que de la fumée et des haleines pourries. Et après tout, si elle était tellement insupportable, pourquoi l’avoir invitée ? Et pourquoi lui reprocher après de ne pas prendre du plaisir sur commande ?

Sa sœur s’était alors mise à pleurer, son petit ami avait tourné la tête …

Après, elle se rappellait juste s’être extirpée tant bien que mal par la vitre à moitié brisée, pendant que la voiture commençait à brûler.
 

Sentant revenir la crise d’angoisse, Marie ferma les yeux, respira à fond, et se récita le mantra que sa conseillère spirituelle lui avait enseigné.

Ton passé ne définit ton futur que si tu le choisis.

Un souvenir, aussi traumatisant qu’il soit, n’est qu’un film projeté sur l’écran de ton esprit. Libre à toi d’en projeter un autre.

Alors elle se repassa la soirée dans ses moindres détails. Elle l’avait suggérée, prenant Marc par surprise. Et il lui avait sorti le grand jeu : smoking, bouquet de fleurs, champagne. Il n’avait pas pris le risque de cuisiner, il n’avait aucun talent dans le domaine, mais il avait fait venir un traiteur et ils avaient mangé éclairés seulement par des bougies, les yeux dans les yeux. Et là, ils terminaient sur la terrasse, au clair de lune, en se serrant l’un contre l’autre.

Absolument parfait.

 

Elle aurait quand même aimé que Cynthia soit là.

Ce manque-là ne disparaitrait sans doute jamais.

 

Malgré cette pensée amère, Marie se surprit à se laisser porter par la chaleur de son compagnon, ses pensées s’évanouissant les unes après les autres devant le spectacle du ciel nocturne. Elle n’aurait jamais cru possible de retrouver une telle paix, un jour. De seulement en avoir envie. Mais il fallait bien avancer, alors elle l’avait tenté.

Elle posa sa tête sur l’épaule de Marc, et finit par s’assoupir, vaincue par cette soirée riche en émotions.

 

Cette nuit-là, elle ne rêva pas de voiture en feu. Ni de ce qu’elle aurait tant voulu pouvoir dire à sa sœur. Elle ne rêva de rien. Pour la première fois en trois ans.

Le lendemain serait un jour meilleur encore que cette soirée.

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4 août 2023 5 04 /08 /août /2023 20:00

Texte écrit dans le cadre du défi créatif d'aout 2023.


Le vieil homme habillé de guenilles déchirées et maculé de crasse des pieds à la tête était accroupi au centre de la pièce, éclairé par la seule lumière de la bougie posée à coté de lui. Il était tellement concentré par ce qu’il faisait (quoi que cela puisse être, c’était difficile de bien voir) qu’il sembla ne pas remarquer l’arrivée de l’homme habillé de noir, en cape et atours princiers, bien qu’il ne le soit pas.

L’arrivant, incrédule, espérant que ce ne soit pas là l’homme pour qui il était venu, franchi le seuil de la pièce et s’approcha un peu. Ses pas sur le sol marbré, aujourd’hui recouvert d’une sorte de poussière sablonneuse qui dissimulait presque totalement les magnifiques fresques dont il était revêtu, résonnèrent comme il le faisait avant, il y a longtemps, quand il venait ici comme un simple élève ignorant tout, attendant de son maître qu’il l’éclaire.

Les temps avaient bien changé.

Le vieil homme ne réagissait toujours par à sa présence, et l’arrivant perdait peu à peu patience. De plus près, il pouvait voir des tracés ineptes, réalisés à la craie, à même le sol, ainsi que – devinait-il dans la semi-obscurité – sur tous les murs de la pièce jusqu’au plafond ! Il entendait également les marmonnements incessants, comme une récitation effrénée, sauf qu’il n’y avait là aucuns sons identifiables.

Ce n’était que les gribouillis et les borborygmes d’un vieil homme devenu fou, conclut-il.

- Alors c’est pour vous retrouver ainsi que je me suis donné tant de mal, Nicolaï ?

Les marmonnements marquèrent une pause fugace, puis reprirent de plus belle.

- Croyez-vous vraiment me privez ainsi de ma victoire ? Je vous ai trouvé, j’ai gagné. Vous n’êtes pas de taille contre moi, vous n’avez fait que fuir depuis un an que je vous traque. Et vos simagrées ne vous sauverons pas cette fois, vieux fou ! Votre heure est venue !

- Je sais, Christian, murmura l’homme assis par terre, avant de se mettre à tousser, peinant à reprendre son souffle.

Il entreprit alors de se relever, péniblement, reprenant pendant quelques secondes ses murmures, avant de replonger dans le silence, les yeux rivés au sol.

- Je vois que vous avez décidé de me gâcher mon plaisir. Peu importe ! Finissons-en !

Il sortit son épée.

Le regard de Nicolaï Ancilitch se tourna alors vers l’homme venu pour le tuer, et c’est comme si la vie était revenue subitement à pleine force dans ses yeux l’instant auparavant totalement vides. Un regard à paralyser n’importe qui de terreur. Et qui fit hésiter son agresseur, l’espace d’un instant.

Il recula d’un pas.

- De quoi as-tu donc peur, mon jeune apprenti ? M’as-tu bien regardé ? murmura Nicolaï, dont à part le regard, on aurait pu croire le reste du corps, peinant à rester debout, déjà mort depuis un moment.

- Je ne suis plus votre apprenti, hurla Christian, projetant son épée par magie et transperçant Nicolaï

Soudain, sur un mur de la pièce, une partie des tracés scintilla. Et Christian ressentit une douleur vive dans le ventre, au même endroit que la blessure qu’il venait d’infliger à son adversaire.

Mais lui semblait aller parfaitement bien, ayant maintenant l’épée en main et aucune trace apparente de blessure.

- Peut-être bien n’es-tu plus mon apprenti … peut-être même ne l’as-tu jamais vraiment été, vu le peu que tu en as retenu, dit-il en souriant.
Tiens, il me semble que tu as perdu ceci, je te la rends !

L’épée sembla voler d’elle-même pour venir se planter à l’emplacement exact de la douleur de Christian, la multipliant. Il vacilla, mais se reprit bien vite.
Et d’une incantation, sortit l’épée et guérit sa plaie.

- Qu’est-ce donc que cela, vieux fou ? Une magie miroir ? Cela ne se peut, tu n’oserais pas ! Tu sais que je peux la retourner contre toi comme je veux.
Il claqua des doigts. Une autre partie des tracés, sur le sol cette fois, se mit à briller, et Christian fut projeté au sol comme s’il avait été percuté par un cheval au galop.

- Je confirme, tu n’as rien appris avec moi ! Pour retourner un sort, comme pour l’annuler, il faut disposer du contresort ou, au minimum, maîtriser la langue dans laquelle il a été écrit. Ce qui n’est pas ton cas !

- Mais cela n’est pas une langue ! Je connais toutes les langues magiques, passées et présentes ! Il ne suffit pas de tracer n’importe quoi sur un mur et de décréter que c’est une langue pour que cela fonctionne !

Nicolaï se remit alors à murmurer des sons incompréhensibles et ce fut la pièce entière qui se mit à briller, alors que la peau de Christian sembla crépiter soudain, comme si elle était sur le point de se mettre à brûler. Les premières flammes ne tardèrent d’ailleurs pas à apparaître. Mais s’arrêtèrent aussitôt, comme soufflées par un courant d’air surnaturel.

- Sur ce point-là tu as raison, cela ne suffit pas … mais ce n’est pas parce que personne ne connaît cette langue qu’elle n’existe pas. Je l’ai créée vois-tu … et tu ne pourras pas contrer indéfiniment tout ce que j’ai l’intention de te faire

Christian sut alors qu’il devait fuir. Cette pièce était un piège mortel dans lequel Nicolaï était tout puissant et invulnérable. Il chercha à se téléporter et, n’y parvenant pas – un autre des pièges du vieux maître – il se propulsa de l’autre coté du seuil.

Sauvé ! eut-il le temps de penser.
Avant de s’effondrer, mort.

L’encadrement de la porte brilla plus fort. Nicolaï avait vraiment tout prévu.
Personne ne pouvait quitter cette pièce vivant, s’il restait au moins une personne vivante à l’intérieur.

Nicolaï s’était précipité hors de la pièce à la suite de son ancien élève, pour ne pas rater le moment exact du trépas. Voilà qui était fait.

Il déchira la chemise de Christian et traça très vite le symbole de transfert.

Soudain, il parût beaucoup plus jeune. Ses vêtements avaient retrouvé tout leur éclat, la crasse s’était envolée comme par miracle. Il avait dû sacrifier bon nombre de choses, son énergie, son apparence, et même la majorité de ses pouvoirs, afin de sceller le pacte d’âme requis pour créer une langue magique. Un an de travail patient, de sacrifices et de renoncements. Mais ce n’était finalement pas cher payé, pour débarrasser le pays du pire sorcier maléfique qui ait jamais existé. D’autant moins cher payé qu’il avait tout prévu dès le départ pour récupérer l’intégralité.  

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3 août 2023 4 03 /08 /août /2023 20:00

Texte écrit dans le cadre du défi créatif d'aout 2023.


 

-    Au départ tu vois, tout avait l’air plutôt normal. Le client avait une petite maison avec un jardin de taille moyenne, et il avait toujours rêvé d’une cabane à outils au fond du jardin, un bête truc …

-    Oui, du bon préfabriqué assemblé en une heure ou deux

-    Oui voilà.

-    Ben alors, qu’est-ce qui a mal tourné ? 

-    Attends patron … je t’explique. Je vais voir sur place, histoire de discuter avec le client, pour voir où il veut la mettre, quelle taille etc … 

Et là, sa femme lui demande si vraiment c’est une cabane à outils le plus pertinent. Parce qu’après tout, ce n’est pas lui qui fait le jardin, c’est une société qui vient s’occuper de la pelouse et des arbres.

Elle continue sur le fait qu’il n’a pas non plus besoin d’outils pour bricoler, vu qu’il ne bricole jamais !

-    Je vois le genre. Bonne ambiance dans le couple !

-    Oui voilà. Evidemment il répond qu’il ne bricole jamais parce qu’il n’a pas d’endroit pour le faire, et elle lève les yeux au ciel. Puis elle s’en va, et on repart sur l’histoire de cabane.

Là, il me susurre à l’oreille qu’en guise de cabane à outils, il veut surtout un endroit à lui pour être en paix quand madame lui prend la tête. Pour regarder la télé, se détendre … ce genre de choses.

-    Plus le même genre de cabane. Plus grand, mieux isolé … plus cher aussi.

-    L’argent n’était absolument pas un problème, il me l’a dit tout de suite. Non, dans l’intervalle sa femme est revenue à la charge. Qu’elle ne voyait pas très bien quand il trouverait le temps de bricoler puisque tout le temps qu’il passait à la maison, c’était devant la télé, à boire et dormir !

-    … 

-    Je te passe les détails, mais l’ambiance ne s’est pas améliorée du tout. Ils sont partis dans une autre pièce s’engueuler. Quand le mec est revenu, là il a ajouté l’insonorisation, la porte à code, et le fait qu’il allait lui falloir une chambre, une cuisine et une salle de bain en plus de la pièce télé.

-    Mais là c’est une petite maison, ce n’est plus du tout une cabane de jardin ! 

-    Oui, c’est ce que je lui ai dit ! Et que là il fallait les canalisations, etc, que ça demandait des permis de construire, et de bien réfléchir avant parce je n’étais pas sûr du tout qu’il était sérieux dans ses demandes. Il avait l’air très perturbé par sa dispute avec sa femme.

Je lui ai même proposé d’y réfléchir à tête reposée, et de nous rappeler quand il saurait ce qu’il voulait vraiment. 

-    Et donc, pourquoi tu n’es pas parti ? 

-    Je n’ai pas eu le temps ! On était revenu dans la cuisine, et sa femme est revenue se mêler de la conversation, toujours persuadée qu’il s’agissait d’une cabane à outils, et l’a traité de fainéant, d’inutile, qui ne pensait qu’à dépenser de l’argent pour rien alors qu’ils ne faisaient jamais rien ensemble, pas de sorties, pas de vacances … 

Et là … il a pris ce gros couteau posé sur l’évier et il l’a égorgée ! 

Après il n’a pas voulu qu’on appelle la police. Il voulait que je l’aide à enterrer le corps dans le jardin, et il me reparlait de construire la cabane à outils par-dessus, pour qu’on ne retrouve jamais le corps ! 

J’ai profité qu’il me tournait le dos pour ressortir par le jardin et m’enfuir, et j’ai appelé la police.

-    Quelle histoire de dingos ! 
Enfin … au final il a quand même eu ce qu’il voulait, quelque part, non ? 

-    Comment ça ? 

-    Bah oui ! Il va l’avoir maintenant, sa cabane !
 

 

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