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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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9 février 1999 2 09 /02 /février /1999 00:00
Dans ces marécages
A l’autre bout de la terre,
Loin des routes à péage
Et des centrales nucléaires,
Comptabilité journalière
De l’horreur,
Répression, coutumière,
Et la peur,
Et la faim.
 
On leur envoie nos conserves, périmées,
Qui ne leur servent à rien,
Et de l’huile de la farine, « en quantité »,
Ou bien rien, parce que c’est loin,
Si loin, « Et puis, ça n’arrive jamais »,
« Et on n’est pas responsables, mine de rien »
 
Qui sait ?
 
Les agrafeuses sur des cartons
Placardent les soldes en lettres de sang.
A tous les étages, dans tous les rayons,
On achète tant
Qu’on peut, « La vie est dure, vous comprenez ? ».
Une autre année a passé
Dans l’indifférence, quoi qu’on en dise.
 
J’ai des images qui me suivent
De ces marécages, d’hier,
D’aujourd’hui, à l’autre bout de la terre,
Ou nous pourrions tant, si enfin …
Pour moins de gens, c’est certain
 
De moins en moins, mais est-ce là une solution ?
 
A chacun sa réponse, je garderai mes questions
Jusqu’à un changement, ou la fin,
Amer et sans espoirs, mais les yeux ouverts
 
Pour de nouvelles images, plus belles qu’hier ?
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5 février 1999 5 05 /02 /février /1999 00:00

Fin

Cancer phase terminale,
Presque mort, déjà.
Le médecin prépare la paperasserie dans une salle
Voisine, pendant que, là,
En demi-cercle au pied du lit,
Sa famille se perd dans la contemplation
Du jambon de ce midi
Et, d’hier soir, le poisson
 
Au cas où il se serait réveillé, au cas …
 
Son frère pense à ses cageots
De pommes, attendant dans le hangar,
Lui, fidèle au poste sur les marchés depuis, oh …
Mais qu’est-ce donc que ces idées bizarres ?
 
Pour son fils, « les toubibs, tous des fumiers ! »
Ils savaient l’inéluctable, mais se sont acharnés, pourtant.
Et il ne sait plus trop à quoi penser
Pour calmer son désir ardent
De tous les étrangler. Quelques vagues cousins,
Sa femme, mais juste son ex, remariée.
Ce qu’elle fait là, on ne sait pas bien.
Après toute la haine de ces dernières années …
 
Le médecin revient, l’examine, soupire,
Dis que c’est fini.
Une infirmière ramasse l’assiette avant de repartir.
- Juste quelques déchets de plus - Et ainsi,
Le va-et-vient continue comme si de rien n’était
 
A peine aura-t-on perçu que, dans cette chambre, quelqu’un pleurait …
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3 février 1999 3 03 /02 /février /1999 00:00
Une feuille vole doucement
Au vent d’automne.
L’esprit soudain s’étonne
De cet air insouciant,
De la sève qui s’écoule, fière et libre,
Sous l’écorce de cet arbre que l’on voyait déjà mort,
Mais qui par delà les hivers, tient encore
Le tronc bien droit, de cet équilibre
 
Et du sourire naissant,
Quand la rosée agace les bourgeons,
Et quelle que soit la saison,
Parce qu’il sait ses racines loin d’avant.
 
La conscience vient alors
Que le temps n’est pas qu’une légende,
Que vers le futur, les envies tendent
Toujours quand vient l’aurore,
Et que la vie est aussi belle
Que cette feuille qui vole au vent
D’automne, puis se pose
 
Perpétuelles métamorphoses.
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26 janvier 1999 2 26 /01 /janvier /1999 00:00
Une fillette, toute à ses jeux,
Dans l’herbe se roule avec sa poupée.
A son rire, doucement, maman fleur bleue,
Répond par une tenture écartée
Avant de s’en retourner rêver,
Une rose dans les cheveux,
La tête sur l’oreiller
Avec son amoureux
 
La fillette, pendant ce temps,
Sous l’œil attendri de la bonne,
Regarde des pétales voler au vent,
Ecoute les abeilles qui bourdonnent
Et, du pistil à la ruche, en balais incessants,
S’en vont préparer le miel
 
Elle s’endort, finalement.
A l’horizon, sur la forêt si belle,
Le soleil se couche peu à peu
Maman descendue l’emporte vers son lit
Et ne demande à la vie rien de mieux
 
Parfois en cette terre certains trouvent le paradis
Et savent y être heureux.
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26 janvier 1999 2 26 /01 /janvier /1999 00:00
Unis devant l’autel,
Mariés pour le meilleur et pour le pire,
Rougeur au moment du baiser, la photo sera belle,
Un moment de bonheur pur, quelques éclats de rire
 
Un buffet « à la française »,
Boudin et saucisse marseillaise,
Puis belle-maman parle de Jésus
Beau-papa de déserts arides
Où la nation perdit sa vertu.
Et lui y gagna quelques rides
 
Quelqu’un joue du trombone,
Faux, mais au moins l’ambiance y est,
Puis c’est le téléphone
Qu’on débranche tant qu’on y est
 
Le dalmatien du voisin
Aboie à n’en plus finir,
Sur sa calculette, un lointain banquier cousin,
Fait et refait leurs projets d’avenir
 
Puis pour finir promet de regarder dans ses fichiers,
« Pour être bien sûr, vous comprenez ? »
 
Comme quoi on parle, on parle, mais à vrai dire …
 
 
Demain, le rêve reprendra ses droits
Au calme, espèrent-ils
Loin de cette clameur, de ces fracas,
Quelque part dans les îles
 
Il sera encore temps dans un mois
Pour la réalité
En attendant … - mais laissons les là :
  Nous n’avons que trop détaillé déjà. -
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