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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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19 février 1999 5 19 /02 /février /1999 00:00
Ils vous font craindre les flammes de l’enfer
A moins que vous n’achetiez « un peu de cette potion »
Et aussi leur livre d’incantations
 
« Payement en liquide, ou par carte bancaire »
 
Malins, et sans hésitations
Ils sondent votre esprit, déterre vos peurs,
Et prétendent tout guérir par simple imposition
Des mains sur votre cœur
                          
Pour chasser les forces obscures
Un peu de poudre de corne d’éléphant, en petits sachets
« Et avec ce trident à portée de main, c’est sûr
  Le bouclier karmique sera parfait !        »
 
Si l’odeur de l’encens
Vous donne envie de vomir,
Pas à perdre de temps,
Le curé exorciste doit intervenir !
 
 
Ils vous promettent amour, argent
Santé, miracles de toute sorte,
« Mais il faut que vous le vouliez vraiment,
  Que votre implication soit forte !    »
 
Et pour ceux qui se laissent tenter,
Ca marche ou pas, selon
Les cas, selon « l’argent purifié »
Ou toute autre raison
Qu’il trouve pour expliquer.
 
Charlatans, imposteurs, qui ont vite faits
De disparaître quand c’en est trop
Marabouts, sorciers vaudous, exploiteurs
Escrocs
Font de l’argent
Sur le désespoir de petites gens
Trop crédules
 
Et les liasses s’accumulent …
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12 février 1999 5 12 /02 /février /1999 00:00
Les médicaments, cent fois plus fort
Que de l’aspirine,
La douche, qui assassine
Les pensées, « purifie » les corps,
La terreur des hommes en blanc
Face à qui il faut paraître autre, sans fin,
Si on veut un jour ressortir vivant
De cet asile, pas juste dans les jardins.
 
On anticipe les repas sans peine :
Salade de cornichons, cassoulet, rengaines,
Manger sans faim, mais manger :
Surtout ne pas attirer
L’attention
 
Puis corvée, nettoyer
Les W.C., faire la vaisselle, nettoyer
L’évier,
Corvée pour les moins cinglés, les « bons garçons ».
 
Dernière fois : il paraît que je suis guéri
Je sort demain, à ce qui se dit.
Mais méfiance :
Ne pas montrer mes sentiments par avance
 
6 mois pour ce meurtre, de sang froid,
Pour mon plaisir, mais bien sûr, je n’étais pas moi !
Bon avocat. Il faudra que je le remercie.
Je n’ai jamais été fou, mais si facile de faire comme si …
 
 
En attendant, pare-chocs, carrosserie,
Je frotte, et brille, brille
La voiture du directeur
Sympa, à ses heures
 
Mais je ne le regretterai pas.
 
Demain, me réinsérer, faire le mort,
Puis, quand ils m’auront oublié,
Leur montrer qui est le plus fort,
 
Etre celui que j’ai toujours été.
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10 février 1999 3 10 /02 /février /1999 00:00
Par un instinct inné,
Sur son chemin lancé,
Inébranlable.
D’une indigestion de papier, ne reste que sable
Dans sa mémoire,
Et ce qu’il a voulu y voir.
 
Inactif, tout d’abord,
Puis l’initiation, et un travail qui dévore
Tout de lui, temps envies énergie.
 
Matin et soir gaz d’échappement bien inhalés, merci !
 
Il y a les jours « inefficace », toutes pensées inhibées,
Mais il est interdit de s’arrêter.
Il y a les autres, rectilignes et sans inédit,
Et plus il fait le compte aujourd’hui,
Pour ou contre, quitte ou double : près à faire le pas,
Pour pas mieux, peut-être, mais plus près de ses choix.
 
Et demain l’éclaircie, enfin à sa place ?
- Mirage plus crédible que celui d’en face … -
Mais l’instinct s’est tu depuis longtemps.
 
Il attend.
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9 février 1999 2 09 /02 /février /1999 00:00
Dans ces marécages
A l’autre bout de la terre,
Loin des routes à péage
Et des centrales nucléaires,
Comptabilité journalière
De l’horreur,
Répression, coutumière,
Et la peur,
Et la faim.
 
On leur envoie nos conserves, périmées,
Qui ne leur servent à rien,
Et de l’huile de la farine, « en quantité »,
Ou bien rien, parce que c’est loin,
Si loin, « Et puis, ça n’arrive jamais »,
« Et on n’est pas responsables, mine de rien »
 
Qui sait ?
 
Les agrafeuses sur des cartons
Placardent les soldes en lettres de sang.
A tous les étages, dans tous les rayons,
On achète tant
Qu’on peut, « La vie est dure, vous comprenez ? ».
Une autre année a passé
Dans l’indifférence, quoi qu’on en dise.
 
J’ai des images qui me suivent
De ces marécages, d’hier,
D’aujourd’hui, à l’autre bout de la terre,
Ou nous pourrions tant, si enfin …
Pour moins de gens, c’est certain
 
De moins en moins, mais est-ce là une solution ?
 
A chacun sa réponse, je garderai mes questions
Jusqu’à un changement, ou la fin,
Amer et sans espoirs, mais les yeux ouverts
 
Pour de nouvelles images, plus belles qu’hier ?
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5 février 1999 5 05 /02 /février /1999 00:00

Fin

Cancer phase terminale,
Presque mort, déjà.
Le médecin prépare la paperasserie dans une salle
Voisine, pendant que, là,
En demi-cercle au pied du lit,
Sa famille se perd dans la contemplation
Du jambon de ce midi
Et, d’hier soir, le poisson
 
Au cas où il se serait réveillé, au cas …
 
Son frère pense à ses cageots
De pommes, attendant dans le hangar,
Lui, fidèle au poste sur les marchés depuis, oh …
Mais qu’est-ce donc que ces idées bizarres ?
 
Pour son fils, « les toubibs, tous des fumiers ! »
Ils savaient l’inéluctable, mais se sont acharnés, pourtant.
Et il ne sait plus trop à quoi penser
Pour calmer son désir ardent
De tous les étrangler. Quelques vagues cousins,
Sa femme, mais juste son ex, remariée.
Ce qu’elle fait là, on ne sait pas bien.
Après toute la haine de ces dernières années …
 
Le médecin revient, l’examine, soupire,
Dis que c’est fini.
Une infirmière ramasse l’assiette avant de repartir.
- Juste quelques déchets de plus - Et ainsi,
Le va-et-vient continue comme si de rien n’était
 
A peine aura-t-on perçu que, dans cette chambre, quelqu’un pleurait …
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