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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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11 décembre 2005 7 11 /12 /décembre /2005 17:10

Une version courte (environ 1500 caractères) de ce texte figure sur le site de fulgures.com . N'hésitez pas à la découvrir !



Elle est partie sans un mot. Elle a enfilé sa veste, ramassé son sac, cherché ses clefs de voiture. Puis elle a vérifié l’heure, et est sortie, non sans se retourner pour un regard, comme d’habitude, mais mécaniquement, sans me sourire cette fois. Juste un regard mort.

Ma dernière image d’elle.

***


Contraste avec la veille au matin, après une autre de nos nuits… tant de chaleur, et bien du mal à se séparer. Alors se préparer, parce qu’il le faut, parce que « l’amour et l’eau fraiche, ça ne marche que dans les romans ». Mais s’embrasser au passage, furtivement, puis gourmand, autant qu’on le peut. En essayant de ne pas perdre le fil, non, pas vers le lit , « sois sage chéri, il faut y aller ! ». Sourires. Alors allons y.

Quand elle se retourna comme chaque fois, j’étais prêt. Ca arrivait, parfois.

Nous descendîmes enlacés, puis en bas, au moment de se séparer pour rejoindre chacun sa voiture, je me retournai et l’embrassai encore, fougueusement. Nouveauté. Elle me repoussa, enchantée par la démonstration, mais se voulant sérieuse. «  Je vais être en retard chéri ! ». Son sourire me dit que ça le valait bien.

Un baiser. A peine quelques secondes. Qui ont tout changé.


***


Elle prit l’itinéraire habituel à travers les petites rues, jusqu’au boulevard, puis l’autoroute, puis se dirigea tranquillement vers « sa » sortie, ni plus ni moins vite que d’habitude. Simplement la routine.

Mais soudain, juste devant elle, un accident. L’Accident.
78 voitures, 160 morts quand le camion de produits chimiques explosa.

Et elle, garée in extremis sur la bande d’arrêt d’urgence. Indemne.

Elle m’appela. J’étais déjà au courant, on ne parlait que de ça aux infos, et j’avais fait demi-tour, prévenant mon employeur que je prenais ma journée. Nous nous retrouvâmes chez elle.

Elle me dit que c’était son heure, pas celle de ce couple et des trois enfants, dans la voiture devant elle, qui aurait été derrière sans ces quelques secondes… Elle me dit ça puis se tut.

Je lui dis qu’elle avait eu une chance incroyable, qu’elle devait remercier Dieu plutôt que de se torturer ainsi, que si ça avait vraiment été son heure, je ne l’aurais pas embrassée … J’eu beau dire, crier même, et la serrer très fort, elle n’eut plus la moindre réaction. Regard absent, posée sans un geste dans le fauteuil. Moi à ses cotés. Sa tête sur mon épaule. Nos mains serrées.

Nous restâmes ainsi, sans un geste, sans plus un mot, tout le jour, et jusqu’au matin.


***


Je savais ce qu’elle avait en tête. J’aurais pu tenter de l’en empêcher, la retenir, lui faire voir un médecin, que sais-je … mais ça n’aurait fait que retarder l’échéance, j’en suis sûr.

Alors je l’ai laissée partir.

Elle a démarré à la même heure que la veille, moins le baiser. Elle a pris le même itinéraire que d’habitude, à la même vitesse, jusqu’à l’autoroute, puis vers « sa » sortie.

Enfin, arrivée là où elle « aurait du » se trouver, la veille, à la place de l’autre voiture, elle coupa simplement le moteur.
Persuadée que c’était ici que tout devait finir.

Le camion ne put pas l’éviter


***


Les experts cherchent encore à comprendre les raisons de la panne. Je pourrais facilement tout leur expliquer, bien sûr.

Mais « un simple baiser », personne ne le croirait.

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29 octobre 2005 6 29 /10 /octobre /2005 00:00

Marcher dans la rue, un jour sombre, ciel plombé. Ciel qui subitement se déchire, jour de pluie. Et pas de parapluie.
Courir, courir, pour rentrer vite, plus que 20 mètres. Entrer. Il fait bon chez soi.
 
Retirer ses chaussures, sa veste, pour ne pas salir la maison, pour qu'elle ne hurle pas ; mais oublier qu'elle ne supporte pas la moindre goutte d'eau, oublier les cheveux mouillés.
 
Elle hurle.
 
La regarder attraper quelques affaires rapidement, parce que "c'est assez !", la goutte d'eau qui fait déborder le vase en somme.
 
Sauf qu'il y en a plusieurs, chérie, de l'eau tout le long du couloir jusqu'à la porte de la chambre, regarde !
 
La regarder sans bouger, se précipiter vers la porte avec ses affaires, pour cette bêtise. Oublier de prendre son parapluie. Sortir et se retrouver instantanément trempée, avec son sac, son air offusqué, son sale caractère.
 
Ne pas attendre qu'elle change d'avis. Refermer la porte. Après tout elle l'a voulu, et ce n'est pas la première fois qu'elle joue cette comédie, pour rien. Ce sera la dernière.
 
L'écouter un peu sonner à la porte, taper, menacer.  L'écouter et jubiler. Fallait réfléchir avant. Puis s'installer dans le fauteuil, avec un bon verre de porto (interdit par elle) , vivaldi dans le lecteur CD (elle n'aimait que le rock), le bonheur. Enfin total.
 
Demain il sera temps de penser, emballer ses affaires, ... mais là, savourer la liberté retrouvée.
 
Cette liberté que souvent l'on perd en pensant gagner mieux ...
 
 

29/10/2005

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13 juillet 2005 3 13 /07 /juillet /2005 21:14
· Noooooooooooooon, le vase de grand-mère ! Mais enfin, tu ne pouvais pas faire attention, crétin !

· Mais qu'est-ce qu'il foutait là, ce vase, d'abord ? Et cette commode ? C'est quoi encore ces inventions ? T'as encore tout déplacé dans l'appart, c'est ça ?

· Ne change pas de sujet, veux-tu ! Ce n'est pas une excuse pour ne pas regarder !

· Regarder où ? Comment tu voulais que je le vois, ce vase, à travers la porte ? Hein ?

· T'étais pas obligé non plus de l'ouvrir si violemment ! Espèce de brute !
En plus tu sais bien qu'elle est fragile, cette porte !

· Oui, depuis que madame avait placé cette bibliothèque derrière la porte, en oubliant de la fixer au mur, et donc naturellement, au premier choc ...

· Oui, choc, tu l'as dit ! Toi qui claque tes portes chaque fois, c'est bien la preuve !

· Et toi qui t'acharne à planquer des trucs derrière les portes pour en bloquer l'ouverture ! Tu le fais exprès ou quoi ?

· Pas besoin d'ouvrir plus, moi je passe sans problème !
Voilà à quoi sert d'entretenir sa ligne, de manger sainement. Tu devrais essayer !

L'homme, excédé.

· Oh non alors, très peu pour moi ! Ton régime végétarien ... je ne suis pas un lapin, moi ! J'aime bien les carottes, mais que ça ou presque à tous les repas ... et puis tu manges des fleurs aussi, franchement je ne suis pas curieux de savoir le goût que ça peut avoir ...

un temps

puis la femme, avec un demi sourire mutin

· Dit, en parlant de fleurs ... c'est quoi ce bouquet, là, que tu caches si mal ?

L'homme, heureux de reprendre le contrôle de la situation

· Pour toi chérie ...
Il lui présente un superbe bouquet composé de roses rouges et jaunes

· bon anniversaire mon amour.

La femme, radieuse, se jette à son cou. Long baiser langoureux

Puis, un temps

· Mais ... nous n'avons plus de vase, chéri ! Tu sais bien, c'était le dernier !

L'homme, triomphant, sort quelque chose d'un sac qu'il portait

· Je ne t'ai pas encore offert ton cadeau, chérie.

Et là il dévoile un superbe vase ming.

· Je savais bien qu'il valait mieux prévoir ... avec toi ... ! Et puis celui là, tu auras à coeur de ne pas le poser n'importe où !

La femme, se retenant de lui casser le vase sur la tête et de lui découper le visage en lamelles avec les fragments ...

· Quel chance j'ai d'avoir un mari si attentionné !

Fragilité d'un couple ...

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