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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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28 mai 2006 7 28 /05 /mai /2006 23:47

Tu me regardes fugitivement, mais je vois bien à cette lueur d'incompréhension dans ton regard que, déjà, tu ne sais plus qui je suis. C'est tout juste si tu te rappelles d'un moment à l'autre que je suis toujours là, que j'existe, qu'il y a seulement quelques minutes nous faisions l'amour, encore, ultime vertige d'une nuit... ailleurs.


Ultime vestige avant le coup de gomme.


Tu me regardes encore, mais non, tu es déjà au delà, tu as fini de m'effacer. Alors je te parle, mais moi-même je ne m'entends plus. Je vais vers toi et te serre...


Tu n'es plus là.


Ou peut-être est-ce moi qui n'y suis plus ?


A vrai dire je te sens encore, un peu partout autour, mais nulle part précisément... et je ne saurais dire où nous sommes, où nous aurions été...


L'image revient, un peu moins floue. J'ai aussi retrouvé la parole, on dirait.

Je te dis que je t'aime.

Tu ris. Suis-je si ridicule ?


Il y a quelque chose qui cloche, mais je n'arrive pas bien à saisir quoi...


Je secoue la tête pour rassembler mes esprits. Rien ne se passe.


J'ouvre les yeux.


Long soupir. Si même mes fantasmes me fuient...

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26 décembre 2005 1 26 /12 /décembre /2005 21:11
Elle est rentrée vers 17h00. Moi, j’étais déjà là depuis un moment, et pour tout dire, je ne l’attendais pas si tôt. Je savais ses habitudes, elle n’était jamais là avant 19 heures. Il a justement fallu qu’elle bouleverse ses plans aujourd’hui.

Pas le temps de me cacher évidemment. Nez à nez, la belle blonde du 5ème et le cambrioleur. Souriez ! Clic clac.

Elle, son sac à la main, terrorisée.
Moi, au premier coup d’œil, déjà conquis, paralysé.
Elle, déjà, se ressaisit.
Moi, toujours perturbé… trop belle.
Elle, un revolver en main. Sorti de son sac ? La tuile.

- Ne bougez pas !
- Je n’ai pas d’arme, mademoiselle… ne tirez pas !
- Je ne tirerai pas si vous ne bougez pas… bien … je vais appeler la police

Oui mais, problème, on appelle comment la police avec une main occupée par un revolver ?
Bon perdant, je lui proposai mon aide. Je n’ai de toute façon jamais su résister aux femmes.
Je sortis lentement mon téléphone portable, et appelai les secours pour elle.

Ebahie, elle baissa son arme. Mais je décidai de ne pas fuir, pas cette fois.

Quand la police arriva, nous parlions tranquillement depuis … j’aurais dit une éternité. Elle riait à mes histoires. Je la trouvais de plus en plus irrésistible.

Je m’apprêtais à partir quand elle annonça aux agents que c’était une erreur.
Elle ferma la porte, se retourna et sourit.


Cela fait trois mois maintenant. Depuis, nous ne nous sommes plus quittés.

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26 décembre 2005 1 26 /12 /décembre /2005 21:10
Inspirer. Souffrir. Expirer. Souffrir encore. Pas un geste, pas un souffle, pas une pensée… je ne peux rien, la vie est souffrance. Je hurle, ils changent la perfusion, je hurle moins, mais mal, mal, tellement mal dedans. Je m’évanouis. Fuite.

Je me réveille, moins mal, des images plein la tête. Hier, la vie était fête. En boîte jusqu’à … sais plus. Boire, danser… serrés… Cathy, si belle, féline, Cathy… où es-tu ? J’ai maaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaal. Evanouis encore.

Autres images, encore hier. La vie était vitesse, tracer la route, gagner la demi-seconde, se dégriser à la vitesse, et rentrer, vite, vite. Jeux de gamins, jeux d’alcool… jeux de cons ? Ma vie toute entière dans le choc. J’avais ma ceinture. Les autres ? Sais plus. Ouvrir, fermer les yeux, pas de différence. Bandages ? bouger ? peux pas. Parler ? non plus. Les autres ? mal au cœur.

Je vois. Flou, très. Maman ? oui, c’est bien elle. Oui maman je te reconnais. Sourire. Peut pas parler excuse-moi, tu sais ? Le médecin te l’a dit, ok.
Je peux bouger une main, le reste plâtré. La vie est momifiée. Papier, crayon. Depuis quand je suis ici ? 1 semaine. Les autres ?
Ton regard se voile. Non, pitié nooooooo...

Les autres : Florent, Pascal, mes deux frères. Cathy, ma fiancée. Et moi, Thomas, le seul à avoir bouclé ma ceinture. Le seul que l’accident n’ait pas tué. Je sors aujourd’hui de l’hôpital, avec des béquilles mais ça va. La vie est chance. Mon corps est entier, je suis debout.
Pour le reste, il manquera toujours quelque chose.

Trop d’alcool, tous, pour fêter le bac.
Trop de douleur au fond aujourd’hui. Tête morte.
Trop peu de raisons de continuer.
Trop peu de bonheur à venir, hanté…

La vie est mémoire. Manque. Toujours souffrance.

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23 décembre 2005 5 23 /12 /décembre /2005 21:08
Thomas guettait l’horloge. 23h45. Dans un quart d’heure il serait libre.
Ses mains tremblaient un peu, mais pas l’ombre du manque. Le clavier n’était plus l’ennemi. A l’écran, la page restait blanche.

Les mots avaient été sa prison depuis 12 ans. Il était certes un écrivain mondialement célèbre, riche, et quelle que soit la qualité de sa production, il se trouvait toujours quelques millions de personnes pour acheter son dernier livre. Mais ce confort, il n’en avait pas profité. Possédé par les mots, il avait perdu sa femme. Ses enfants n’avaient plus voulu le voir, à quoi bon, il avait toujours un chapitre à achever, puis un autre, puis … fin du week-end. Il s’était éloigné de ses amis, ne restaient que des gens « du métier », dont son éditeur.
Il s’était éloigné de la musique (besoin de silence pour écrire), des spectacles, du cinéma. Il ne lisait plus, avait jeté sa télé, ignorait l’actualité. Un vrai ermite, en haut de sa montagne de pages.

Un jour, devant le miroir, le choc : hirsute, sale, débraillé. Sans la moindre idée de l’heure ni du contenu de son dernier repas.

Il tenta tout pour se désintoxiquer. En vain.
Les mots le prenaient n’importe quand, le harcelaient jusqu’à ce qu’il cède, le réveillaient, et même parfois le plaçaient dans un état second pour s’écrire eux-mêmes.

Mais pas aujourd’hui.
Gagné !!! 23h58. 24h sans écrire.

Soudain il y eut comme un vide. Intense. Grandissant.

23h59

Thomas suffoquait, sûr soudain qu’il perdait là l’essentiel, sa raison d’être.
Il poussa un soupir désespéré.

Ses doigts accompagnèrent le mouvement sur le clavier.

La nuit passa à apaiser le malaise.

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19 décembre 2005 1 19 /12 /décembre /2005 21:06
Tu regardes cette jeune femme assise de l’autre coté de l’allée, un peu plus loin. Elle est seule, très triste, et elle t’attire irrésistiblement depuis que tu es monté dans le train il y a 5 minutes. Tu réfléchis à un moyen de l’aborder, en douceur, un moyen pour qu’elle ne te prenne pas pour un dragueur de base, pour qu’elle te sourie au lieu de se fermer. Tu décides de te laisser un peu plus de temps pour chercher. C’est plus prudent.

Comme le contrôleur passe, le regard de la femme accroche brièvement le tien, et tu te sens brûler dedans. Peut-être le perçoit-elle, car ses yeux reviennent vers toi. Son visage s’éclaire un peu. Invitation ou rêve éveillé ? Tu cherches encore.

Soudain tu respires un grand coup et tu te lèves, prêt à toutes les folies, parce que ça ne peut pas durer comme ça, c’est trop bête, il est temps d’être un homme, tu commences tout de suite. Tes pas te rapprochent d’elle, peu à peu. Trop lentement, mais le train s’agite, et tu ne veux pas d’une chute comme première impression. Pas l’idéal.

Soudain la porte du compartiment s’ouvre devant toi, un homme rentre, s’assied prêt d’elle. Elle lui sourit, l’embrasse. Game over, elle n’était pas seule. Et tu as rêvé sa tristesse, avoue que ça t’arrangeait bien !

Tu avances sans un regard, sans t’arrêter, jusqu’aux toilettes. Pour te donner une contenance.

A ton retour 2 minutes après, le train est à l’arrêt. Le couple n’est plus là. Tu sais déjà que tu n’oublieras jamais cette femme. En tout cas tu le crois.

Mais dans quelques heures, semaines ou années, tu en croiseras une autre, et tu oublieras tout.

C’est la vie.

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