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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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29 août 2006 2 29 /08 /août /2006 10:20
Petit matin un peu glauque. Pas longtemps que j'ai ouvert les yeux. Là, je fume une cigarette sur le balcon. Pas dormi plus d'une heure, l'alcool fait son effet, mais je suis bien, simplement bien.

Je me retourne et le contemple. Non, ce n'est pas un rêve, il est là, bien là. Chaleur dans mon ventre. Et ce n'est vraiment pas un rêve, c'est en fait beaucoup mieux que ça... la réalité est ce que j'ai voulu en faire. Et lui, je l'ai voulu, vraiment voulu...

Ca n'a pas été simple. 3 ans qu'il ne me regardait pas, qu'il courait après ses chimères, après cette fille inaccessible... pourquoi ? Avait-il donc besoin de souffrir autant pour se sentir vivant ? Et moi, quel besoin de m'accrocher ainsi à lui ?
J'ai d'abord cru que c'était le plaisir de la conquête, un défi que je me lançais... comme toutes les autres fois... d'ailleurs c'est ce qui l'a fait reculer, longtemps. Ma réputation. J'ai très vite su que ça allait beaucoup plus loin. Il a mis plus de temps à le comprendre.
Mais à force de présence, d'écoute, de douceur... nous voilà maintenant.

Dans son demi-sommeil, il me regarde.
Ce qu'il est beau...

J'achève ma cigarette et doucement, je vais me recoucher tout contre lui.

Instant suspendu.
Se retournera, se retournera pas ... ?

Il se retourne.

La suite n'appartient qu'à nous. Et encore la suite...

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23 août 2006 3 23 /08 /août /2006 09:31
Et la poussière retourne à la poussière... mais la transition est progressive. D'abord la vie dissout, dilue peu à peu. Et ce qui résiste, la mort le brise. Mais en vérité il ne reste que peu, car, au fil du temps, le vent souffle, la foudre fragmente l'âme, des pans entiers s'égarent on ne sait trop où...

Ils disent qu'on n'y perd ainsi que des illusions, en chemin. Moi, je sais que c'est le goût de vivre lui-même qui se décompose. Juste comme une petite gorgée d'un alcool très fort : on fait durer, on sent toutes les nuances, mais à la fin il ne reste quand même que la brûlure, et un mauvais goût en bouche.
L'alcool a ses gueules de bois, la vie son cercueil. C'est plus définitif, mais ce n'est pas la même matière pour rien.

On perd l'envie, donc... et derrière, la mort qui vient est une délivrance, et plus même : une raison d'espérer et craindre, encore, à nouveau. Une nouvelle aventure, un peut-être. Plus du tout une fin.

Tout est relatif.

Pourtant, il reste la peur, au moment d'éteindre la lumière. Pas de mes propres pensées, oh non... Depuis le temps, on se connait trop bien elles et moi, on se respecte je dirais. Chacun sa tranche horaire, et tout va bien dans le meilleur des mondes. Non, c'est plutôt l'angoisse diffuse que ce soit la dernière fois : ne plus jamais ouvrir les yeux sur la lumière, ne plus me sentir respirer, ni le moindre craquement dans les os, la moindre douleur.
Et puis le lever du soleil. Etonnant comment au crépuscule d'une vie, on en vient de plus en plus à guetter l'aube, à s'en emplir jusqu'à déborder, comme s'il était encore possible de tout recommencer, comme si...


Mais non, je ne pleure pas, fils ! Seulement un peu mal aux yeux
Apporte-moi mes lunettes, s'il te plaît.


Voilà... Où en étais-je ? Ah oui, le lever du soleil.
Ce matin, pour la première fois depuis 30 ans, je l'ai manqué. Pas très grave, peut-être, mais c'est maintenant, alors que les heures me sont comptées, précisément maintenant que j'en aurais eu le plus besoin. Comme de toutes ces petites choses que l'on vous refuse si "raisonnablement" ici. Et rien n'est jamais très grave, non, personne pour s'en plaindre de ceux qui sont passés entre ces murs.

Et pour cause !

Mais ne perdons pas de temps avec ces détails. L'essentiel est ailleurs, qui n'attendra plus très longtemps.

Je me suis souvent interrogé sur les dernières minutes de la dernière heure. Nous y voilà.


Non, ne pleure pas s'il te plaît. Sinon je vais recommencer aussi...


Tu es là, à mes côtés, mon enfant, le plus beau cadeau que la vie puisse faire à un homme. Parfois amer, surtout quand on a tellement peur de mal faire que l'on fait n'importe quoi.
A te voir, là, on dirait quand même que je ne m'en suis pas si mal tiré. Mais il faut bien avouer que si ta mère n'avait pas été là pour rectifier le tir...

Maria.

Elle m'a tant manqué, tu sais ? Ne pleure pas. Il y a un après, bien sûr qu'il y en a un. Aujourd'hui, c'est le début de mon éternité auprès d'elle.
Nous t'attendrons. Le plus longtemps possible.


Allez, embrasse-moi, et laisse-moi faire mon dernier pas, seul, comme je pense qu'on doit tous l'être pour pouvoir le réussir. Je ne voudrais pas arriver devant ta mère en trébuchant ! Tu la connais, avec sa façon de se moquer, si douce...



Le vieil homme est seul maintenant. Avec son grand verre d'eau, ses toutes petites pilules, sa vie entière dans un prénom qu'il murmure, une dernière fois, avant d'avaler.

Son cancer déjà loin derrière lui.

Son fils juste à côté, derrière la vitre, le regarde les yeux noyés. Et lui respire à fond. Encore une fois.

Puis ferme les yeux.

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21 juin 2006 3 21 /06 /juin /2006 12:00
Ce texte a été écrit pour figurer sur le site Fulgures (1500 caractères maximum).



Vous vous croyez invincible, immortel. Bien sûr, comme tout le monde, vous avez parfois des petits bobos, des moments de fatigue, des "j'suis pas bien", mais ça ne dure pas très longtemps, juste les aléas de la vie.
Vous ne pouvez imaginer une seconde que ça soit pire.

Et puis les douleurs s'accumulent, la fatigue augmente, les problèmes persistent, mais, évidemment, ça n'a jamais les mêmes causes.

Mais si...

Mais non. Vous n'y pensez pas.

Jusqu'au jour où vous ne pouvez plus vous le cacher. Vertiges, douleurs croissantes... vous inventez encore des causes mais vous avez besoin qu'un médecin confirme, donne une solution, un médicament quelques jours et puis basta.

Et le médecin vous écoute, vous ausculte, mais ne dit rien.
Puis vous renvoie vers un autre médecin, un spécialiste.

La peur s'installe, mais non impossible, il s'inquiète pour rien ce médecin... "la prochaine fois j'irai en voir un autre !"

Spécialiste, tests divers. Vous en connaissez certains, et les résultats à obtenir.

Les vôtres ne collent pas.

Angoisse.

Et là, vous aimeriez qu'il vous dise clairement ce qu'il faut faire, quel médicament prendre, à quel régime se soumettre, quel rythme de vie maintenir. Mais ce n'est pas si simple, et il faudra attendre d'autres résultats.
Et en attendant ? Votre état n'est pas critique, juste très sérieux. Au revoir monsieur, à bientôt pour les résultats.

Et dans l'intervalle, que faire de la terreur qui monte ?

Plus possible de faire semblant.

Game over.

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19 juin 2006 1 19 /06 /juin /2006 12:41
Ce texte a été écrit pour figurer sur le site Fulgures (1500 caractères maximum). Ceci explique la concision du récit...



Quand la voiture a explosé, je n'ai pas compris. Bien sûr Muriano m'en voulait pour sa marchandise... mais pourquoi maintenant, après tout ce temps ? Et pourquoi s'en prendre à Catherine ?
J'avais rompu avec elle depuis déjà un moment, et Muriano le savait. Elle était passée récupérer quelques affaires... des bibelots, rien qui mérite de sauter au plafond, encore moins sur une bombe...

Mais les voies de Muriano sont impénétrables.

Soudain je remarque le clignotement de mon répondeur. Peut-être l'explication est-elle là ?
Mais au moment d'appuyer, un doute m'étreint...

boum ?

Mais non, c'est impossible... s'il avait voulu me tuer, il aurait pu le faire n'importe quand les deux derniers mois. Décidément je ne vois pas pourquoi maintenant.

J'enfonce le bouton. Et je reste estomaqué, comme la voix de Catherine m'envahit.

"Quand tu entendras ce message, je serai morte sans doute. Je n'ai que ce que je mérite, j'ai trompé tout le monde. Toi en étant sa maîtresse. Vous deux en piquant la marchandise. J'ai tenté de faire croire que c'était toi... mais je suppose qu'il a compris tout de suite, il m'a fait suivre..."

"Tu dois te demander pourquoi ? Parce que je te hais pour l'enfant que tu ne voulais pas. Tu vas bientôt savoir à quel point".

Un flash : je repense à son briquet, oublié en partant.
Je l'ouvre : la puce est là.

Ma porte vole en éclat.
Suivie de ma tête dans le viseur de Muriano.

Il ne faut jamais dire non à une femme...

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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 16:29
A quoi sert encore d'aller jusqu'au bout du monde pour elle... Elle n'est pas voyageuse. Ou alors elle garde ses instincts les plus casaniers pour ma présence, cadeau !

Plus simplement, elle ne veut se montrer nulle part à mes cotés. Même pas à la boulangerie du quartier, même pas devant le miroir chez elle. Même pas dans mes yeux.

Même pas en rêve.

Il faudrait alors que je réapprenne à rêver ailleurs... mais moi non plus je n'ai jamais été voyageur. Question de personnes, pas de lieux. Et pour ce qui est de personnes...

Je crois bien que je deviens allergique aux autres.

Ca a commencé insidieusement, à petits pas, déceptions après échecs, coups bas après rejets... Il paraît que ça ne se soigne qu'au contact d'autres, et encore d'autres, et encore...

STOP ! C'est de pire en pire !

J'erre je ne sais pas trop où. Il paraît que c'est chez moi. Je voyage donc de chez moi à chez moi, l'entre-deux m'échappe, et je me sens étranger partout...

Alors à quoi sert d'aller jusqu'au bout du monde, pour me sentir juste comme chez moi ?

Pour me sentir à nouveau heureux, un jour ?

Je ne veux même plus en rêver. Rêver, ça fait trop mal, quand on oublie de faire la différence avec la réalité, quand on veut y croire...

Je ne veux plus qu'un quotidien paisible. Rien qui dépasse.

Mais est-ce VRAIMENT ce que je veux ?

Ou simplement tout ce dont je suis encore capable ?

Grosse fatigue...

Bluesy day

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