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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 13:30
- Bonjour, monsieur Berthier ! Comment se sent-on, aujourd’hui ?
- Bien, Docteur...
- Vous êtes sûr ? Vous me semblez fiévreux.
- C'est-à-dire que … j’ai fait un cauchemar.
- Ah ? Racontez-moi ça.
- C’était… horrible ! Si réaliste… J’étais attaché ici, dans cette chambre… jusque là c’est réel, pour éviter que je me fasse du mal, je sais. Mais là, vous en profitiez pour me torturer.
- Vous torturer ?
- D’abord ce produit, qui brûle atrocement dans mes veines… puis les électrochocs. Et d’autres choses, je ne me rappelle pas bien…
- Vous souvenez vous pourquoi je vous traitais ainsi ?
- (après une longue hésitation, soudain nerveux) Non.
- Réfléchissez ! Vous savez que c’est essentiel pour votre thérapie.

Berthier se concentra, longuement. Et finit par renoncer, abattu.

Folin soupira.

- Nous ne progressons pas, monsieur Berthier… Vous avez toujours autant de mal à vous rappeler des choses les plus évidentes…
- oui mais… ce n’est qu’un cauchemar après tout !

Le docteur prit une poche de produit, pour la perfusion

- Cela va plus loin, beaucoup plus loin que ça... Je vais devoir vous aider à vous souvenir.

Berthier sembla comprendre, ses yeux se révulsèrent.

- Non, je… non !
- Vous voyez votre erreur ? Si ce n’était qu’un cauchemar… mais non…

Il hurla comme le produit pénétrait son système sanguin.

- … vous ne faites toujours pas mieux la différence entre réel et imaginaire… mais ne vous inquiétez pas, on va y arriver…

On amena l’électro-stimulateur. Avec son casque, c’est à peine si Folin entendit les infirmières. Il connecta rapidement l’appareil, et alluma.

- Je vous jure que nous allons y arriver…

 17/12/2005
 (texte republié)

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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 23:47
Il y a cet éclat particulier sur l'océan, ce moment où l'eau et le feu se confondent... la marée et le ressac continuent leur jeu hypnotique, l'air est salé juste ce qu'il faut... peu à peu la lumière se tamise. Perdu dans les mouvements de l'eau, j'en oublierais presque ta main dans la mienne, tant j'ai déjà oublié tout le reste.
Mais tu as perçu mon trouble alors tu te rapproches un peu, et tu me serres.

Je tremble.
Ce n'est ni de froid, ni de peur. Sans doute de vide, d'insignifiance, devant cette immensité que je nomme Vérité.

Mais je sens qu'elle nous bénit alors le trouble passe.

Je me lève, et nous rentrons.
Je ne suis pas encore tout à fait revenu auprès de toi. Tu le sens, mais tu me comprends. Question de temps, et tu es patiente.

La lune prétend que la nuit sera belle. Ton regard est d'accord.

Demain nous reviendrons devant l'océan, un peu avant que le soleil ne se couche. Et tout recommencera. Il y a des attractions auxquelles on n'échappe pas... et pourquoi le faudrait-il, d'ailleurs ?

Je te regarde et je suis en paix.

La nuit est belle. Toi encore plus.
L'amour aussi est un océan...

(texte republié)

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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 16:00
C'est la fin du monde aujourd'hui, ils l'ont dit ce matin à la télé. Certains n'ont pas cru à la nouvelle, et même maintenant, certains n'en croient toujours pas leurs yeux...
Les autres sautent par les fenêtres, se jettent dans le canal avec leur voiture, ou se contentent de chialer en avançant au hasard...

Et moi, je me marre. Spectacle gratuit !

Qu'est-ce qu'ils croyaient, que ça allait pouvoir durer éternellement ? Franchement... la pollution, les essais nucléaires, l'épuisement des ressources de la planète... la vache folle la peste porcine la grippe avière les poissons mazoutés... il fallait bien qu'un jour quelque chose, comme une goutte d'eau en trop, nous noie pour de bon.

Mais à force de croire que ça viendrait de nous, personne ne pensait plus que ça pourrait aussi ne rien nous devoir... après tout, on n'est pas l'univers entier, non plus !

Bref, le météore là dans le ciel, à coté du soleil mais en plus gros, qui sera là dans une minute ou deux maintenant, et bien "c'est pas nous !".

Idée vertigineuse.

En attendant, je savoure l'instant : un bon repas fini depuis une heure, promenade digestive en écoutant Mozart sur mon lecteur mp3... finalement on n'aura rien fait de mieux que la musique...

Je souris à l'idée de ne plus devoir supporter mon patron, ma femme, les cons, la vie, un jour de plus.

Ouf ! Merci Mon Dieu, et faites que je ne rêve pas s'il vous plaît !

Ils passaient Deep Impact à la télé hier.
Veux pas être endormi devant.

Veux pas...

(texte republié)

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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 01:48
Je n'ai plus à te craindre, désormais.
Tu es mort ce matin.

Tes hurlements ne hanteront plus ces minutes noires, tes paroles sans sens, tes chants si faux à tue-tête. Plus de maux de tête, de mauvaise humeur pour toute la journée. Plus d'appréhension à l'heure de me coucher, à l'heure de décider que cela suffit, pas un autre matin comme celui-là. Mais comment faire autrement, comment ?

J'aurais pu te faire taire bien sûr, j'avais des arguments, toutes les cartes en main. Au pire je pouvais te fuir. Mais je n'ai pas été assez fort, j'ai pris sur moi, j'ai subi tant et plus, parce que c'est ce qu'ils font tous, les autres...

Aujourd'hui je te contemple, là, à côté du lit, sans vie, et pas un regret ne m'habite, pas une larme ne vient pour honorer ta mémoire, seulement un soulagement infini.

Plus de réveils en sursaut, de tâtonnements tympans violés pour trouver la lumière, me lever, et finalement commencer la journée.

Tu es mort ce matin. Je ne te remplacerai pas.

A l'avenir c'est le chat qui me réveillera.

J'en ai assez des radio-réveils.

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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 10:29
une nuit comme tant d'autres, dans une ruelle sordide, des femmes dans les vitrines
une rousse flamboyante s'approche d'un petit homme bedonnant, aguicheuse

- Salut mon mignon... tu montes ?

Le mec a du mal à reprendre son souffle, le regard rivé sur la poitrine plantureuse de la jeune femme

- euuuuh... c'est combien ?

Elle répond, provocante...

- 200 la demi-heure, chéri... ou 50 pour une pipe bien faite...

l'homme ravale sa salive

- non non, la demi-heure c'est bien... c'est très bien... alors où va-t-on ?

la femme le prend par la main, sûre d'elle, de plus en plus aguicheuse, et l'attire vers l'entrée du petit hôtel. Ils montent l'escalier, sans un mot.

Mais arrivé à la porte de la chambre, l'homme se ravise.


- Dis... tu as ton diplôme ?

elle, amusée

- t'en fais pas, mon beau, je maîtrise ! Tu vas en avoir pour ton argent...

lui, insistant

- oui mais... tu as ton diplôme ? Je voudrais le voir !

elle, énervée

- mon diplôme de quoi ? qu'est-ce que c'est que cette histoire ? T'es bizarre toi, comme mec, tu sais. Allez, vient, tu me fais perdre mon temps !

lui, fait un pas en arrière

- Bon, tu l'as ou pas ton diplôme de prostituée ? Tu me le montres ou je me casse !

elle, excédée

- eh bien casse-toi, connard ! non mais tu te crois où ? Retourne à l'asile, là t'auras des diplomés tant que t'en voudras !


L'homme fait demi-tour et dégringole l'escalier. La jeune femme se laisse glisser contre la porte, les yeux brillants, perdue dans ses pensées

"époque de merde... faut des diplômes pour tout maintenant. Même vendre son cul, on ne peut plus le faire sans études."

Déjà le 10ème qui lui fait le coup cette nuit.

Mais elle se relève, descend l'escalier à son tour, et retourne sur le trottoir.
Après tout, y en aura bien un ou deux pour ne pas le lui demander, ce foutu diplôme...



12/08/2007
délire, cette histoire ? Qui sait...
lisez ceci, publié par Marianne sur "Un monde meilleur"
et dites-moi ce que vous en pensez...

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