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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 07:17
Ce matin tu m'as dit : "j'en ai assez, cette fois c'est la fin ! ". Et puis tu m'as planté là, sur cette scène mal écrite, que tu avais voulu présenter comme une conclusion. Mais tu te trompais, ce n'était que le début.

Dans les blancs de ta véhémence, il me fallut bien deviner le "pourquoi" que tu avais gardé pour toi, chercher un sens à tes mots. Car il y en avait sûrement un, on n'arrive pas à de tels extrèmes sans raisons.
Je dus ignorer ma douleur, prendre du recul, pour pouvoir écrire vraiment l'histoire que tu n'avais qu'ébauchée, la suite inéluctable dont tu m'avais laissé la responsabilité, et qui n'appartiendrait donc qu'à moi.

Ce soir, ton regard embué se pose sur les caisses, les valises, le camion, et tu me dis "Arrête ça, je ne pensais pas ce que je t'ai dit, je t'aime". Et tu me proposes à nouveau une fin à ta manière, mais tu te trompes encore. Ce ne serait rien d'autre qu'un retour au début du film, avant même la première seconde. Mais je l'ai vu ce film,  comment l'oublier ? On ne peut vivre deux fois les mêmes moments, ceux-ci ne pourront être autres parce que tu les regrettes. Ils t'ont changée, autant qu'ils l'ont fait pour moi. On ne peut revenir en arrière que quand tout reste identique par ailleurs, comme dans un film. Sinon, on continue.

Je continue. Sans toi.

Tu pleures. Je démarre.
Je pleure. Mais il était trop tard.
Il me manque encore la suite à donner à ce nouveau départ. Mais je trouverai...

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 02:48
Texte modifié et republié dans le cadre de l'exercice 25 de la communauté Ecriture ludique : "La page blanche"



Je n’ai pas fini mon texte pour la prochaine édition.

Vieille habitude, les mots tardent toujours à venir. Il faut avouer que je suis assez complaisant avec ce manque d’ardeur de mon inspiration... tant qu’elle finit par venir à temps.
Au besoin, quand « l’équation » ne tombe pas juste, j’additionne un peu (beaucoup) d’alcool, je multiplie par le spectacle de mes collègues en retard eux aussi, je me soustrais au stress du rédac-chef… et j’accouche comme je peux, priant l'angoisse de la page blanche de se diviser suffisamment.

Mais là, plus que 10 minutes, et rien. Le vide.

Certains tricheraient, à ma place. Mais un billet d’humeur sans humeur, je ne peux pas. Je ne suis pas payé pour faire de la littérature, mais pour faire vrai. Et le vrai, ça ne se commande pas.

Merde, j’aurais pas du boire autant ! Deux bouteilles trop tard, coco ! Bues en douce, mais personne n’est dupe. Tant que je boucle dans les temps, ils regardent ailleurs, mais ils espèrent tous que je finisse par m’étaler.

Ce soir ?

Quel métier de con ! Sans cesse obligé de trouver des raisons de m’indigner, « parce que trop c’est trop, ça ne peut plus durer ainsi ! »… et tout ça avec style, humour, élégance… Moi qui suis plutôt un gars calme, trop même, qui ne « lâche la vapeur » que quand je bois.
Alors je bois, et j’écris. Mais pas ce soir.

A moins que… ?
La complainte de l’éditorialiste devant sa copie blanche ? C’est bien mon humeur du jour, non ?

5 minutes pour torcher mon papier. 1500 signes maxi, comme d’hab. Mais pour ça, on peut toujours tricher, faut pas trop pousser quand même !


Voilà, c’est fait, le rédac-chef ramasse les copies. Regard en coin. C’est pas encore pour cette fois, cowboy !

Je ne me promettrai pas de faire mieux demain. Juste rentrer droit si possible, et dormir.

Au réveil, penser à démissionner ?
Surtout ne pas oublier…

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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 16:45
Un passage mitonné par lui, un par moi, et ainsi de suite... c'est ainsi qu'est né ce texte, un après-midi, sur le forum "vos blogs" d'Over-blog.

Kildar l'a publié, alors à mon tour... N'hésitez pas à commenter sur les deux blogs :-)


Harry plaqua un sourire sur ses lèvres. L'étincelle fugitive qui passa dans son regard ne trompait pas : du sang allait couler et pas obligatoirement le sien....
 
Mais son adversaire était méfiant, il allait devoir ruser... il ne se souvenait que trop de la lame plongeant vers son ventre, et déviant on ne sait comment sur une côte... La prochaine fois, il vaudrait mieux ne plus dépendre ainsi de la chance...
 
Son sourire s'épanouit... Comme disait le proverbe " 357 Magnum beats a knife"...
 
Mais Harry n'avait pas prévu que l'autre porterait un gilet pare-balles... Deux tirs pour rien, et il évita de justesse un couteau cherchant son œil droit... ça allait être chaud !
 
Il entendit une voix lui murmurer à l'oreille :
 
"Quand le héron aperçoit le renard il remercie Bouddha de lui avoir donné un bec aussi long que ses jambes."
 
Il n'hésita pas un seul instant, fléchit les jambes pour éviter une nouvelle lame et, d'un bond, plaça le canon de son Magnum derrière l'oreille gauche de son adversaire le prenant de court.

Alors Harry appuya sur la détente...
 
Mais son adversaire était rapide le bougre, très rapide, presque trop. Il faillit bien réussir à éviter le tir, encore. Mais il choisit le mauvais côté pour bouger, et la balle lui défonça le crane de part en part par l'arrière...
 
Ca y est, je l'ai eu, pensa Harry. Mais bien sûr il savait que la lutte ne faisait que commencer. D'autres que celui-là auraient vite fait de le retrouver... ainsi que sa prochaine incarnation. Il valait mieux qu'il ne traîne pas trop dans les parages...

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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 14:37
Voilà ma contribution au Jeu " Début & Fin" lancé par Kildar, auquel Claire Ogie et lui ont également participé. Leurs textes sont accessibles sur leurs blogs respectifs, et via la communauté "Ecriture ludique" (voir le module "Communautés", dans la colonne de gauche).
Les phrases en gras (début et fin du texte) sont imposées par l'exercice


La Mort en ce jardin était venue propice,
et restait sur sa faim au bord du précipice...

Kildar

La pièce avait un haut plafond victorien, et il y avait une cheminée de marbre, et un avocatier qui poussait sur la fenêtre, et elle était couchée près de moi et dormait, très belle et blondement.

Je ne sais pas ce que j'avais cru, en la ramenant ici... peut-être que celle-ci serait différente. Mais il n'y avait jamais eu qu'une seule fin à ces rencontres d'un soir, une seule sortie qui me ramenait invariablement sur la même route... Elles n'étaient rien de plus que des accidents de parcours, pour moi du moins. De leur côté, ce n'était que calculs plus ou moins sournois pour arriver jusqu'à moi. Parce que j'avais Le Pouvoir, à ce qu'on leur avait raconté.

Maudit Pouvoir...

Tout espoir était mort depuis longtemps sur cette terre, plus rien d'humain n'y subsistait, seulement des apparences, des zombies se prenant pour ce qu'ils n'avaient jamais été. C'était le territoire des Ombres désormais. Ils auraient dû renoncer, tous, et depuis très longtemps, à ces légendes absurdes qui leur affirmait que ce n'était pas irrémédiable, qu'un jour viendrait où le ciel se dégagerait enfin, où les hommes pourraient reconquérir ce monde autrefois florissant. On racontait même que quelque part, une petite communauté avait déjà commencé le travail... Je ne m'étais jamais demandé ce que devenaient ces êtres, après qu'ils aient croisés mon chemin. D'autres se chargeaient de la suite de leur parcours. Alors pour moi ce n'était que légende... je préférais en tout cas qu'il en soit ainsi.

Mais certains avaient vu les miracles, ou on leur avait raconté. Alors ils n'hésitaient pas à vendre leur âme, ou ce qu'il en restait, pour approcher ne fusse qu'un instant l'un ou l'autre des Passeurs d'Ombres.

Ainsi était-elle venue jusqu'à moi.

C'était un être décharné, aux chairs grisâtres, les yeux injectés de sang, les cheveux entre vert sombre et noir. J'ignore comment elle avait pu réussir à passer les uns après les autres tous les niveaux de ma cour pour enfin pouvoir demander Audience... A vrai dire, je préfère ne même pas imaginer. Il y a des limites à mon goût naturel pour les horreurs de ces temps.

D'emblée elle avait tout tenté pour me séduire, mais j'avais des exigences très particulières, et toute sa répugnance n'aurait pu me suffire.
Moi ce que je voulais, c'était ce qui la faisait encore tenir debout, se croire humaine, cette petite lueur au fond des yeux, si bien dissimulée par les Ombres, et qui ne pouvait se révéler que sous les tortures les plus atroces.
Elle aurait ce qu'elle attendait de moi, ce qu'elle était venue chercher. Mais pour cela j'allais d'abord la briser, avant de la reconstruire.

Toute la nuit n'avait été que hurlements, supplications, pour que j'arrête, pour que je n'arrête pas, entrecoupé seulement de quelques moments d'évanouissement, où il me fallut comme toujours user de drogues diverses pour la relever.
Mais au bout de bien trop longues heures pour sa santé mentale, enfin j'avais vu la lueur, là, prise au piège des souffrances sans nom que j'infligeais à son hôte.

Alors j'appelai Le Pouvoir à moi... et dans un dernier cri, elle s'extrait de cet amas de chairs sanguinolentes, sadiquement déchirées, et passa.


Ce qu'elle était devenue ne m'intéressait plus. J'avais été humain, jadis, et je n'étais pas encore assez vieux pour avoir oublié le bonheur de contempler une si belle femme allongée, nue, offerte. Mais ce que par Le Pouvoir, j'enlevais comme poids de l'âme de ces pauvres débris d'humanité, s'ajoutait peu à peu à mon propre poids. Je ne serais jamais plus ce que j'avais été, contrairement à elle et ses semblables qui pouvaient encore l'espérer. Elle n'avait aucun intérêt pour moi.

Je me détournai d'elle, et me concentrai sur le Miroir. Il fallait que je maîtrise cette nouvelle force qui cherchait à me dominer.

Pendant ce temps, elle dormait. C'était mieux ainsi. Depuis sa naissance, elle n'avait jamais dormi. Il allait lui falloir plusieurs semaines avant de sortir de ce coma où le Passage l'avait conduite, et qu'un Réveilleur vienne la prendre pour l'amener vers son destin. Ca ne me concernait plus. Bientôt, des domestiques l'emmeneraient dormir ailleurs, et je retournerais à la solitude de ma nature, point d'équilibre entre les lois du temps présent et l'espoir de lendemains meilleurs, pivot condamné à pivoter éternellement.

Je n'aurais aucun salut. Moi et mes frères, à la fin, quand les Ombres auront été vaincues, nous resterons seuls ici, incapable de nous faire mutuellement passer, car le poids serait trop lourd...



Des heures plus tard, mon regard repassa du Miroir à son corps, paisible.

Je ne sais pas ce que j'avais cru, en la ramenant ici... peut-être que celle-là voudrait juste être avec moi pour moi, m'aimer, un peu... pas comme toutes les autres, seulement attendre quelque chose de moi.

Elle l'avait payé cher, mais ça ne m'apaisait pas. J'étais encore plus seul qu'avant. Et elle m'avait échappé, comme toutes les autres, comme le voulait Le Pouvoir, ma nature.

Passeur d'Ombres... presque une Ombre, déjà...


Elle était étendue là, profondément endormie ; ses errances étaient terminées et les miennes ne faisaient que commencer.

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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 20:47
C'était à Paris, ou à Pékin, je ne sais plus. Le soir, au fond d'une chambre d'hôtel sordide, toutes les villes se ressemblent. Il y avait cette femme, dont j'avais croisé le regard. Elle n'était pas dans cette chambre, mais c'était tout comme. Elle était partout, absolument partout. Dans cette chambre, il n'y avait que moi, et ma plume qui courait sur le papier, comme souvent quand je veux me libérer d'une mission particulièrement intense. Mais il n'était question que d'elle, évidemment. C'était pareil que dans les cinq villes précédentes. Quand tu voyages, tu emportes forcément tes démons avec toi. Ils mettent un peu de temps à s'adapter aux nouveaux décors, mais ils finissent toujours par se réveiller.

Ce soir-là, dans cet hôtel, ils faisaient la fête comme jamais.

C'était à Paris, ou à Pékin... qu'importe. Une ville de plus dans la liste, et c'est tout. Je ne voyageais que pour affaire, avant. Là, j'étais désoeuvré. Je restais dans la chambre, je descendais seulement pour acheter à manger au petit snack à côté... Le patron ne me remarquait plus, je faisais déjà partie du décor. Pourtant je ne devais pas être là depuis si longtemps... je ne sais plus. Le temps s'écoule différemment depuis qu'elle a croisé mon regard, ce jour lointain.

J'étais désoeuvré, pour la première fois de ma vie. C'était je ne sais plus où, je m'en fous. C'était n'importe où mais pas là où elle était, avant que nos regards... Là où elle n'était plus de toute façon.

Ce n'était pas le début de l'histoire. Au début elle a tourné la tête et m'a regardé, vraiment. J'étais loin pourtant, et je ne faisais déjà plus qu'un avec ma mission, plus qu'un avec la machine que je suis quand je travaille. Nos regards se sont croisés, là, dans mon viseur, elle n'a plus bougé et a regardé, fixement, un demi-sourire naissant sur son visage. Irrésistible et hors de propos. J'ai baissé les yeux, juste un clignement, mais le charme était rompu. Restait l'arme dans l'alignement, mon doigt sur la gâchette, mes yeux pour confirmer qu'elle n'avait pas bougé d'un millimètre. Mon doigt a donné l'ordre, l'arme l'a exécuté. Je n'y étais plus. Je ne faisais plus corps avec la mission, mais avec elle, qui m'avait donné ce regard, ces secondes immobiles qui semblaient appeler la balle. C'est moi qui l'ai prise dans le coeur.

L'arme n'avait pas bougé, ni mon doigt ni elle. Pourtant je l'ai ratée. Elle n'a pas bougé, alors que tous détalaient autour d'elle. Elle n'a pas bougé, me regardait, son sourire s'élargissant. J'ai doublé, triplé le tir. J'ai fini par toucher. Le coeur n'y était plus, mais les réflexes si.
J'ai touché, elle est tombée. Je suis parti.

Je suis parti avec elle. Berlin, Munich, Londres, Agadir. Puis Paris ou Pékin. Elle a tout vu par mes yeux, a tout vécu à ma place. Je n'ai rien vu, rien ressenti, plus rien depuis que j'ai croisé son regard. Juste le froid qui progresse, là, à l'intérieur, et son sourire qui s'élargit, s'élargit...

Mon employeur me fait rechercher. Peu importe qu'on me trouve, ce n'est pas ce que je cherchais à fuir. J'ai décidé que je ne bougerais plus, ça ne sert à rien. Paris ou Pékin sont deux bons choix pour mourir, et puis je suis déjà mort je crois.

Pas elle.

Elle je ne l'ai que blessée à l'épaule et au ventre. Elle s'en est tirée. On lui a demandé pourquoi elle n'avait pas bougé, ce qu'elle avait vu. Elle n'a rien dit. Son sourire de survivante s'affiche dans tous les journaux, a fait l'ouverture de tous les journaux télé. La sénatrice miraculée. L'héroïne moderne.
Elle n'a rien dit alors qu'elle savait tout. Elle avait su où regarder, donc elle avait tout compris. Mon employeur voudrait comprendre, mais je n'en sais pas plus que lui. J'ignore si elle voulait mourir, ou si elle a fait tout ce qu'il fallait pour avoir un bon coup de pub. Mais elle ne pouvait pas savoir que son regard ne me quitterait plus. Ou bien ... ?

Je ne sais plus.

A Paris, ou peut-être était-ce Pékin, ça ne changeait déjà plus grand chose de savoir pourquoi ou comment. La dernière question, c'était quand. Je ne me la posais pas. Ils seraient bientôt là, en bas, juste devant la fenêtre où j'avais placé mon bureau pour écrire. Ils seraient là, à attendre que je sorte.

Par une nuit claire, je sortirais pour les rejoindre, et me séparer à jamais de son regard, oublier celle qui m'a tué.

Une balle pour chacune de celles qui ont raté leur objectif, ça ne serait que justice.



Je croyais m'en sortir ainsi. A bon compte finalement.

Mais ce n'est pas arrivé.

Mon employeur a cessé de me faire chercher. J'ai fini par changer de ville, encore, pour ne plus juste attendre, mais disparaître.

Rien n'a changé. Il n'y a toujours qu'elle, partout. Et je ne ressens que la brûlure de son regard, l'absurdité de lutter. Je ne ressens qu'un vide. Je m'y plonge sans réserves.

Je retravaille à mon compte, mais quel que soit l'objectif, je ne fais que passer. Plus jamais je ne fais corps, plus jamais je ne ressens. Je n'échoue plus, mais aucune victoire non plus. En cela comme dans tous les aspects de ma vie, je ne fais plus que passer.

Je n'existe que pour elle. Ce n'est que justice.

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