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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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31 août 2006 4 31 /08 /août /2006 10:05
Sensation aqueuse, doux glissements sur la peau. Entre mouvements et abandon à l'élément liquide, me revoilà dans cette piscine, comme mes souvenirs en épousent la forme à nouveau. Et je nage. Mes pensées sinuent, l'inquiétude n'est pas loin, mais ce n'est que du passé, tout va bien...

Du moins jusque-là.

Car à bien y réfléchir, quelque chose ne « colle » pas... comme une attente, une anticipation. L'histoire n'est plus à écrire, et pourtant je continue à en attendre le dénouement, dans l'espoir que... peut-être..., vivre se respire autrement...
Mais pas envie de trop réfléchir dans ce sens, alors je reviens à « aujourd'hui ».

Qui m'apparaît trop sombre tout d'un coup, alors je replonge. Autant renoncer à lutter, et me laisser porter par l'eau...

L'envie d'être seul me saisit ; je fuis, là, sous la surface, juste pour un peu de paix ; à 10 ans, je ne suis pas l'enfant heureux que j'aurais pu. Il ne m'en reste que des impressions fugaces, les causes nagent plus vite que moi...

Je me fraye un chemin entre les jambes trop nombreuses, entre mes pensées qui me serrent, et au prix de bien des mouvements, je trouve l'Endroit, rien que moi et l'eau... je suis bien.

Mais ça ne dure pas.

Entre idées noires et manque d'air, d'un côté ou de l'autre de la ligne du temps, tout conspire à me ramener à la réalité. Nul salut dans la fuite, il me faut affronter ; je dois remonter.

Si seulement je pouvais...

Trop de choses m'écrasent, et trop de gens au dessus de moi dans cette piscine, à la surface... aucune place pour émerger. Je me revois lutter, comme je lutte encore, doublement acteur, doublement spectateur. Je me cogne et lutte, en manque d'espoir, de vie qui fuit bulle à bulle, seconde par seconde, jusqu'au point de rupture...

Je me m'acharne plus et me regarde mourir à 10 ans, détaché depuis longtemps de cette noyade-là, et si j'étouffe au présent, j'aimerais prétendre que c'est pour autre chose que cet épisode mal classé, pour autre chose qu'un parallèle stupide... Je suis en dessous, et il n'y a là-haut aucune place pour moi.

Ma tête hurle, je choisis de ne pas entendre. Je suis au fond de l'eau. Tout est plus doux quand on ne cherche plus à gouverner l'inéluctable. Tout aurait pu finir ainsi.
Et à bien y réfléchir, une part de moi est vraiment morte ce jour-là... morte de vivre encore, de vivre ainsi...


Quand l'homme a plongé, je ne l'ai pas vu. Quand il m'a tiré vers la surface, je ne l'ai presque pas senti, comme un rêve, trop lointain. Je ne me souviens vraiment que du bord, des gens autour de moi qui me regardent... de ma soeur qui était responsable du groupe d'enfants ce jour-là, et qui n'avait rien vu... de son regard.


Et puis comme je reviens vers le présent, les mêmes sensations m'étreignent... tous les efforts du monde ne serviraient-ils donc à rien par eux-mêmes ? Ne vaudraient-ils rien ni pour les autres ni pour soi ? La différence ne conduit-elle donc qu'à la noyade ? La vie, alors, n'aurait de sens que par cette main qui n'attend pas qu'on la prenne, qui veut prendre aussi ; et tout le reste ne serait qu'impasse.

Je pense à ça, et j'étouffe encore. Aujourd'hui je sais qu'à chaque minute, je continue à attendre — 20 ans après — l'autre qui plongera, juste pour respirer à nouveau.

Pour enfin être.
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18 août 2006 5 18 /08 /août /2006 11:34
J'ai beaucoup écrit, quand j'étais plus jeune. De mon adolescence à la vraie prise de conscience de ce qu'adulte voulait dire, un flot quasi ininterrompu. Puis, du jour au lendemain, plus rien. Juste comme ça, comme quand on appuye sur le bouton pour éteindre la radio. Sauf que j'avais toujours le son dans ma tête.
On peut se libérer  de l'acte d'écrire, mais jamais des mots. Je crois que le problème est là : ils sont trop nombreux, le goutte-à-goutte de l'écriture ne peut pas indéfiniment suffire. Ecrire, c'est choisir une station sur la radio. Une seule à la fois. C'est l'idée que je m'en faisais, en tous les cas. Et dans ma tête, souvent, ça s'entrecroise trop, ça se recouvre, alors comment dissocier les voies, de quel droit choisir celle qui mérite d'être suivie, celle-là plutôt que toutes les autres ? Et pourquoi vouloir à tout prix rester sur la route, d'ailleurs, quand le hors-piste a tant à nous apprendre, sur notre texte (et nous au travers) autant que sur l'écriture elle-même ?

Aujourd'hui, j'ai compris que je pouvais rester multiple, ne pas me réduire, dénaturer, entre les signes. Question d'angle de vue mobile, au cinéma on parlera de travelling, zoom, plongée. Cultiver l'imprévu. La folie, ou un certain "décalage mental" du personnage, peuvent aider. Mais c'est épuisant, et ça finit très vite, si l'on n'y prend garde, en "fond de commerce".
J'aimerais changer de style, mais je ne veux plus perdre le chemin de ces lignes. Alors je me résoud à un style qui n'est pas toujours tout à fait le mien, même si... Mais l'exactitude, la fidélité à moi-même, ne valent pas le risque. J'ai de toute façon des thèmes, des récits, très divers. Me résigner est doux.
Sauf qu'il y a encore quelque chose qui ne fonctionne pas : mes récits restent courts, ou inachevés,  bon nombre de projets avortés, ou juste ébauchés dans ma tête. Je n'écris pas, je passe simplement d'un bloc de lignes à un autre, d'une idée à l'autre, sans solution de continuité, sans fin, parfois même sans début. Des textes incompatibles, trop disparates. Des fragments sans corps. Des idées sans avenir, faute de quelqu'un pour vraiment les écrire. Je survole, je contemple et admire, caresse un peu, paresse beaucoup, ébauche distraitement pour ne pas laisser le besoin prendre trop le dessus. J'ébauche dans la douleur en feignant l'ignorer. Je trace les lignes en prétendant savoir où je vais, et je le sais ! Sauf que ce n'est jamais là où je le dis. Jamais à un seul endroit en même temps. Toujours à cheval entre deux idées (ou plus, si affinités...)

Je n'écris pas, je m'en joue seulement la comédie, pour tromper le manque. Le résultat suffit à d'autres pour croire à mes chimères. J'exulte. Je crève de honte. J'étouffe de ne pas pouvoir plus, mieux. Je respire infiniment mieux après qu'avant. Je me torture et j'en sors heureux, tout en même temps. Je vis mon rôle jusqu'aux moindres détails. Je suis un acteur, masochiste, extrème, improvisant son texte au fur et à mesure. Cela vaut-il une petite pièce ? A vous de voir.

Moi, je n'en sais rien, je ne me vois pas. Je ne vois que la feuille. Celle en cours, la précédente, ou la suivante. Le rôle de ma vie. La vie.
J'écris.
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1 septembre 2005 4 01 /09 /septembre /2005 00:00
- 0 -

Etat de choc. Le son, les images, tout défile encore sur l'écran,  mais je ne comprend pas, non, je ne veux pas comprendre...
Pourtant tout défile encore, et c'est trop clair...

... et c'est une horreur. Une marée d'horreur. La même partout.

Bien sûr, les causes sont différentes, les mots pour expliquer aussi. Mais pourquoi user de mots différents, quand c'est toujours de mort qu'il s'agit ?

Mort, sang, folie.

Marée.


- 1 -

Une ville noyée par les caprices de la nature. Un peu de vent, et un peu d'eau. "Rien que de l'eau, de l'eau de pluie, de l'eau de là-haut". Un peu, puis un peu plus, puis ... et finalement, plus que de l'eau.

Une prière pour les victimes.
Une autre, et toutes nos pensées, pour les survivants.
Même et surtout pour ceux qui pillent pour manger, il faut bien manger.
Même pour ceux qui piquent des télés, pauvres égarés, alors que l'électricité est coupée partout, on s'en fout des télés non ?

Mais plaindra-t-on ceux qui vident les armureries ?
Que nous réservent-ils comme marée suivante, sinon de sang, de haine, de feu ... au lieu d'une vague d'entraide, c'est toujours le chacun pour soi, c'est même pire...

"Et par le feu naquit l'incendie"


- 2 -

Et pendant ce temps le pétrole flambe tant et plus à New York, et l'essence à la pompe, et le gasoil de chauffage. La situation dans le golfe du Mexique n'a rien arrangé bien sûr, toutes les stations de pompage fermées ...

Et les prix montent, montent, et déjà ça commence, on voit dans le journal ce gars qui doit remplir sa cuve pour le chauffage, deux ou trois fois par ans, et là il vient de la remplir avant que ça monte encore plus, et ça lui a couté plus d'un mois de salaire. Et leur budget, pour lui, sa femme, ses enfants, était déjà si serré, vous comprenez ? Boulot de merde, problèmes financiers pires, empirant constamment, comment s'en sortir, comment ...

Et ça recommence la misère, ça ne s'est jamais arrêté en fait, mais voilà la nouvelle vague.

Et à la question posée, dos au mur, comment répondre par autre chose qu'une connerie ?
Désespérée et désespérante.

Au feu sur notre fragile santé mentale !

Noyée, trop de pression ...


- 3 -

Un autre bout de ce pauvre monde, d'autres problèmes en apparence.
On se rassemble, on prie, on fête le pays qui se démocratise, on fête l'espoir.
Puis la rumeur, sale rumeur. Vague de rumeur. Joue sur la peur.

Rien qu'une rumeur ? Peut-être, peut-être pas. Qui saura encore ?

Mais la peur, sûrement.

Marée humaine, mouvement de foule.
Dernier mouvement, pour trop, femmes, enfants noyés dans l'eau - qui coulait sous ce pont, et il en coulera encore beaucoup, mais qui jamais n'éteindra le feu qui se propage - corps piétinés sur ce pont.
Folie humaine, vague de sang
A une folie en répond une autre
Traqueurs et traqués

Et demain, dans les traqués survivants, combien à parier que certains, sûrement, prendront une arme et deviendront traqueurs à leur tour ?
Parce qu'on n'en finit jamais.


- ? -

Et c'est partout pareil vous voyez, l'homme s'arme en réponse à la marée, quelle que soit sa nature. Partout au courant succède l'incendie.

Mais pour l'heure pas encore ici.

Une larme voile les images. Puis une autre, et encore...


Putain de monde !


Ah si, ici aussi ça brûle...
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