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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 14:54
Attendre les mots.
Savoir qu’ils ne viendront pas.

Violence étouffée. Prêt à mener le combat, sûr de le gagner. Mais faute de balles et d’adversaire …
Attendre néanmoins, sans plus penser à quoi que ce soit. Simplement là, l’esprit comme un hameçon dans une mer
Démontée. Rien ne mord, tant pis. Continuer.

Accrocher parfois l’hameçon dans les rochers. Croire à une prise. Tirer, tirer, et en ramener quelque chose. Parce que
l’esprit transforme la matière. Mais ne pouvoir gommer la froideur et la dureté.

Attendre encore.

Et résister.

Ne pas soi-même finir rocher
Au fond de cette mer,
Alourdi de trop d’algues, de crustacés,

Eteint.

Prendre finalement le premier son qui passe et en faire un mot. Laisser dériver. Et en ramener une musique,
finalement. Car l’homme est maître des sons. Mais ne pas réussir mieux qu’une marche saccadée.
Le rythme, ça ne s’invente pas.

Attendre.

Jusqu’au moment où enfin …

Mais chut, l’esprit dort …

1999 - 2007
long sommeil, plein de songes,
se prolonge...

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 10:32

A la grande roue de la vie, les absents ont toujours tort, ceux-là qui préfèrent regarder d'en bas pendant que les autres tournent, pensant qu'ils les reverront forcément une fois le tour achevé — ignorant que l'on peut monter à un endroit pour descendre à un autre, changer de roue en plein tour, voler... ignorant que vivre ne se limite pas à « rester sur place » ou « tourner en rond ».


Ceux qui vont leur propre route, absents du troupeau, eux aussi ont toujours tort.


Parfois, cette route leur donne raison, cependant. Mais le prix est élevé, la solitude uniforme. Et vaut-il mieux ainsi être soi-même sans concessions, jusqu'à l'extrême, ou rentrer dans le rang, même un peu, pour pouvoir parfois tendre la main et que quelqu'un soit là ? Vaut-il mieux être soi-même et juste ça, ou vivant au milieu des autres avec la joie d'un partage, même partiel ?


Quelle force faut-il pour décider de ne plus regarder en arrière, ne rien regretter, avancer jusqu'à se trouver, ne jamais se trahir ?


Mais au bout de ces chemins de traverse, les absents ne sont plus ceux que l'on croit. Qu'ils réussissent ou échouent, ces idéalistes, les absents sont les autres, tous les autres, qui n'ont pas voulu accompagner leurs frères dans ces quêtes. Qu'ils réussissent ou échouent, honte aux absents...  On ne peut évoluer que tous ensemble, les exploits individuels ne seront jamais que ça si personne ne veut suivre...


Nous sommes les absents et nous avons tort. Nous pensons toujours que les absents sont les autres, mais nous le sommes aussi, chacun notre tour. Il y a des "absents" physiques plus présents que certains, qui restent à regarder sans bouger, ou détournent les yeux, face à la misère (réelle ou morale), la faim (de nourriture ou des autres)... il y a un monde qui demande à être changé, une main tendue à la fois, mais que faut-il de tam-tam médiatique pour qu'une voix réponde, timide, que « quelque chose sera fait » ?


Nous avons tort, mais ce n'est pas une fatalité. Il suffirait d'un geste, un mot, une attention, pas un jour sans aller vers les autres, vraiment, pas juste un effleurement, mais à plein coeur, il suffirait que tous nous fassions pareil... il suffirait que les êtres humains le soient vraiment, humains...

Il suffirait d'un rien pour créer un monde où plus personne n'aurait tort, jamais.


Prêt ?

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11 septembre 2006 1 11 /09 /septembre /2006 07:20
Attention, ce texte est dur. Ecrit il y a un peu moins de deux ans (même époque que "La piscine", publié également sur ce blog), il m'a beaucoup aidé à prendre conscience de ce qui me bloquait. Parfois, il suffit d'une mauvaise façon de dire les choses à un enfant, pour que les problèmes suivent toute la vie...



Je suis l’erreur d’un instant, l’accident dans le parcours bien tracé / calculé / planifié. Je suis le grain de sable dans la mécanique ronronnante de vos projets de fin de vie ; le 4ème de la série de 3. Aimé mais non voulu, accepté mais non désiré … aimé pas juste parce que ça se fait, mais … Vous êtes-vous entendu, votre façon de raconter ?

Je suis juste un dérangement, ne vous en faites pas, je ne fais que passer !

Evidemment, vous ne supportez pas cette ironie glacée dans ma bouche. Il faudrait que je me veuille plus que ce dont vous avez été capable, m’attendant …

Comment on fait ?


Je suis ce que je suis parce que vous m’avez raconté cette histoire, pas autrement qu’ainsi … et parce que la vie s’est chargée de me la faire ressentir, aussi, cette vérité … … Le père plus dur encore qu’avec mes aînés, la mère plus fatiguée … puis le départ de mes frères et sœurs vers … leurs vies respectives … la solitude …

Je suis le dernier, et ça se sent.

Je suis votre fils, et je ne peux pas prétendre n’avoir pas eu la même part, même peut-être plus que les autres. Mais ça ne gomme pas cette sensation d’être un poids, juste ça …

32 ans après, j’ai toujours peur de déranger, et je sais que pour beaucoup je vous le dois.

Je suis un homme il paraît, mais il aurait fallu que je commence par être un enfant bien dans sa peau, et ça n’a pas marché. La suite est restée bancale. Pas votre faute, je sais, vous m’avez donné tout ce que vous avez pu, d’amour, de présence, d’énergie … vous continuez, d’ailleurs. C’est moi qui m’esquive, chaque fois, qui limite les rencontres, leur durée, à l’absolue nécessité …

C’est moi aussi qui ai choisi de vous peindre une vie autre que celle que je mène, pour peut-être mériter que vous m’aimiez un peu « pour de vrai ».

Mais bien sûr je me fourvoie, je sais …
C’est déjà « pour de vrai », et c’est moi qui gâche tout.

Mais si vous m’avez bien appris la valeur de vivre, êtes-vous sûrs de ma valeur ? Toi, papa, qui m’a tellement clairement fait comprendre que mes aspirations adolescentes ne mèneraient nulle part … j’ai fait de bonnes études et j’ai un peu travaillé, mais aujourd’hui, qu’en reste-t-il ? La route n’était pas la mienne, juste un « pourquoi pas » qui avait le mérite de ne pas être un conflit permanent avec toi … quelque chose que je savais faire, et faire bien, d’ailleurs je continue pour le plaisir … mais l’essentiel est ailleurs. Ce plaisir-là, l’informatique, n’est qu’un outil pour le vrai moi.

Toi, maman … à l’heure où j’ai voulu faire mon premier choix d’homme libre, te souviens-tu de ton chantage ? Cet échec-là était peut-être inévitable, mais tu ne m’as pas laissé le choix de la façon d’échouer. J’avais autre chose à vivre, j’avais à assumer ma route, mais il fallait que je te détruise pour ça. Je n’ai pas pu. Aujourd’hui si c’était à refaire je ne reviendrais pas. La suite aurait été très différente …

Bien sûr après c’est moi qui me suis laissé aller … c’est moi qui n’ai pas eu la force de transformer mes douleurs en rage, de me libérer et tracer MA vie … encore j’ai renoncé, et tenté de rentrer dans le rang.
En vain.


Aujourd’hui j’en suis là, avec des sentiments terriblement contradictoires.
Je vous aime, mais.
Je ne vous hais pas. Mais.
Je ne me plie plus à quelque idée que ce soit, mais n’ai toujours pas le courage des miennes.

Tant de ratures sont venues s’ajouter, au fil du temps, sur cet assemblage fragile … tant d’incidents anodins, à la lumière du reste, ont pris une couleur noir intense …

Aujourd’hui, je suis seul maître de la suite, mais – paradoxe ? – j’ai encore besoin de vous pour mettre le moteur en marche. Pour le premier pas, dans ma direction.

Mais quelques tentatives me prouvent que vous ne serez pas au rendez-vous, cette fois non plus. Tant pis.


Peut-être suis-je l’échec de votre vie.

Sûrement vous êtes celui de la mienne
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7 septembre 2006 4 07 /09 /septembre /2006 09:59
Une ancienne réflexion très sombre sur la mort (et la vie qu'elle nous fait), écrite "sous le choc"... je me relis et je comprend encore. Envie de vous partager ces lignes...
Depuis, j'ai appris à profiter de la vie, et de mes proches, tant que je le peux.



Il paraîtrait qu'il y aurait une vie après la mort. Et même si personne n'a encore pu le démontrer scientifiquement ou en témoigner ... j'y crois.

Mais une question plus immédiate m'envahit aujourd'hui.

Y a t-il une vie après la mort des autres ?

Des gens, il en meurt par milliers chaque jour, et personne ne s'en émeut tant que ce ne sont que quelques inconnus le plus au bout du monde possible.
Déjà les morts violentes de gens géographiquement proche de nous font plus mal. Mais on tourne la page du journal ... fait divers suivant.
La mort d'une jeune femme pleine de vie, à l'aube d'un bonheur naissant, dans un accident de voiture ... ça tient sur 8 à 10 lignes, ça vaut un regard d'incrédulité, une petite douleur, une indignation ... et puis plus rien.

Sauf quand c'est d'une amie, d'un proche, voire même de quelqu'un de la famille, qu'il s'agit.

Il y t-il une vie après la mort de ceux qui nous sont "chair" ?

Et bien sûr la réponse est "oui". Bien sûr. Mais que vaut-elle, cette vie, faite de souvenirs trempés pour toujours dans la douleur d'un départ précipité, d'une histoire inachevée ?
Que vaut-elle alors que tous les bonheurs, les gens qu'on aime, peuvent nous être repris n'importe quand sans aucun recours possible ? Que vaut d'espérer, si c'est pour être chaque fois rattrapé par le malheur, et jeté au fossé juste avant la dernière ligne droite où l'on triompherait enfin ?

Il paraît qu'il ne faut jamais perdre espoir. Mais comment perdre quelque chose qui n'est qu'illusion ? La seule chose à retenir, c'est qu'un moment de bonheur vécu, ce n'est rien plus que la fatalité qui était occupée ailleurs ... simple question de temps avant que ça ne soit de nouveau notre tour de souffrir.

On me dira qu'il y a des gens heureux. Oui ...
Je sais.

Mais encore une fois ce n'est qu'une loterie, et la victoire n'est pas la règle mais l'exception.
On construit sa vie du mieux qu'on le peut, pour atteindre ou approcher au plus près un ensemble de conditions que beaucoup nomment "bonheur" ... et qui n'est qu'un chateau de cartes, au mieux.


Il paraît aussi que les disparus n'auraient pas voulu qu'on les pleure alors ne pleuront pas.
Qu'ils auraient voulu que nous continuons à vivre, que nous ne nous gachions pas la vie à les regretter, alors puisqu'il faut continuer, continuons, mais je ne peux rien oublier ...

Je ne regrette que de "vivre", quand ce n'est que ça, la vie.

Une torture latente.

Mais je ne suis pas suicidaire, juste dégouté. Et il paraît que ça passe avec le temps.
Alors passons.

Ta mort dans l'âme.
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5 septembre 2006 2 05 /09 /septembre /2006 15:26
Envie de vous partager ce texte, en prolongement de "Amour défunt" , texte découvert ce jour sur le blog d'une personne très talentueuse et sensible.. Précisions :  Si mon texte est sombre, cela ne correspond plus à mes émotions du moment. Mais le message correspond toujours à ma vision des choses.



Quand l'amour n'est plus que ces mots, sans âme pour les créer, juste une mécanique habitude ... ces mots qui n'engendrent rien qui puissent tendre vers une quelconque réalité, nulle volonté, nul acte ...
Quand ils y perdent tout leur sens, à force de se heurter aux contradictions du "je veux" et "je ne fais pas" ... quand ils ne sont plus que des sons ou des lettres posées presque au hasard, et qui miraculeusement diraient ce qu'un coeur encore attend ... le diraient, puis le renieraient le lendemain ...
Quand il ne reste rien ainsi qu'un demi-amour, et que c'est la pire des souffrances, ces mots qui sonnent tellement faux qu'on ne peut le nier, que l'on doit bien accepter l'idée que c'est un jeu, un simple jeu, même si sans doute personne n'en connait les règles, et que probablement personne ne s'amuse ... sauf le mal qui ronge, là, au fond ...

Quand chaque pas fait ainsi est un désert, à traverser en marche arrière vers un point de départ lui aussi désert, depuis le temps ... quand c'est la folie seule qui attend le voyageur, s'il en réchappait, on ne sait trop comment ...

Ne faudrait-il pas qu'il existe une formule magique, quelque chose qui guérirait de l'amour et ferait répondre "merci pour tes mots, mais ce n'est plus la peine" ... ? Ne faudrait-il pas un claquement de doigts, et puis tout serait fini ... ?
Ne faudrait-il pas que faire le deuil de l'amour ne soit pas ce suicide absurde, ce remède pire encore que le mal ?

Comment accepter qu'il faille souffrir pour ne plus souffrir ? Et que doit-on y perdre de soi, à quoi renoncer encore ? Etre qui, après ? Etre encore, vraiment ?

Mourir, ne plus être, ne serait-il pas la dernière façon d'être soi, vraiment, avant de se perdre, subtilement ou non, dans un renoncement contre nature - même si "c'est la vie" ?

Je ne sais ...

Alors chercher encore.
Et en attendant ...

Aimer quand même, comme respirer. Parce que vivre est à ce prix. Même quand l'air suffoque plus qu'il ne tient debout, même quand l'amour n'est plus que cet écho qui persiste, coucou déréglé ... parce que tant qu'il y a de l'écho, c'est qu'il y a eu un son au moins ... un son dont on peut espérer qu'il se répête ... parce que rien ne sera fini avant le silence ...

Le silence d'autres mots ...
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