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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 15:40
Ce texte, écrit à l'époque dans le cadre du projet "Braises", participe à l'exercice 35 de la communauté "Ecriture ludique" : "Du virtuel au réel"...

#011 Madam'Aga
sentir, mourir, volupté, déception, aridité, désespoir, flamme, soubresaut, frissons, animalité

L'ensemble des listes actuellement reçues, et ce que j'en ai fait jusqu'ici, est consultable ici.



Il eut à peine le temps de se sentir mourir.

Le coup était venu trop rapidement, presque par surprise. Et avant même qu'il réalise ce qui arrivait, les frissons laissaient déjà la place à autre chose... à l'exact opposé du désespoir que l'on devrait ressentir à un tel moment.

Au contraire, il se sentait envahi par une jubilation intense, irrépressible. Et puis aussi... une telle volupté...
Mais cela ne dura pas, et à la place, il sentit déferler,  telle un ouragan, une aridité encore plus forte, qui fit vaciller la flamme au fond de lui.

Un dernier sursaut d'animalité lui arracha un hurlement, de rage et de jouissance mêlées, puis il s'éteint.


Quand il se releva, il ne put cacher sa déception.

- La prochaine fois, essaye de taper moins fort, merde  ! J'ai quasi rien senti !

Raphaël regarda longuement Cédric avant de répondre.

- T'es trop bizarre, tu sais, parfois... Allez moi je m'arrache, ça ne m'amuse plus !

- Non ! Raph, reviens ! C'est qu'un jeu... !

- Débranches, Ced ! C'est peut-être qu'un jeu... mais trop malsain.
Tu réalises que je t'ai tué, là ?


- Ouais, mais c'était pour de faux, tu vois bien !

- Pour de faux tu parles !!! Tellement parfaite cette nouvelle réalité virtuelle... et toi, ça ne te suffit même plus ! Faut que tu joues à mourir ! T'es barge !

Raphaël posa son casque de vision virtuelle, puis acheva de retirer la combinaison spéciale, conçue par Gametec Corporation pour reproduire fidèlement toutes les sensations vécues par les joueurs.

- Mais Raph, attends ! On va vraiment jouer, là... ! Je ne veux plus que tu me tues, juré !

- Non Ced, je me casse...
ça fait déjà la 5ème fois, à chaque fois il te faut plus de violence... t'es vraiment dingue !

Je me tire avant que tu me demandes de te tuer pour de bon !


Cédric resta seul, et hésita un moment. Sans Raphaël, ce n'était plus vraiment la même chose...
Mais son attirance pour les sensations fortes reprit finalement le dessus.

"Après tout, je n'ai besoin de personne pour me planter un couteau dans le coeur !", pensa-t-il

Le sourire revint sur son visage à cette idée. Tout à l'anticipation de sa jouissance, il enclencha le mode "exploration simple", réajusta son casque, et repartit dans le jeu.

Il agonisa en boucle des heures durant, jusqu'au petit matin.
Puis, le jeu continua dans ses rêves...


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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 18:43
Ce texte a été écrit  en réponse à l'exercice de la communauté Ecriture Ludique du 23/09/2007 - Ecrire la suite du texte "En deça du temps", de Kildar.

Cette suite fait partie du Cycle des Ombres - consultez la table des matières du recueil "Braises", dans la colonne de droite, pour accéder aux épisodes précédents, qui sont à lire en priorité.



Lynn et Victor, inconscients du danger, profitaient du soleil sur le voilier, tandis que les animaux restaient figés, la tête en l'air en direction des deux soleils d'Elona.

En vérité, ce n'était pas les Frères Jumeaux eux-même la cause de cette paralysie, mais leur trop grand proximité, La Conjonction, et cela affaiblissait toutes formes de vie sur cette planète l'espace de quelques jours. Le phénomène se reproduisait tous les deux ans, et n'affectait que les habitants d'Elona, végétaux, animaux, ou humain. Lynn et Victor n'étaient pas de ce monde, et la combinaison des deux astres ne les concernaient pas... mais ce ne serait bientôt plus le cas.

En effet, c'était toujours en cette occasion que les Ombres attaquaient.



Tout recommençait, comme la première fois, quand Elles étaient arrivées, prenant Elona par surprise. Et comme toutes les autres fois qui suivirent. Elles n'auraient de cesse de conquérir la planète dans son entièreté. Et si la présence du Conseiller, le Grand Phare pourfendeur de Déchireurs, unificateur des terres, et de l'Oracle, Pilier des Mondes Extérieurs, Carlyn savait que tôt ou tard, à ce rythme, une catastrophe surviendrait. La chute d'un seul des deux protecteurs d'Akharia, dernière cité non Assujettie, serait le début de la fin, et ce même si l'Oracle seul leur garantissait encore des siècles de résistance... La cité survivait aux attaques, mais le prix payé était rude, chaque attaque fragilisait la trame de l'univers en un point ou l'autre, et les Ombres se répandaient, peu à peu... Akharia (et l'Oracle) n'était que la dernière étape, Elles étaient patientes. Elles savaient qu'il leur faudrait conquérir une majorité des Mondes Extérieurs pour vaincre ici.

Alors Elles continuaient leur travail de sape, frappant précisément lors de La Conjonction, quand les hommes ne pouvaient rien pour se défendre, quand même les Initiés dormaient nuits et jours, toujours esclaves des forces naturelles dont ils avaient tenté de s'affranchir.


L'Archi-Prêtre Carlyn était monté en haut du Conseiller. Il observait l'avancée des Ombres vers les îles, non loin.
A vrai dire, pour un oeil non expérimenté, il n'y avait que peu à voir. Un miroitement particulier des eaux de l'Oryx, l'impression que l'air devenait un décor peint, figé. Et puis surtout, dans les derniers instants, la lumière s'effaçant d'un coup, le ciel comme absent si on tentait de l'observer du lieu même touché.
Alors les herbes devenaient cendres sans la moindre flamme, la terre rougissait et noircissait en même temps. Et toute vie hurlait ses dernières bribes de conscience non Assujettie tandis que la Transformation s'opérait, que le sang coulait des peaux flétries prématurément, que les chairs et les os se tordaient, les yeux se creusaient et s'injectaient, atteignant cette lueur jaune-orange si particulière. Les cranes nus de ceux-là qui avaient été des humains, peu de temps auparavant, parachevaient l'Oeuvre ignoble : la naissance de nouveaux zombies.

Les animaux aussi se transformaient, et leur sort était encore moins enviable. Les oiseaux de toute sorte devenaient vampires psychiques partant à l'assaut des terres non encore Assujetties. Les chiens devenaient Loups de Cendres, dont un seul regard pouvait suffir à Déchirer des bandes de terres affaiblies, ou comme leur nom l'indiquait, à réduire en cendres tout ce qui faisait obstacle à leur avancée, d'un seul regard.

Les animaux se mettaient en marche, comme les Déchireurs commençaient à sortir du sol. C'était les Ombres Premières, presque des bébés si l'on peut dire. Des enfants affamés et sans pitié, qui dévoraient ce qui liait les terres entre elles. En apparence, Ils ne touchaient à rien... mais le paysage ravagé devenait peu à peu flou, le brouillard montait du sol... et même l'appel du Conseiller, sa lumière, ne pouvait plus suffire à ce stade. Si l'attaque était coordonnée en plusieurs lieux, Il ne pouvait tout défendre, et le brouillard se levait partout... puis il se dissipait, et les eaux de l'Oryx attestaient de l'absence de ce qui s'était trouvé là, avant... une nouvelle parcelle de terrain avait été Déchirée... elle était encore là, quelque part, les Ombres seules savaient où elle était, et à quel moment, car la géographie était très incertaine dans les Territoires Assujettis.

Quand Le Conseiller ne suffisait plus, devenant lui-même une cible, car incapable de défendre sa propre base en plus du reste, l'Oracle entrait en action. Mais c'était une action désespérée.
Il agissait alors comme une colossale ancre, jetée dans la Mer des Mondes Extérieurs, agrippée solidement aux entrailles de chacun d'entre eux, quasiment inamovible. A chaque traction exercée par les Déchireurs, cette ancre tirait à son tour sur les Mondes Extérieurs, arrachant des pans entiers de réalité qui étaient alors projetés ici, sur Elona.

Ces Bandes Extérieures, les Déchireurs ne pouvaient rien contre Elles, Elles n'étaient pas d'ici. Elles amenaient avec elle un peu de leur monde d'origine, libre des Ombres, et représentaient par là même des obstacles infranchissables, qui stoppaient peu à peu l'attaque.


C'était ce qui était en train de se produire, déjà, alors même que les Ombres n'étaient pas encore ici. Mayron avait décidé de prier l'Oracle pour qu'il s'Eveille plus tôt, cette fois. Et partout, des îles surgissaient de nulle part entre celles existantes, créant un cordon de protection autour d'Akharia et ses provinces, annulant l'effet des Déchireurs en se rattachant à leurs cibles.

Progressivement, les îles se rattachaient au continent par ajouts successifs... il allait falloir gérer les nouveaux arrivants, et ça ne serait pas simple. Ca ne l'était jamais. Pour l'heure, ils représentaient un atout, qu'il convenait d'exploiter le plus vite possible : les Ombres ne pouvaient rien contre un seul d'entre eux, pas plus que les Passeurs. Ils étaient d'une autre réalité.

Mais d'ici à deux ans, et la prochaine Conjonction des Frères Jumeaux, ils seraient Assimilés, reconnus par Elona comme ses fils... et donc, à la merci des Ombres à leur tour.

Il faudrait faire vite, pour pouvoir agir avant.

Carlyn pensait à ça, en regardant une nouvelle île qui venait d'apparaître, fermant le cordon de protection. Une sorte de bateau était amarré, et deux humains, un homme et une femme, semblaient profiter du soleil, inconscients que pour eux, ces moments de douceur étaient du passé, déjà. Ils ne reverraient malheureusement jamais leur monde.

Mais peut-être pourraient-ils aider à ce que Elona lui ressemble, un jour...

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 23:39
sur une liste de mots qui devait être la #032, mais vu ce que j'en ai fait, j'ai hésité à la faire figurer... mes excuses à la personne qui me l'a proposée...

#032 - Motdit

choucroute, vacances, vent, délire, misère, bourrique, pantoufles, sexuel, matin, désarroi




un vent de délire soufflait sur leurs vacances, ça les changeait des soirées en pantoufles, regards rivés tels des bourriques sur la misère intellectuelle des émissions télé, des plats faciles à préparer, des choucroutes avec les copains le vendredi.

Loin d'eux le désarroi de la mollesse, il retrouvait sa fierté et elle, le plaisir sexuel. Les matins calins achevaient de
ressouder le couple...

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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 22:52
#030 SAM (par mail privé)
ballerine, clairsemé, combler, labadens, promontoire, rougir, tournevis, trafiquer, saturer, synthétique

Ce texte fait partie du recueil "Braises" (projet "logorallyes").
L'ensemble des listes reçues dans le cadre du projet, et ce que j'en ai fait jusqu'ici, est consultable ici .



A l'époque où il était mon labadens(*), comme on disait encore dans le temps au pensionnat du Sacré-Coeur, il était d'une timidité maladive, rougissant pour un rien, les émotions perpétuellement à fleur de peau. Il n'avait pas l'habitude des contacts humains, et rien qu'à se parler, le soir, dans notre chambre, je sentais comme un vide se combler peu à peu de son côté. Je ne pouvais néanmoins pas m'empêcher d'avoir peur pour lui, pour après. Notre scolarité n'allait pas durer toute la vie, et nos parents avaient de grands projets pour nous. Il ne survivrait jamais dans le monde extérieur, sans moi, à devoir tout recommencer. Il saturerait très vite émotionnellement, et s'effondrerait de l'intérieur, je n'en doutais pas.

Je pris l'habitude de me faire beaucoup de soucis pour lui, tandis qu'il se servait de ma présence comme de la béquille sans laquelle il ne pourrait tenir debout. J'étais très sûr de moi, la confiance en soi que je lui donnais ne me manquait pas à l'époque. Il était là, donc je ne sentais pas le problème en train de naître.

A la fin de nos années de pensionnat, nous avons comme prévu de longue date entamé des études universitaires séparées, et nous sommes en grande partie perdu de vue. Mais nous avions nos adresses, et tentions de rester en contact par lettres. Mais si j'arrivais sans problèmes à lui écrire tous les jours, il lui fallut dès le début plusieurs jours, puis à la fin plusieurs semaines, pour me répondre. Je mettais ces longs silences sur le compte de son mal-être, qui devait être revenu, et je craignais le pire.

Un jour, je décidai que cela suffisait : il fallut que je me rende là où il logeait, à 800 kms de là.
Les détails du voyage se perdent dans ma mémoire, à vrai dire je ne pensais qu'à ce que je risquais de trouver en arrivant, un homme au bord d'un promontoire rocheux, prêt à sauter dans le vide...
une épave impossible à remonter à la surface.

Quand j'arrivai finalement, il ne répondit pas, ce qui renforça mes craintes. J'entendais une musique, faiblement... je décidai de trafiquer la serrure avec un petit tournevis de poche, et divers autres instruments... sa serrure était complexe, mais à l'époque déjà je présentais des dons pour l'effraction. J'entrai.

Je surpris mon ami dans les bras d'une ballerine (j'eus le temps d'apercevoir les chaussons de danse, et la tenue, à terre), tous les deux entièrement nus. Je crois que de nous trois, c'est moi qui ce jour-là suis mort de honte.

Je suis parti le plus vite possible. C'était, dans ma tête, la dernière fois que je le voyais. J'avais été trop loin, il ne me pardonnerait jamais. Puis, il allait bien. Je n'avais plus de soucis à me faire.

Je me sentais à la fois libéré, et complètement vide...



De nombreuses années plus tard, j'avais été arrêté pour la 3ème fois, mais cette fois c'était sérieux. Un braquage qui avait mal tourné, un complice inexpérimenté qui avait tiré. La règle d'or était : ne jamais tirer. Il le savait pourtant. Mais les petits jeunes, ça ne sait pas contrôler ses nerfs. Ce qui était fait n'étant plus à faire ni à défaire, j'avais réfléchi que c'était quand même injuste qu'il paye toute sa vie pour cette connerie, après tout ce n'était pas sa faute s'il était aussi con... juste la mienne de ne pas l'avoir mieux surveillé. C'était moi, le chef de bande.
J'avouai tout et pris 30 ans

La première année il vint me voir, avec une femme. Je mis de longues secondes à les reconnaître, lui et sa ballerine finalement épousée.
Depuis ce fameux soir, il n'avait cessé de me chercher, inquiet pour moi.
Il m'avait retrouvé finalement par les journaux, au moment du procès.
Le grand ingénieur, inventeur d'un sang synthétique compatible avec tous les groupes et facile à produire, riche à millions, se souciant du pauvre petit truand incapable de choisir correctement ses "associés" : le côté "mélo" de l'histoire me fit bien rire. Mais il ne s'en choqua pas.


Cela fait maintenant 25 ans que je suis ici. Il vient me voir au moins une fois par semaine, parfois avec sa femme, parfois pas.
Il a les cheveux gris et clairsemés, maintenant. Cela lui va bien.
Il ne s'inquiète plus pour moi depuis quelques mois déjà, depuis que je sais que je vais sortir, bientôt, pour une remise de peine.

Je ne m'inquiète plus non plus pour lui, tant qu'il ne cherche pas à trop m'aider quand je serai dehors.

Nous avons à vivre nos vies indépendamment. Sans cesser de nous voir, mais en se laissant de l'espace. L'amitié exclusive de notre adolescence avait fait trop de dégâts.
Je n'avais pas pu le laisser voler de ses propres ailes sans paniquer. Il avait failli ne pas se pardonner ma chute. J'ai passé 25 ans au travers de barreaux à lui redire que ce n'était pas sa faute, et qu'il avait beaucoup de chance, avec une si belle épouse, si aimante, et ses deux, puis trois, quatre, finalement 5 enfants. En un sens, je me suis inquiété pour lui tous les jours pendant ma détention, comme il s'inquiétait pour moi, et ainsi nous ne vîmes pas trop le temps passer. Nous avions un but.

Mais il était l'heure maintenant de nous en fixer d'autres, plus sains.

On ne construit rien totalement sur de l'inquiétude. Il a à apprendre la vraie douceur de vivre. Et moi que l'indépendance n'est pas la solitude, qu'il ne tient qu'à moi d'ouvrir la porte aux autres, sans pour autant avoir ce besoin maladif qui m'a poussé vers tant de plans foireux, avant...

A 50 ans, nos vies vont enfin commencer.



(*) Labadens : mot utilisé au XIXe siècle pour désigner un camarade de collège ou de pension. Du nom du maître de pension Labadens dans la courte pièce d'Eugène Labiche L'Affaire de la rue de Lourcine (1857). (source : Le Garde-mots)

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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 20:25
#031 Azalaïs
nigelle, pont, généalogie, soupière, mare, ossature, combiner, oublier, temporel, fondamental

Ce texte répond à l'exercice du 20/09/2007 de la communauté "Ecriture ludique".


Il nécessite la lecture préalable des textes précédents du "Cycle des Ombres". Vous pourrez en trouver la liste dans la présentation du recueil "Braises", dans la colonne de droite (il faut descendre un peu dans la fenêtre du navigateur...)

L'ensemble des listes reçues dans le cadre du projet, et ce que j'en ai fait jusqu'ici, est consultable ici .



Mayron reconnaît le goût des graines de nigelle, en train de se répandre sur son palais, de s'insinuer en lui, cherchant à envahir tout son corps, comme tant de fois pendant l'Initiation, pour détacher son âme. Il sait qu'il est trop tard pour lutter contre les graines toxiques, il doit faire la paix avec la mort qui s'offre ainsi à lui une nouvelle fois, même s'il y a aujourd'hui des différences fondamentales : il n'est plus au centre d'Initiation, personne ne sera là pour le réveiller. Et il n'a pas choisi le voyage.

Sa mémoire lui restitue ce goût, tellement incrusté dans sa chair, comme l'étreinte de La Bénédiction, protectrice de ce lieu, l'étouffe peu à peu.
C'est sans problème pourtant qu'il était arrivé jusqu'à la Valise, protégé par ses Qualrechs de ce Rêve Eveillé particulier... il avait longuement prié avant d'ouvrir la Valise... et de parlementer avec l'Echelle.

Et là, au moment du dernier pas, Elle se retournait contre lui.

Pour La gravir, il a du accepter de n'être plus un Initié, un Immortel, de n'être plus qu'un en ce corps, sans aucune de ses entités familières... de redevenir humain, sans autre force que ses convictions. Elle a juré que tout se passerait bien.

Et là, il va mourir, alors qu'il est le seul à pouvoir approcher l'Echelle, depuis que l'Invocation rituelle a été perdue. Avec lui s'éteindra l'espoir de vaincre, comme les Prophéties du Livre Dernier se réveleront finalement fausses. Elona ne tardera pas à succomber totalement...

La voix de l'Echelle, dans sa tête, lui susurre qu'il n'était pas celui qui devait la gravir. Il n'était là que pour rouvrir la voie, pas l'emprunter. Il avait oublié le sens exact des prophéties, combiné les mots comme il avait voulu les comprendre pour atteindre un pouvoir temporel qui ne lui était pas destiné. Il allait falloir qu'il paye pour cela.

Mayron, au bord de l'inconscience, reconnaît le Pont, point de passage entre ce monde et la mort.
Le sol le guide vers l'autre côté sans qu'il n'ait à faire un pas, sans qu'il ne puisse en tenter le moindre pour refuser son sort.

Le Guetteur, de l'autre côté du Pont, récite La Grande Généalogie des Ames Mortes... Tout dans son expression révèlent que Mayron y est inscrit, là, à la fin du parchemin, et que ce ne sera plus long avant qu'Il prononce son nom.

Soudain, l'ossature du Pont semble se disloquer... il se sent précipité dans le vide... il a complètement cessé de respirer maintenant...


Mayron est réveillé maintenant, dague à la main. Il baigne dans une mare de sang, celui de son ennemi, un vampire psychique, sorte de chauve-souris géante plongeant ses proies dans des cauchemars profonds avant de les vider de leur substance mentale, cauchemars souvent prémonitoires si la victime survit, ce qui est fort rare.
Ils ne sont qu'unes des nombreuses manifestations de la présence des Ombres, de fidèles serviteurs envoyés pour affaiblir les défenses des derniers combattants.

Mais ils n'ont aucune chance contre les Initiés.


Mayron préfère quand même être prudent. Il se rend à la cuisine, fait réchauffer un peu le contenu d'une soupière, puis, ayant rempli son bol, le vide d'un trait.

Les tremblements qui le prennent alors semble durer des heures...
et achèvent de le guérir de la morsure du vampire, comme le contre-poison fait son effet.

Mayron ne redormira pas cette nuit, il le sait. Et cela lui convient parfaitement. Il sait qu'il doit se souvenir de son cauchemar, absolument. Pour cela, il va passer la nuit auprès de l'Oracle, à lui en partager les moindres détails, pour être sûr d'en comprendre tout le sens.

Et pour ne pas faire d'erreur, le moment venu.

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