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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 21:25
Un sourire parasite persiste à mes lèvres. Bonheur télépathe, je te sens toujours. L'atmosphère, écrasée de contraintes et conventions, n'arrête pas la diffusion. Je n'ai pour l'heure que des signes normalisés pour avancer vers toi, de satellites en satellites, mais toutes les formes sont bonnes, aucune n'altère les hauts-fonds de notre infini.

Délaissés déjà le maquillage de silicium et d'électrons, les fabuleuses avancées qui ne mènent qu'à avancer sans fin. Le flot me porte sans m'englober. Je gère mes dérives, en orbite autour de cette frange probable de mon futur, stationnaire au dessus de l'indifférence que tu ne m'inspires pas.

Des passions rétroprojetées me ramènent à l'absurde de tout ça. L'instant d'après, je te rejoins, remonte le temps le long d'une larme qui un jour n'aura pas coulé, remonte le flot nerveux jusqu'à l'image de moi au fond de ton coeur.

La fusion s'opère d'elle même.

Le sourire revient. Il était parti sans bruits, tellement il est fragile.
Je sens le tien me répondre.

Arrêt sur image.


Dans quelques heures, écran blanc, je danserai à nouveau de noeuds en noeuds de notre toile, où nous ne serons jamais à plus d'un code de distance.

L'amour.


Et il y aura d'autres images ...
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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 13:55
Respirer de l'or, et me sentir léger. Célébrer l'alchimie en baissant respectueusement la tête devant Sa Source. Plonger jusqu'à me perdre dans la transparence, qui me ramène instantanément à un regard. Je tourne la tête, et tu es là.
 
Les rêves sont bien faits.
 
Sirène silencieuse, mais pas moins attractive, je te suis dans les méandres scintillants de forêts où je me confond peu à peu avec Gulliver. Nous passons, mais la beauté en reste, comme une autre se superpose déjà. Bientôt, je ne sais plus où ni quand je suis, et ne m'attarde pas à cette logique extérieure. Tu es devant, et nous volons.
 
Tout va bien.
 
A bien y réfléchir, respirer ne me manque que pour le plaisir de retenir mon souffle devant toi. A défaut, je fais des bulles avec des pépites dedans. Pas encore assez doué pour y mettre des étoiles.Tu ris de bon coeur.
 
Nous valsons.
 
Et toujours plus haut nous volons, chute inversée. Icare nous comprendrait.
Le vol s'achève à la surface d'un baiser. 
 
 
Des gouttes de lune jusque sous la peau, nous sêchons lentement, sans un mot de trop, juste une chorégraphie ancestrale. Un ballet pour les dauphins, qui au large applaudissent de leurs corps entrant et sortant de la mer.
 
Puis le ciel éteint ses lumières, pour ne pas déranger.
Je glisse de ton sommeil dans le mien. Le vent se pose sur nous et nous borde ... 
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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 09:09
Comme une porte qu'on ouvre, et le courant d'air qui vient et nous prend, un sort, impossiblement jeté dans ce lieu sans portes ... qu'importe, la magie opère, et nous foulons le monde sans le voir, nous attardant sur ses plages, où nous pouvons aussi, au son de la musique mère, ne plus entendre que l'apaisement soudain de deux syncopes, avant que le soleil n'embrase l'horizon..

Mains nouées, nos regards peignent le verre à même l'air, contours fins, laissant le sable pour réchauffer nos pieds et épouser nos corps en attendant que vienne la maison autour de cette fenêtre sur une autre vie.
Nos formes creusées chantent qu'elle sera nôtre, juste demain. Nous entendons tout mais ne nous retournons pas.

Il faudra d'ici là que le monde réinvente plus haute Sa Loi pour nous remettre dans nos cages, puisque c'est certain, le spectacle doit continuer. Et il continuera peut-être bien comme nous rugirons en coeur, mais nous aurons changé de cages au moins, et nous mangerons à notre faim, pour la première fois de notre règne animal.
Un festin d'ardeurs et de vérité.

Le monde tournera rond sans rien remarquer. Nos ambitions s'insinueront dans la trame pour qu'il ne se doute pas de cette force qui nous protège.
Nous verrons exploser devant nos pas synchrones toutes les douleurs passées et celles à naître, et la belle assurance des bourreaux ordinaires. Nous en rirons, gais terroristes, et comme nous croîtrons, se multipliera la joie.

Nous déménagerons vers le bonheur sans laisser d'adresses conformistes ou de brillants discours consensuels, ou ce qui sera inventé d'ici-là de raisonnable et facile et si doux au toucher, si facile à oublier, nous libérer de nos étreintes équilibristes, marchant en silence sur nos cordes sensibles, et d'autres encore que nous ne soupçonnions pas.


Comme une porte que l'on ferme, à la fin nous piègerons la magie, tant que les murs ne seront transparents qu'à nos yeux, tant que les couleurs ne déteindront pas à l'air marin. Et le jour où les contours se feront indistincts, nous suivrons l'aspiration des cieux, avec nos souvenirs souriants comme seuls bagages pour bien commencer une éternité ensemble ...
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1 janvier 2007 1 01 /01 /janvier /2007 09:36
anticonstitutionnellement, vergers, casemate, glorification
natte, pantomime, bonze, bronze,
architecture, arctique, filature, intoxiqué



Ils avaient construit les casemates au milieu des vergers. C'était un bon endroit en fait, la hauteur et la densité des arbres fruitiers les rendaient quasiment indécelables. Mais quelques trouées intelligemment pratiquées dans cette forêt de fruits offraient des angles de tirs vraiment exceptionnels.
Dans leur esprit, rien ni personne ne pourrait accéder à La Ville, placée non loin du bord d'une falaise infranchissable, et dont les casemates, merveilles d'architecture militaire, défendaient le seul accès.

Mais tout à la glorification de leur génie, ils n'avaient pas voulu croire qu'un jour, cette région serait soumise à un climat arctique, et qu'une autre guerre alors, leur ligne de défense désormais dévoilée par l'absence d'arbres, la trouverait bien peu efficace. D'autant plus que, quelle que soit la portée de tir des canons fixes, l'aviation moderne (qu'ils n'avaient pas prévue non plus)  en viendrait à bout avec facilité.

On avait beaucoup investi dans les filatures de La Ville, qui faisaient sa renommée. Tout le budget était consacré à cette industrie florissante (ainsi qu'à la rénovation de la superbe église byzantine, dont les nattes (*) étaient célèbres dans le monde entier) au détriment de nouveaux moyens de protection. Et quel besoin y avait-il d'y penser, après tout ? Il n'y aurait plus jamais de guerre par ici, pas vrai ?

Mais c'est le propre des conflits de se développer anarchiquement, en prenant tout le monde par surprise.

Quand l'ordre de mobilisation tomba, il était trop tard déjà. Les premiers avions survolaient La Ville, dont les responsables, intoxiqués par leurs certitudes, avaient scellé le destin.

L'attaque fut brève, sanglante, destructrice. C'est dans un champ de ruine peuplé de cadavres déchiquetés que défilèrent les chars ennemis, avant de se retirer.

Qu'ils aient finalement été vaincus dans d'autres batailles, avant le retour à une paix indifférente au vu de l'uniforme désolation régnant sur la nation, ne change rien à l'histoire. Elle permet juste aux "vainqueurs" de se glorifier, encore...

*****

Aujourd'hui, La Ville (et cet épisode sanglant) survivent dans les mémoires grâce à un monument en bronze, en l'honneur des victimes, mais surtout au travers d'une pantomime célèbre, spectacle macabre mais à la grandeur inégalée, joué dans tous les pays du monde. Une pantomime pour adultes, que certains bonzes du nouveau régime persistent à interdire, anticonstitutionnellement, dans le pays même où eut lieu le massacre. "Par respect pour les morts, pour qu'ils reposent en paix", disent-ils...

Mais malheur à qui ne veut pas retenir les leçons du passé...


(*) Natte : Ornement architectural de certaines églises romano-byzantines`` (BACH.-DEZ. 1882). Natte est encore un terme d'architecture. On donne ce nom à des entrelacs peints ou sculptés, qui rappellent plus ou moins exactement des nattes tressées (HAVARD 1889, p.958).
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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 13:53
bouteille, ambre, araignée, collier, suspense, rideau, chocolat,
chemise de nuit rouge, téléphone, placard, cadavre, viscéralement



Dans la bouteille, un liquide ambre, que nous n'avons pas bu, pas ce soir
sur la table, ton collier, posé délicatement
les rideaux mal fermés, des traces de chocolat sur le canapé
un bon film à suspense loué, qui tourne toujours, pas pris le temps de l'arrêter
ta chemise de nuit rouge à terre,
le téléphone à coté, tombé, décroché
toutes nos araignées bien au plafond, et les cadavres dans leur placards fermés à double tour

notre désir viscéralement indifférent à tout ce qui nous entoure
là, dans la chambre, emmêlés dans les draps

notre désir qui ne se décrit pas

Il est.

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