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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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18 janvier 2007 4 18 /01 /janvier /2007 16:28
De chaque certitude, douter encore
dans la mélodie n'entendre que désaccords
trouver la route enfin, mais succomber à l'appel
d'autres, une infinité, toujours "plus belles"
Recommencer sans fin, ignorant, oubliant,
qu'un jour il y en aura une, pourtant
 
Pourquoi vouloir ainsi mourir en soi
avant que la poussière ?
pourquoi refuser, de choisir, la lumière ?
pourquoi vouloir porter une croix
quand au fond on sait qu'elle n'existe pas ?
 
Pas de pires mirages que, si doux, l'Idéal
cette course contre soi, cet égarement, ce mal
la ruine de tout projet, l'aveuglement, l'absence
et au crépuscule n'avoir, à opposer au silence,
que des mots creux qui jamais ne le rompront.
 
Nous ne sommes pas riches de ce que nous espérons
Des pas additionnés, de l'éphémère, du temps
mais de ce que nous construisons chemin faisant
des mains que l'on serre et que l'on ne lache plus
des regards portés, attachement, fidélité
à ce que l'on est pourvu qu'on l'ait su
pourvu qu'on ait voulu s'en partager
 
le secret
pour assumer ce qui est
 
loin des horizons inatteignables
des fables
loin des "je serai"
 
pourvu qu'on ait eu le courage d'ainsi exister.
 
Nous ne sommes pas riches de tenter, renoncer
mais d'aller en toute chose jusqu'au bout de nous-même
 
pas au delà, se respecter assez pour refuser les chaînes
et ne jamais cesser d'aller de l'avant...
 
Pour, au crépuscule, sourire à chaque instant
passé.
 
En paix...

18/01/2007

Avant que l'Ombre, je sais
ne s'abatte à mes pieds
pour voir l'autre côté
je sais que, je sais que j'ai aimé...

Mylène Farmer - Avant que l'Ombre
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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 15:44

Ce texte a été écrit dans le cadre d'un atelier d'écriture. Un des buts était de s'inspirer de l'image ci-contre.



J'arrive un jour trop tard, Le Prêtre est déjà passé ici. Je le sens à l'instant où j'aperçois la sortie de la grotte, et le promontoire au dessus des eaux. C’est comme une sensation d'étouffement.

La Bénédiction.

D'après la force de l'étreinte, cela remonte à hier matin.

Sans cesser d'avancer, je récite l'invocation, cruel mot de passe : en cas d'erreur, je mourrai instantanément.

Du coin de l'œil, j'aperçois, à la lumière grandissante de la lune, les squelettes de quelques intrus qui n’avaient eu aucune chance …

Quelques secondes passent. Je m'arrête sur le promontoire, respirant à nouveau. Je n’ai pas fait d’erreur. Je me retourne et Bénis la grotte à mon tour.

Je peux maintenant ouvrir La Valise.

Elle est exactement là où Le Prêtre me l'avait annoncé, si jamais je ne le trouvais pas ...
Pensant à l'ampleur de ma tâche, je tremble ... mais je ne dois surtout pas me laisser distraire ...

Le rituel commence.

J'ouvre La Valise. Rien ne manque. D'un geste assuré, je sors L'Echelle des âmes. Trop d'hommes au cours du temps n'ont vu en Elle qu'une simple corde ... et l'ont regretté amèrement.
Je la dépose respectueusement à mes pieds.
Ensuite, j’enfile la toge et je sors La Dague d'Alliance.

J'hésite un peu, mais la voix du Prêtre, dans ma tête, me répète l’importance vitale d’aller jusqu’au bout … sinon …
Alors je trace Le Signe dans la paume de ma main, et commence La Grande Prière, laissant mon sang s'écouler sur l'Echelle ... Je ferme les yeux, et la sens qui enserre mes chevilles, serpente lentement le long de mes jambes, jusqu'à mes cuisses, me prend par la taille, puis, s'élève jusqu'à mon épaule droite. Je sais que je ne dois pas la regarder pendant l’élévation … Le Prêtre ne m’a pas dit pourquoi, mais j’ai la certitude qu’en effet ça ne serait pas prudent ….

Je suis sur la bonne voie. Elle est Heureuse d'être là, sur mon épaule, Heureuse d'entendre une nouvelle fois ces mots ... Elle me prend dans Sa Joie.

Tout cela semble durer des heures, mais je perd la notion du temps, comme L'Echelle me dédouble et m'éveille ...

C'est sans volonté propre que je retire de la valise le flacon et la photographie intégralement noire. Je ne sais où se trouve La Dague à présent, mais ce n’est pas important. Rien ne se perd ici, me chante L'Echelle ...

J'ouvre le flacon, dont j'ignore le contenu, et le verse goutte à goutte sur le coté face de la photo, en reprenant, plus lentement cette fois, la fin de La Grande Prière ... je touche au but je le sais ... Il ne me reste plus qu'à visualiser Aurore, et ...

soudain je comprends tout.

***

Désormais je suis moi aussi un Prêtre. J'ai suivi Le Chemin des Elus vers Aurore, le monde supérieur.

Je suis ici, et en même temps toujours en bas, reparti dans le vaste monde. Je cherche Les Suivants. Je ne suis pas seul à chercher.

Nous sommes nombreux ici, un par jour ...

Les Suivants aussi croiront être un jour trop tard, dans cette grotte ... ignorant que Le Chemin ne peut s'accomplir que seul, que La Valise ne reconnaît qu'un seul maître à la fois.

La Valise, qui chaque fois retrouve, dans l'étreinte de La Bénédiction, sa forme originelle, comme si personne n'y avait touché avant. Attendant la nuit suivante pour œuvrer.

Et tant que durera le cycle, tant qu'il y aura Les Suivants ... il y aura le jour après la nuit, le soleil après la lune.
Il y aura Aurore.


 

24/07/2004

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13 janvier 2007 6 13 /01 /janvier /2007 00:39
Je retrouve des notes éparses, avec quelques "pensées"... certaines font encore écho aujourd'hui, je vous les livre donc. Amères, ironiques, ou plus apaisées, j'espère juste qu'elles donneront matière à discuter...



  • Dans nos relations, nous donnons souvent ce que nous n'avons pas, parce que c'est ce qu'il y a de plus simple, de moins douloureusement privatif, à donner.

  • Il ne faut jamais dire d'une douleur qu'elle dépasse tout. Le lendemain peut nous prouver trop facilement le contraire si on le met pareillement au défi.

  • Peu importe les services que vous rendez, si vous les rendez contre les principes des gens. Ils vous en voudront toujours (ou peu s'en faut). On ne peut pas aider quelqu'un malgré lui.

  • Mis à part cas extrêmes, ce ne sont pas vos ennemis (simples inimitiés la plupart du temps) qui peuvent vous faire du mal. Méfiez-vous plutôt de vos amis, qui blessent plus cruellement en pensant bien faire, que vos ennemis en voulant faire mal.

  • On apprend souvent beaucoup plus de ce que les autres ne nous apprennent pas, ou involontairement, que de ce qu'ils veulent bien dire consciemment.

  • Ce n'est pas quand les autres ne veulent plus de vous qu'il faut partir, mais quand vous en avez assez de ce que vous êtes pour eux.

  • On dit qu'il ne faut pas donner de mauvaises habitudes aux gens. Il ne faut pas plus leur en donner de bonnes. Une habitude ferme toujours des perspectives, diminue la liberté d'action, la faculté de réaction des autres, et de soi par rebond.

  • Peu importe ce que tu crois. Tout dépend de la façon de ne pas le dire, mais en le laissant suffisamment à penser, afin que d'autres le disent à ta place. Alors, tout en étant fidèle à toi même, tu peux leur donner l'impression de t'intégrer au "troupeau".

  • Ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse, mais ne te force pas non plus à faire mieux avec eux qu'eux avec toi.
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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 00:26
ouverture - fête - un sans-papiers - tatouage - iris -
battre ou se battre - un verre de lait - transmettre - soir - ressemblant - s'amuser - tardivement.




La photo avait été prise le soir même, à l'ouverture de la fête organisée par une association de soutien locale. On la lui avait transmise un peu trop tardivement, mais il savait que, même s'ils avaient réagi plus vite, cela n'aurait rien changé et qu'il leur aurait échappé, une fois encore. Et puis il ne pourrait pas les blâmer. Rien ne ressemble plus à un sans-papiers qu'un autre, dans la masse : le même regard de bête traquée, piétinée, mais un regard de défi aussi, ce défi qu'ils lancent à tous les autres, les chanceux, d'essayer de leur prendre le peu qu'il leur reste - leur dignité, leur âme.

Tout d'abord il avait hésité devant le cliché, pas très ressemblant. Et puis le récit de la soirée l'avait fait douter encore plus : se battre pour un verre de lait, ce n'était pas le meilleur moyen de passer inaperçu. Bien sûr il n'avait pas le choix, il lui fallait absolument en boire, il était programmé génétiquement pour ne pas survivre sans. Et le lait étant devenu extrêmement rare, il n'y avait vraiment que peu d'occasions où l'on pouvait espérer en trouver...

A se demander comment ici, dans ces circonstances...

Mais les questions de cet ordre attendraient. Pour l'heure, il était plus important de comprendre pourquoi un soldat parfaitement entraîné à rester dans l'ombre, même dans les cas de vie ou de mort, s'amusait soudain à les narguer ainsi.

Décidément, quelque chose lui échappait. Jamais sa cible ne se serait comportée ainsi... Pourtant, il lui fallait bien se rendre à l'évidence : ce tatouage sur le bras gauche n'avait été fait qu'en 12 exemplaires, et les 11 autres, traqués comme lui, étaient morts. Aucun doute là-dessus, il avait personnellement ramené leurs cadavres à la division, et une identification oculaire, dans leur cas surtout basée sur leurs iris si particuliers, n'avait pas laissé le moindre doute : un code barre tatoué sur l'iris, à l'encre magnétique, indécelable à l'oeil nu, et indélébile, ce n'était quand même pas si fréquent.

---

Le colonel Travis scrutait la nuit, du toit de l'immeuble où avait eu lieu cette fête. Il ressentait en même temps l'exaltation de la traque, la frustration d'avoir été encore une fois si proche, et si loin en même temps... mais aussi un grand calme.

Un jour plus si lointain, il aurait le n°7 en face de lui.

Alors, tous deux pareillement prisonniers de leur nature profonde, l'un la proie et l'autre le chasseur, verraient leur destin s'accomplir, inéluctablement, et savoureraient sans nul doute ce moment mythique où ils pourraient cesser de courir.

Dans le regard de l'autre, de part et d'autre de la mort, l'un victime et l'autre bourreau, ils seraient enfin rendus à eux-même.

Libres.

---


Travis ne sentit pas plus la balle l'atteindre qu'il n'avait entendu le coup de feu. Tout à sa méditation, il avait raté le moment.

La roue tourne, les destins se brouillent et se mélangent...
Il y eut bien, comme prévu, une victime et un bourreau...
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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 14:28
Sur une autre liste de mots, une tentative... Pas si simple, cette fois. Le résultat me laisse perplexe.

blonde - tasse de thé - marcher - gongorisme - météore -
maquignon - déliter - orque - syncope - niveler / nivellement - miellée


Il s'allume une gauloise blonde, se ravise, éteint la cigarette et se verse une tasse de thé. Cela fait une bonne heure maintenant qu'il marche ainsi, tournant en rond autour du bureau, s'énervant progressivement, au bord de la syncope à cause des mots qui ne viennent pas.

Ca a pourtant toujours été si simple, écrire ! Que se passe-t-il donc pour que subitement, ainsi... ?

Il était occupé à écrire un texte de commande quand le blocage est arrivé, comme cela, sans prévenir. Il y était question de la course folle d'un météore, de roches délitées, de miellée et d'orques... rien dont une plume versée dans le gongorisme (*) depuis des années ne peut venir à bout sans même y penser.
Seulement voilà, il y pense, il y pense... et rien ne vient ! Le flot est tari, aucune image ne lui vient, et il est là, une tasse de thé bien serrée dans ses deux mains tremblantes, à ne plus savoir que faire, pour la première fois de son existence, devant ce nivellement par le bas incompréhensible de son inspiration.

En parfait maquignon des mots, il a bien sûr de nombreux tours dans son sac. D'autres textes en cours, d'autres mots plus aimables que ceux-là qui le bloquent, pourraient sûrement lui offrir le salut, réamorcer le mouvement. Il l'a tenté, ce contournement... Le problème a persisté.

Lui qui jusqu'ici ne s'est jamais remis en question, réalise soudain qu'écrire n'était plus un plaisir, même plus une habitude, juste une sale manie, ces derniers temps. Comme une "pose", une façon de se donner une contenance, d'être. Bien loin, ses rêves de devenir romancier, d'inventer un nouveau genre, tranchant comme l'acier. Les manuscrits, tous refusés, il n'a pas eu le courage de les retravailler, ou de les proposer ailleurs. Ils dorment au fond de tiroirs ou de malles... Et lui, il s'est donné corps et âme à tout ce qu'il détestait, un genre totalement ringard, mais qui paye... une préciosité, une recherche effrénée de "beauté" au détriment du fond... des phrases ridicules à force d'être "gonflées" d'images en tout genre.

Dopeur de mots, voilà ce qu'il était devenu.

Mais aujourd'hui, c'est fini tout ça ! Tout athlète dopé finit par le payer de sa santé. Sa plume est morte, bien morte...

Il repense à son dernier manuscrit, le plus cher à son coeur... rangé comme les autres au fond d'un tiroir. Celui-là, il aurait pu l'améliorer pourtant, il avait les idées. Rien que d'y penser d'ailleurs, tout lui revient...

tout ?

mais oui !

Il se précipite sur le tiroir, sort le manuscrit, relit la première phrase, puis la suivante... et soudain, l'extase : les idées sont là.

L'écriture revient, frénétique.



Etre soi, voilà le seul remède à tous les blocages...

(*)
Le cultisme ou cultéranisme ou gongorisme (stilo culto ou culteranismo en espagnol) est l'un des styles littéraires de la littérature baroque espagnole dont le poète castillan Luis de Góngora est emblématique. Il se caractérise par une profusion ornementale de métaphores et s'oppose au conceptisme. (Wikipedia)
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