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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 22:11
C'est tout un chemin, crois-moi
entre aujourd'hui et demain
à tracer patiemment, milliers de pas
- nulle dérive jamais ne mène à soi
nul destin ne s'offre à la main
qui se tend sans agir -

c'est tout un chemin à la lumière du désir
pour vivre pleinement et pas
juste se regarder vieillir,
souffrir et n'exister que par ça,

il faut le désir, crois-moi
et y succomber, et même en mourir
pourquoi pas ?
pour en renaitre vraiment soi

c'est tout un chemin, et demain,
si tu le fais, tu verras :
ce n'était pas en vain

mais par la lumière, ne te laisse pas éblouir
n'oublie jamais de t'appartenir

car il restera avant la fin
bien d'autres chemins
à croiser, à parcourir

chaque jour a un avenir

même le dernier, j'y crois

mais tant à vivre avant ça
alors vivons, sereins
sans honte ni faiblir

Marchons, et nous verrons bien

ce qui sera

sous la lumière du désir
chaque jour renouvelé...
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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 10:32

A la grande roue de la vie, les absents ont toujours tort, ceux-là qui préfèrent regarder d'en bas pendant que les autres tournent, pensant qu'ils les reverront forcément une fois le tour achevé — ignorant que l'on peut monter à un endroit pour descendre à un autre, changer de roue en plein tour, voler... ignorant que vivre ne se limite pas à « rester sur place » ou « tourner en rond ».


Ceux qui vont leur propre route, absents du troupeau, eux aussi ont toujours tort.


Parfois, cette route leur donne raison, cependant. Mais le prix est élevé, la solitude uniforme. Et vaut-il mieux ainsi être soi-même sans concessions, jusqu'à l'extrême, ou rentrer dans le rang, même un peu, pour pouvoir parfois tendre la main et que quelqu'un soit là ? Vaut-il mieux être soi-même et juste ça, ou vivant au milieu des autres avec la joie d'un partage, même partiel ?


Quelle force faut-il pour décider de ne plus regarder en arrière, ne rien regretter, avancer jusqu'à se trouver, ne jamais se trahir ?


Mais au bout de ces chemins de traverse, les absents ne sont plus ceux que l'on croit. Qu'ils réussissent ou échouent, ces idéalistes, les absents sont les autres, tous les autres, qui n'ont pas voulu accompagner leurs frères dans ces quêtes. Qu'ils réussissent ou échouent, honte aux absents...  On ne peut évoluer que tous ensemble, les exploits individuels ne seront jamais que ça si personne ne veut suivre...


Nous sommes les absents et nous avons tort. Nous pensons toujours que les absents sont les autres, mais nous le sommes aussi, chacun notre tour. Il y a des "absents" physiques plus présents que certains, qui restent à regarder sans bouger, ou détournent les yeux, face à la misère (réelle ou morale), la faim (de nourriture ou des autres)... il y a un monde qui demande à être changé, une main tendue à la fois, mais que faut-il de tam-tam médiatique pour qu'une voix réponde, timide, que « quelque chose sera fait » ?


Nous avons tort, mais ce n'est pas une fatalité. Il suffirait d'un geste, un mot, une attention, pas un jour sans aller vers les autres, vraiment, pas juste un effleurement, mais à plein coeur, il suffirait que tous nous fassions pareil... il suffirait que les êtres humains le soient vraiment, humains...

Il suffirait d'un rien pour créer un monde où plus personne n'aurait tort, jamais.


Prêt ?

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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 17:32
silence / cri / oiseau / rocs / blonde / noeud
bleu / bouche / étonnée / universel / chocolat / déchirer


La nuit était tombée sur leurs cris, langage universel.

Il aimait les blondes, elle les beaux mecs taillés comme des rocs. Celui-ci l'avait quand même étonnée par son... "énergie", et là, dans le silence à bout de souffle qui succédait à la passion, elle se demandait encore par quel miracle il avait pu faire disparaître, même si ça ne devait pas durer, les noeuds qu'elle avait dans la tête.

Elle ouvrit la bouche... puis se ravisa : ce qu'elle pouvait être bête, parfois ! Demande-t-on à un oiseau comment il vole ? L'important, toute la beauté de la chose, est qu'elle soit. Le "comment" ne compte pas...
Et puis, à la façon qu'il avait de la regarder, il devait se poser le même genre de questions à son propos.

Elle sourit.

Elle se rapprocha un peu, l'embrassa, et décida que cela méritait bien de nouvelles "expériences".

Elle se souleva au dessus de lui, se régala à nouveau en admirant sa peau chocolat, dont elle ne se lassait pas... puis replongea dans la chaleur.


Ensemble, cette nuit-là, ils achevèrent de déchirer leur solitude.


Longtemps après, derrière la baie vitrée, la mer complice offrit ses plus belles teintes bleu-vert pour le repos de leurs regards...
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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 09:43
Sur une liste de mots proposée par Derdre (que je remercie vivement), mots extraits de son texte "Courage, aimons", petite variation sans prétentions...
J'espère avoir été à la hauteur du défi...

alpha, sculptural, kaléidoscope, otage, carotide, saillant, insatiable,
néréide, seconde, manche, vibration, enveloppe, soie



Quand elle était entrée dans la banque, avec cette démarche volontaire et tellement gracieuse, il n'avait pu s'empêcher de la regarder. Son corps sculptural avait réussi le miracle de lui faire, un instant, oublier la seule passion de sa vie, son travail, et notamment la beauté qui l'attendait en ce moment même sur les derniers clichés du téléscope Hubble : Néréide, satellite naturel de Neptune, indéniablement fascinant.
Il l'avait fixée, donc, sans même s'apercevoir qu'elle l'avait remarqué. Et s'il avait l'habitude que les femmes lui fassent reproche de cette façon de les déshabiller du regard, celle-ci avait eu une façon toute particulière de lui faire regretter, en l'espace d'une seconde...

Là, le couteau sur la gorge, il avait très peur pour sa carotide. Les complices de la femme venaient de finir de charger les sacs dans la fourgonnette, et la police étant arrivée dans l'intervalle, lui... il était un des otages.
Il sentait les vibrations de sa nervosité dans tout son corps. Impossible de cesser de trembler, depuis qu'une idée saillante s'était imposée à lui : il allait mourir, là, son insatiable curiosité allait s'éteindre, comme elle assurerait juste un peu mieux sa prise sur le manche du couteau, son âme allait se détacher de son enveloppe charnelle, dans un glissement comme la soie sur la peau... stop, il fallait qu'il arrête de penser ! Il était plus proche de l'alpha que de l'oméga (*), bon sang ! Il fallait qu'il se ressaisisse, et qu'il trouve une solution !

Il recommença aors ce qu'il appelait "le jeu du kaléidoscope", quand, détaché entièrement du monde extérieur, il laissait simplement la lumière entrer par ses yeux sans chercher à la comprendre, et faire naître des images dans sa tête.



Et ce fut bien de ses pensées profondes que vinrent le dénouement. Plongé dans un état quasi "végétatif", il s'effondra littéralement sur le trottoir alors que la femme l'entrainaît vers la fourgonnette. Elle ne réagit pas assez vite, et fut abattue par la police, ainsi que ses deux complices, qui avaient eu le tort de laisser trop d'écarts entre eux et les autres otages.

Mais tout ça, il fallut qu'on le lui raconte, car bien sûr, tout entier retiré en lui-même, il n'avait rien vu, rien entendu...
Il lui fallut deux jours pour émerger de ce coma dans lequel il avait choisi de se retirer...

Il se jura qu'à l'avenir, il ne fixerait plus jamais, avec insistance ou non, la moindre femme.

Mais bien sûr il ne pût pas s'en empêcher...



(*) L'alpha et l'oméga : le commencement et la fin (expression)
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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 14:42
Sur une autre liste de Natseyomi, un résultat "étrange". Attachez vos ceintures...

périphérique - papauté - paniquer - permutation - pointage - potentiel -
préjudice - pester - pyromane - prorata - prisme - péristyle - panier



Le prisme dans son panier protecteur, il fonce dans le péristyle du temple, comme un pyromane fuyant devant l'incendie qu'il aurait lui même allumé. Beaucoup, à sa place, paniqueraient d'avoir une dizaine d'hommes armés derrière eux, bien décidés à faire un carton. Mais il sait qu'il a le potentiel d'en sortir vivant, et puis il le doit, le préjudice pour l'humanité entière serait trop grand si le prisme venait à lui échapper.
Il entend ses poursuivants pester comme il prend peu à peu de la distance. En plus, ils visent comme leurs pieds !

Bientôt, le voilà en vue du pointage de sécurité. Le garde l'aperçoit, le met en joue... et puis la Porsche défonce la grille de protection et l'écrase. Angelina, pile à l'heure.

Il sait que c'était prévu ainsi, mais ignore comment il a pu le savoir. A vrai dire, il ignore complètement comment il a pu arriver là.

Il sent l'énergie du prisme se propager peu à peu au travers du panier, dans son bras, puis tout ses muscles. Une voix dans sa tête lui susurre que l'objet une fois libéré de la cage où il était maintenu, son pouvoir se renforce "prorata temporis" (*). Bientôt, il pourra en faire usage, et mettre définitivement Borel hors jeu, et avec lui ses ambitions mégalomaniaques.

Il ne comprend pas ce qu'est le pouvoir, mais quel besoin de comprendre pour croire ? Quelque chose en lui tente de répondre. "Permutations", entend-il... Il croit reconnaître en ce mot de grandes théories mathématiques auxquelles il n'a jamais rien compris, alors il renonce, préférant la certitude rassurante de cette chaleur qui s'immisce en lui peu à peu, et qui a commencé à lui parler. Il sent plus qu'il ne sait ce qu'il lui faudra accomplir le moment venu, et comment. C'est bien assez pour l'instant.

Il saute dans la Porsche, qui redémarre en trombe.

Bientôt les voilà sur le périphérique, en direction du boulevard de la Papauté...



"Prière d'attacher vos ceintures, nous allons bientôt atterrir"

Papauté, prière... ceintures, périphérique...

Ces paroles de l'hôtesse s'entremêlent à son rêve, et finalement c'est l'insistance de son épouse qui le tire de son sommeil.

"J'ai fait un rêve vraiment étrange, chérie..." dit-il, en baillant et s'étirant

"Le contraire m'aurait étonné", répond Angelina, en lui faisant son plus beau sourire. Elle a toujours adoré qu'il lui raconte ses rêves, ces "histoires pour rester éveillés" comme elle les appelle.

Il sourit à son tour, et s'apprête à commencer son récit...

... mais soudain ses yeux se posent sur son sac de voyage, entrouvert. Avec à l'intérieur le petit panier en osier. Et le prisme, que désormais il sent sans besoin de contact.

Après tout, c'est lui qui l'a libéré, non ?



Une pensée plus loin, les revoilà dans la Porsche. Le pouvoir du prisme est maintenant complètement réveillé. C'est lui qui conduit, Angelina ne se souvient pas encore de tout, mais n'a déjà plus cet air stupéfait des premières secondes. Elle regarde le panier avec insistance... elle le sent aussi.

Le prisme les a libérés autant qu'ils l'ont libérés. Maintenant, il réclame d'être utilisé.



Au même instant, à 3000 kms de là, un avion explose en vol. Attentat terroriste.




A quelques kilomètres des fuyards, Stéphane Borel a soudain chaud... très chaud... et tellement mal dans la tête...
 
Quelque chose explose dans son cerveau, et il meurt sans un bruit. Ses gardes du corps mettront trois heures avant de se risquer à pousser la porte, et découvrir le corps.

Au volant de la voiture, Angelina à nouveau. Son mari dort, épuisé par l'effort. Le prisme irradie toujours, mais ce n'est plus la même énergie. Il semble comme apaisé.



Angelina et son mari sirotent un cocktail, à l'ombre d'un parasol. Leurs vacances sont idylliques, telles qu'ils les avaient rêvées. Passés les premiers moments "étrange", où on leur affirmait qu'il était impossible qu'ils soient là vivants, vu que leur avion avait explosé avant l'atterrissage, personne ne les avait dérangés.

Ils en avait bien ri, après coup.

Inconscient qu'il ne s'agissait en rien d'une erreur, mais ayant tout oublié.



A 3000 kilomètres de là, un panier contenant un prisme dort dans le coffre d'une Porsche, dans un parking souterrain.

"La mission a été remplie comme prévue" se dit Le Gardien en apercevant la voiture.

Il se dirige vers elle avec assurance, prend le volant et démarre.


Fin ?

non...
ce n'est que le début...


(*) Prorata temporis : en fonction du temps écoulé
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