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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 13:50
Le maillon le plus faible d'une chaîne est aussi le plus fort. C'est lui qui brise le lien.

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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 05:24
Il faut que je lui écrive aujourd'hui. Cela fait déjà trop longtemps que je tergiverse, à jouer sur le manque de mots, la faiblesse du style, ma propre insuffisance... J'avoue : j'ai peur. Alors je m'accroche à tous les prétextes qui passent... fatigué, pas le temps, pas une minute de calme pour penser... "et puis l'inspiration, ça ne se commande pas !".

Comme s'il s'agissait de cela...

Mes amis ne disent rien, mais je vois bien le demi-sourire des uns, les regards de connivence des autres. Ils se moquent, et sans doute à leur place, moi aussi.


Il faut que je lui écrive. Et je n'ai toujours aucune idée de quoi... et j'ai peur. Pas de sa réaction, bien sûr, nous n'en sommes plus là, mais plutôt de la mienne face au caractère définitif des mots.
Mais au fond je ne suis pas dupe, je me mens c'est évident : je sais exactement quoi écrire, et je sais le pourquoi à la perfection.

Alors puisque ma décision est prise, pourquoi reculer encore ?

Je maudis ma timidité, je prends ma plus belle plume, et cette fois j'écris.



Quand elle est partie, elle m'a expliqué que ce n'était pas tant pour me quitter, mais pour que je renoue avec moi. A ses yeux, il paraît que je m'étais perdu, et comme elle ne voulait pas ainsi me voler à moi-même, mais plutôt "ajouter ses notes à la partition en toute harmonie", elle me chanta cet "au revoir" mélomane, et me laissa à mon vide.

Bien sûr, elle avait raison. En dehors d'elle, j'ignorais tout de moi. L'ayant trouvée avant de m'apprendre, de fuites en détours, de mirages en mensonges, je n'étais même pas moi.
Appelez-moi "personne" !

Quand elle est partie, elle m'a laissé le miroir de ces mots. Et son adresse, si un jour je trouvais le courage de regarder dans le miroir "la réponse qui sans doute te crève les yeux, déjà".

Elle avait raison. Peut-être tort, aussi, mais je n'en jurerais pas.

En tout cas, dans les 6 mois de son absence, je me suis beaucoup fréquenté, j'ai découvert quelqu'un de finalement 'habitable", sans aucun besoin de la béquille des autres pour avancer. Ces autres que je n'avais pas voulu réduire à ce rôle, justement, raison pour laquelle j'étais si souvent seul avant, sans amis, reclu dans mon 30m², déjà mort.

M'étant trouvé, j'ai pu trouver le chemin vers les autres.


Aujourd'hui, je ne suis plus jamais seul. Il arrive d'ailleurs que cela me manque, mais pas trop, comme cette nostalgie un peu malsaine, décalée, que l'on a parfois pour d'anciennes habitudes, même douloureuses. Comme une tendresse, à travers elle, pour un passé qui manquera toujours, de n'avoir pas pu être quelqu'un d'autre. Une voix dans la tête qui dit "dommage", puis passe à autre chose.

Non, aujourd'hui, je ne suis plus seul. Et je pense à elle, au cadeau qu'elle m'a fait malgré moi, à ces mots qu'elle attend pour que je le lui partage, pour que ce soit également le sien.
Je pense à cette lettre.

Finalement écrite.

Je pense que je serais mieux inspiré de ne plus trop penser, à présent. Dans une heure, Paul passe me prendre pour notre soirée théatre. Il est temps que je me prépare



Quelques jours plus tard, dans une petite chambre d'hôtel à l'autre bout du monde.

Une femme, assise sur un lit, hésite, une lettre à la main.

Elle a peur, infiniment. Mais après tout, c'est bien elle qui a voulu que les choses soient ainsi. Alors même si, désormais, elle ne sais plus trop si c'était mal ou bien, elle doit assumer ce pari tenté il y a déjà 6 mois de cela.

Elle a peur de mots qui ne seraient que des mots, une passion mal éteinte et une solitude trop grande accrochées au papier. Elle a peur d'elle-même aussi, qui veut y croire encore, malgré tout.

Elle prend sa respiration. "Au diable les doutes !".

Il lui a trop manqué.

La feuille à la main, elle reste une minute interdite. Comme morte.

Puis elle éclate en sanglots.




Ce même hôtel, une heure plus tard, même chambre.
Une femme de ménage redonne au lieu l'apparence ordinaire d'une chambre dans cet hôtel. Bien rangée, propre, même trop sans doute. "Chiante", pense-t-elle pour la 1000ème fois au moins.

Soudain son regard accroche, sur la table de nuit, une feuille manuscrite visiblement oubliée par la jeune cliente, lors de son départ si précipité.

Elle n'hésite pas longtemps, s'assied, et prend la feuille. C'est une lettre.




Paris, 23 mars 2005

Sandra chérie,

L'homme que tu as connu n'existe plus, désormais. Il n'était pas vraiment fait pour cela.

Avant de me confier la suite de ses jours, il m'a beaucoup parlé de toi.


A travers lui d'abord, pour moi seul aujourd'hui, je dois te l'avouer : je t'ai aimée. Je t'aime encore.


Ceci est le chant d'un inconnu qui te connait par coeur, déjà, mais rêve d'une première rencontre. S'il te plaisait de faire, à toi aussi, sa connaissance, pour continuer la partition...


Déjà nôtre

Vincent

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 16:00
Quand la nuit
s'arrête puis reflue
quand les heures défilent si vite qu'elles ne comptent plus
quand les mots s'accordent, puis s'évadent
quand le chant s'élève

l'univers entier
est un son, puis le suivant
en invente un plus beau
c'est le temps
d'apprendre l'éternité

Et quoi de mieux que la chanter
la partager ?
quand elle coule comme de l'eau
plonger corps et âme
Pourquoi retenir ? Quitte à sonner faux
préférer la vérité aux silences convenus
l'émotion qui reste aux discours qui s'effacent

la poésie qui élève au delà du temps qui passe

préférer chanter à juste sa place dans le rang.


Cela semble si évident
quand la nuit s'arrête, reflue
quand fatigue aidant il ne reste plus
d'échappatoires, de paraître
rien qu'un chemin sans fin à naître
une esquisse après l'autre

Rêver d'un jour réussir
à le tracer en un trait

Au réveil continuer à le rêver

22/04/2007

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 13:09
Ce texte fait partie du recueil "A la vie", publié il y a quelques mois sur ce blog. Envie de vous le faire (re)découvrir


Au début il y a l'air
Bien lourd bien chaud comme il se doit
Résonnant des bruits de pas
Des autres sphères

Puis lentement tout se précise
Couleur odeur forme, l'Autre est là
Je ne résiste même pas
Quand elle m'incise :

Scalpel des mots
Mon âme saigne ses souvenirs
Pleure déjà de ce que je vais écrire
Il fait moins chaud


Je plonge dans le lac profond
Le lac immense mon océan de dément
Et aucun de tous ces mots que l'on ment
Ne peut dire comme c'est bon

Noyade de l'esprit
Ne meurt que ce qui pollue
Le malheur cherche son salut, s'insinue
Mais déjà le voilà parti


Les secondes défilent les minutes passent
Et parfois même une heure s'éteint
Sans que l'inconscience y voit un frein
Sans que l'envie s'efface

Et la marée continue son va-et-vient
Mais a-t-on déjà vu, a-t-on déjà
Contemplé un tel spectacle une autre fois
Sur l'eau que la terre retient ?


La fin est aussi proche que l'inquiétude
Je me jette éperdu dans une course contre moi
Contre l'envers même de cet homme que je ne suis pas
De jour en jour du nord au sud

Je cours je cours, et puis le vide
Soudain juste en dessous, alors je recule
C'en est fait de moi, virgule
Encore un mot point final l'envie se suicide !

J'ai froid


A la fin il y a l'air
L'air et rien d'autre, l'air de rien. L'air de quoi ?
Un air, c'est certain, de deux airs
Presque une gueule de bois
Ou de ce qu'on voudra

Juste ma gueule, quoi !

Mais à quoi bon encore parler de ça
A quoi ? - Aqua, je replonge

Ce n'était pas le dernier songe ... -

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 10:38
Tu enseignes le mieux ce que tu as le plus besoin d'apprendre.

Richard Bach - "Illusion"

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