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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 22:57
La passion reste en suspens dans le monde, prête à traverser les gens qui veulent bien se laisser traverser par elle.

Marguerite Duras
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25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 15:28
En réponse au poème "Poème de Damoclès" de Tilk, que je reproduis ici, je vous présente la suite que j'ai écrite dans les commentaires sur son blog.
N'hésitez pas à lui laisser également vos commentaires.



écrire
un poème 
très haut

écrire
un poème 
Damoclès

pour que
son ombre
interrogatrice

nous fasse
lever 
la tête

nous fasse
redresser
la tête

écrire
un poème
qui tombe

écrire
une épée
dans le vif

pour que
nos peurs,
faiblesses

ne tiennent,
tranchées,
qu'à un fil

ne tiennent,
vaincues,
qu'un pas.

Ecrire
un poème.

Les oublier.

Michel - Faux rêveur

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25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 10:34

Ce texte a été écrit autour d'une liste de mots proposée par Kildar dans le cadre de la communauté "écriture ludique" (voir les catégories dans la partie gauche de cette page), avec comme objectif de publier le texte aujourd'hui précisément. Voilà qui est donc fait :-)

Il s'agit également du premier texte entrant dans le cadre de mon nouveau projet de publication d'au moins un texte par jour construit autour d'une liste, parmi celles reçues de diverses sources. A partir d'aujourd'hui, donc, et tant que j'aurai des listes et de l'inspiration, le projet sera actif.

Plus d'informations seront données prochainement sur le projet.

Liste #013 Kildar
Génèse, Paradis, Embarquer, Ennemi, Exclusif, Investir, Grenade, Sain, Gentille, Notoire.



Deux hommes s'observent, de part et d'autre d'un vaste bureau louis XV. La pièce, immense, résonne des bruits de pas de l'un de deux, qui fait les cent pas comme un ours en cage, tandis que l'autre, impressionné, s'enfonce dans son siège...

- Vous savez... j'ai lu votre livre !

dit l'ours, soudain redevenu éditeur

L'auteur, pétrifié de peur, attend la suite

- ah ? ... et ... ?

- Intéressant, vraiment... si si, je vous assure ! Je n'aurais jamais cru, à voir l'épaisseur... mais finalement oui, intéressant !

L'auteur se tasse sur sa chaise, attendant le "mais", immanquable

- Bon, d'accord : le début n'est pas terrible, il faut bien l'avouer. Mais la suite... il y a de l'idée, c'est...

- Intéressant ?

- Oui, voilà, c'est ça, tout à fait ! intéressant !

un silence

- ... mal écrit, mais intéressant.

L'auteur, écrasé, ne pourrait dire un mot, même si sa vie en dépendait.

L'éditeur sourit

- Bon, ce n'est pas bien grave. C'est à ça que servent les correcteurs, après tout !

puis, semblant hésiter, il continue

- ... mais il y a plus grave !

L'auteur, de plus en plus tassé sur son siège

- ah ?

- Oui... la fin... trop lourde, trop lente... ça gâche tout, vous comprenez ?

- ...

- Attendez, je vais vous expliquer, vous allez voir, c'est très simple !
Vous, vous êtes du genre à écrire une génèse pour chaque histoire, un paradis pour toutes les âmes gentilles et méritantes qui souffrent tant à longueur de vos romans... Ce n'est pas le premier de vous que je lis, avec les mêmes personnages en plus ! Alors ne niez pas !


- ...

- Vous voyez ? J'ai raison !
Donc, vous posez le décor : 200 pages. Oui oui, 200, je vous assure, recomptez si vous voulez !


L'auteur, d'un signe de la main, reconnaît cette défaite.

- Bien... ensuite, c'est le coeur de l'histoire. Vous ne manquez pas de bonnes idées, mais vous insistez trop sur le côté "injustice", ça alourdit inutilement.

- Mais ...

L'éditeur, soudain, s'énerve

- ah non, pas de mais ! Si vos personnages vivent un calvaire sous votre plume, c'est quand même que vous le voulez, c'est vous l'auteur oui ou non ? Alors si vous culpabilisez, filez chez votre psy, mais par pitié, n'emm... le lecteur avec ça dans vos romans !

L'auteur, tétanisé.

- ...

L'éditeur se radoucit un peu

- Bon, je m'énerve, je m'énerve... et j'en perds le fil... où en étais-je donc ?
Ah oui, la fin !


- La fin, monsieur ? osa timidement l'auteur.

- Vous n'en avez pas marre des happy ends, vous ? moi, si ! affirma l'éditeur, renvoyant l'auteur à son silence.

- Allez, je vois bien que vous ne comprenez pas où je veux en venir... comment je pourrais vous expliquer ça...
Vous écrivez "psychologique". C'est bien, c'est votre droit le plus strict, ça peut plaîre à votre maman... moi j'en m'en fous complètement. Le lecteur n'achètera pas ça !
Ce qu'il veut, le lecteur, c'est de l'action, de l'exclusif, se faire embarquer, tressauter à chaque bruit de pas parce que ça pourrait être une grenade qu'on dégoupille... le lecteur veut des ennemis détestables pour les héros, brigands et assassins notoires, pas des personnages moitié l'un moitié l'autre !

Le lecteur, il ne veut pas savoir si c'est sain ou non, comme histoire, non ! Il veut du sang, c'est tout !! Et si possible une belle apocalypse à la fin !

Vous comprenez ?

- oui... gémit l'auteur

- Bien ! Vous savez... je ne demande qu'à investir sur vous, vous avez vraiment des idées... intéressantes. Une chance que votre oncle m'ait fait découvrir un tel talent, si prometteur !

L'auteur, hésitant

- Vous croyez ?

- Mais bien sûr, c'est indéniable ! Je suis formel, vous serez grand, très grand ! Un jour, vous aussi vous aurez le Goncourt ! Comme votre oncle...

L'auteur, ému

- n'exagérons rien...

- Je n'exagère rien, mon jeune ami !
Allez, vous savez ce qu'il vous à reste à faire : écrivez-le moi, ce chef d'oeuvre !


- oui... j'y vais monsieur ! Merci !

L'auteur sort précipitamment.



L'éditeur reste seul, pensif.

Quelle plaie, ce mec ! Un auteur, ça ?
S'il n'y avait pas eu son oncle... d'ailleurs, qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui raconter, cette fois, à l'oncle ? Le baratin ne marchera pas avec lui, il voudra savoir exactement comment avance la publication de son cher neveu...
Il ne faudrait quand même pas qu'il change d'éditeur à cause de cet infâme gribouilleur !

Bon allez, c'est décidé... le prochain roman, il le signera, tant pis. Les correcteurs le réécriront en entier. Ce n'est pas comme si c'était la première fois, après tout !.

L'éditeur se sent délivré d'un poids.
Il s'assied alors, pianote sur son téléphone, et d'une voix ferme, il annonce à sa secrétaire

- Personne suivante !

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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 23:24
Douceurs violentes, pas de jour sans nuit ni de plaines sans pente, pas de soleil sans pluie ni de paix sans armes, pas de repos sans peines ni de joie sans larmes, pas de beauté sans laideur ni d'amour sans haine : violentes douceurs.

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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 13:50

« Cela aurait du être une belle journée », se répéta Jack Travis pour la 100ème fois au moins. « Même plus que belle ». Il avait assez travaillé pour cela. Et c’est sûr, ça n’aurait pas manqué d’être une énorme surprise pour Helen.

Si elle était venue.

Mais voilà, une fois de plus, la vie n’est qu’un long fleuve d’imprévu, et peu importe les moyens pour le dompter, il vous surprend toujours.

« Helen est morte. Et il faut que je l’apprenne pas la télé.
Incroyable !

Pour un peu, je lui en voudrais, à cette … mais non, c’est trop stupide. Elle n’a quand même pas choisi de mourir. Et surtout pas aujourd’hui. »

Mais décidément, Jack trouvait ça très dur à avaler.

« Ainsi, ma surprise tombe à l’eau, et me voilà spectateur de la mort de ma femme par écran interposé.

Très frustrant. »

 
Le ton « faits divers » commençait à l’énerver franchement, quand une bonne reconstitution télévisée (même purement spéculative), aurait avantageusement remplacé les commentaires plats des journalistes, cachant leur ignorance sous du mélo à deux balles … aucune image « prise sur le vif » …

« Vraiment, ça n’aurait pas du finir ainsi …

"Sauvagement assassinée après avoir été violée ", fin de citation

Ca n’a même pas de classe ! »

Plus il y pensait, plus Jack se disait que tuer une femme seulement pour avoir le droit de la toucher avant … et le droit au silence après … alors qu’il y en avait tant qui ne demandaient que ça, être touchées … et qu’il suffisait d’aider les moins convaincues avec beaucoup d’alcool, ou un peu de drogue, ou un mélange des deux …

« Vraiment minable, comme motivation pour tuer. »

 Et ensuite, pourquoi laisser les choses « en l’état » ?

 « Au pire, il aurait pu faire disparaître le corps. Au mieux, maquiller en accident. Mais non ! Il a juste été assez intelligent pour ne pas se faire voir. Et encore. Il n’a même pas mis de capote !

Mais ça, ça m’arrangerait plutôt. La police aurait encore pu me soupçonner, sinon !

Avouez que ça aurait été le comble !

Un psychopathe assassine la femme que je chéris tendrement (et surtout son argent) depuis 2 longues années … et la police ne trouverait rien de mieux que de me coller le crime sur le dos.
Et adieu l’assurance-vie.

Trop drôle. J’en rirais presque.

En attendant, cela n’aura bien évidemment pas lieu, et l’argent est à moi. Mais quand même … je suis frustré.
A 3 heures prêt, c’est moi qui la tuais. Pour l’argent bien sûr. Bien meilleur but !

La vie est étrange, parfois … vous ne trouvez pas ? »

 
Tout en se parlant à lui-même, Jack tournait en rond dans la pièce. Il finit par se servir un verre et s’affala dans son fauteuil, devant la télévision.

« Finalement, allez … ce n’est pas une si mauvaise journée, pas vrai ? C’est même encore mieux … personne ne pourra jamais penser que je voulais la tuer …

Le crime le plus parfait qui soit : celui que l’on n’a pas à commettre soi-même ! »

Finissant son verre, Jack pensa fugacement qu’il faudrait quand même qu’il pense à changer ce porto, qui avait vraiment un drôle de goût.

« Mais … le porto ? C’était la bouteille d’Helen ? oh non !

 adieu l’argent … »

 



« Dernière minute, nous venons d’apprendre le suicide de l'homme d'affaire Jack Travis, mari d’Helen Travis, qui, nous vous le rappelons, vient d'être sauvagement assassinée par « le poinçonneur de Manhattan ». D’après les premières analyses, il aurait mélangé du poison dans son porto.

 - Une bien triste fin, vous ne trouvez pas Carole ?

- Si, Franck … et  nous comprenons tous le désespoir que ce pauvre homme a pu ressentir …

- Et tout le monde est en droit de se demander : mais que fait la police ?

- Ici Carole King et Franck Carson, pour CBS news … à vous les studios ! »

 

 (texte republié)

 

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