Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Licence Creative Commons
Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

Newsletter
 

 

Référencement


Mes autres blogs
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 17:35
Ce texte a été écrit en réponse à l'exercice 37 de la communauté Ecriture Ludique. Il s'agissait d'écrire en s'inspirant de l'image ci-dessous, sans autre contrainte que son imagination


"Ombre et rocher" - Alexandre Koening
Bonjour Monsieur ! Dis, tu m’entends, toi ?

Tu es devant le mur et tu regardes mon ombre, tu as l’air sérieux, triste aussi, comme maman le jour où papa n’est pas revenu, et qu’elle s’est cachée pour pleurer. Après c’est elle qui n’est pas revenue, et je suis restée ici avec tante Alice.

Il n’y avait déjà plus école depuis longtemps, c’était la guerre, même si je ne sais pas trop ce que c’est. Des jeux de grands, m’a dit Tante Alice. Moi je jouais devant le mur de la cour, et puis les grands jouaient à la guerre. J’aimais bien l’idée d’un monde où tout le monde jouait, mais tante Alice n’avait pas l’air de mon avis. Tu comprends, toi ?

Toute la journée, je promenais mon ombre de haut en bas du petit chemin, et plus le soleil était haut, plus elle se projetait loin. Je rêvais qu’un jour elle aille si loin qu’elle se détache de moi, et que je n’ai plus d’ombre du tout. Tous les soirs, elle se cachait dans le noir, mais ce n’était pas pareil, je savais qu’elle était là.


Tu ne dis rien, Monsieur, mais j’ai l’impression que tu m’écoutes, toi, même si tu ne le montres pas. Les autres passent devant le mur tous les jours, ils sont beaucoup, mais je ne crois pas qu’ils font attention à ce que je leur dis. Toi tu as l’air différent, je t’aime bien avec tes grands yeux au bord des larmes. Mais il ne faut pas pleurer, tu sais, je suis content moi ! Mais je m’ennuie un peu, j’aimerais bien que tu me ramènes à la maison maintenant. Tends-moi la main, et amène-moi jusqu’à la porte, juste là-bas. Sans toi je n’y arriverai pas.

C’était un jour de plein soleil, comme aujourd’hui. Soudain, il y a eu un grand bruit, et plus du tout de lumière. Il a fait chaud, si chaud… puis froid, si froid… et puis j’ai continué à bouger, mais mon ombre est restée là, figée sur le mur, et plus je tentais de m’éloigner, plus j’avançais lentement. Alors, je suis revenu, et ça allait mieux. Mais je ne peux pas faire plus de 10 pas dans chaque direction. Je n’ai pas quitté le chemin depuis, ça fait longtemps.


Non, ne t’en va pas, Monsieur, attends !!! Tu m’entends ! Prends ma main et emmène-moi ! Je voudrais voir autre chose que ces visages qui défilent tous les jours, tu comprends ?

Pitié, ne t’en va pas…

10/04/2008

Partager cet article
Repost0
7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 00:00
Oser tourner ses pas vers où il n'y a pas encore de chemin un vide un rien un espoir ou même deux une idée même vague, oser ce reflux vers soi amorcer le mouvement et parier pile ou face qui vivra verra qu'il sera quand même là le chemin qu'il fera la course avec notre insouciance pour se dérouler sous nos pas, ça ou le vide mais tous nous devons un jour accepter le point alors autant qu'au moins la phrase commence comme nous l'aurons voulue.

Puis la vie se ponctue comme elle l'entend, s'en préoccuper c'est mourir déjà, renom, gâchis. Oser sauter gaiement d'un mot à l'autre, tenter les refrains-armatures sans renier l'invention des couplets, chanter parce que c'est la seule façon de respirer qui vaille chanter de toutes ses fibres l'envie dévorante d'encore un peu de temps encore le chant.

Oser la présence en soi plutôt que l'absence-paraître au milieu des autres, la substance rêve et non la diluante réalité.
Etre soi, pas un canevas répêté sans fin d'un non-humain à l'autre clonage légalisé uniforme société apparences si diverses mais même moule de la pensée. Briser le moule.

Exister.
Partager cet article
Repost0
6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 00:00
Je pourrais être astronaute, et toi chercheuse d'or
mathématicien de génie, toi diplomate
tu serais Mata Hari et moi 00, les yeux exorbités
je serais acteur et je devrais te séduire, belle indifférente
tu me ferais courir ça ne nous changerait pas, avoue
je serais Don Juan, toi mante religieuse
toi le moineau qui terrasserait un condor... que je ne suis pas

nous pourrions être tant de personnes différentes, nous pourrions tant de choses
et nous le serons sans doute je n'en doute pas, mais rien de tout ça, non
juste moi qui pourrais être dans tes bras
et toi qui me serrerais, ça serait possible, c'est vrai

si tu le voulais...
Partager cet article
Repost0
5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 00:00
Il faut que tout soit exact...


Il ne faut pas se tromper de plume, pas plus que de moment. Ne pas trop soigneusement choisir ses mots, juste les laisser s'ébrouer, mais être très attentif, quand ils se mettent en route, à ce que cela réponde au moins en partie à l'idée que l'on s'en faisait... pour autant que l'on s'en soit fait une au préalable, bien sûr, mais ce n'est même pas nécessaire : si avec le temps les mots sont devenus des amis bien présents plutôt que de passages, et la page blanche une compagne de jeu plutôt qu'un désert... alors tout ira bien.

Suivre le flot tel qu'il veut venir une fois lancé ou non dans une direction, donc... mais après, quelle en sera la fin ? Faut-il tout permettre aux phrases qui se font paragraphes, au texte qui se construit un peu - ou beaucoup, ou pire - n'importe comment, comment fixer les limites à ne pas franchir, sous peine de devoir retailler impitoyablement, tel un bonsaï, l'arbre à lettres qui voulait s'évader du pot ?

Il faut la main verte, mais il faut aussi plus que ça. De l'instinct et du travail, de la patience et en même temps de l'urgence distillée... il faut concilier les extrèmes à chaque mot qui s'écoule, indifférent à notre conflit interne. Et priez pour que, tous, ils demeurent ainsi indifférents, sous peine que le flot se tarisse...

Et à l'heure de tracer le mot fin, il faut encore ne pas se tromper de façon de l'écrire, pour s'en convaincre soi-même, pour éviter les rechutes, ou les repousses...

Tant de choses à savoir pour savoir écrire...
Partager cet article
Repost0
2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 07:28

La pluie coule sur nos joues

substitut

à la douleur qui s'est tue

transition

parce qu'il faut raison

garder

 

La pluie coule à nos pieds

que les pas restent retenus

il sera encore temps pour les courses éperdues

demain

 

En attendant pourtant, nos mains

nouées

sous cette pluie qui nous aura plus rapprochés

qu'elle ne le cherchait. Nos regards

soudés, instant à part

 

Le soleil est.

 

Malgré cette pluie qui nous viole

douce chaleur qu'elle n'étiole

le soleil est, nous sommes


deux fois le même Homme

qui avance.

Partager cet article
Repost0