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Ce blog et les écrits qu'il contient sont mis à disposition par Michel Bosseaux (l'auteur) selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
 
 

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 07:53
Après plusieurs mois d'arrêt, l'atelier Imaginair (blog et communauté) redémarre, avec la mise en lien de tous les textes proposés pour le thème 26 - Equilibre (j'en ai répertorié 24), ainsi que le lancement du thème 27, dont je vous conseille vivement d'aller lire la présentation.

N'hésitez pas à vous inscrire à la communauté si vous le pouvez, mais surtout, à participer. Si vous ne pouvez vous inscrire (pas de blog over-blog), il vous suffit de déposer en commentaire du thème le titre de votre texte et le lien vers celui-ci (lien direct) sur le blog / site où il se trouve. Les meilleures participations (les plus abouties) seront mentionnées (sous forme de lien) sur le blog.

Au plaisir de vous lire sur Imaginair :-)


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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 20:35
Il vient parfois des idées étranges, le soir, sous la douche... en voici une de ma chère et tendre, mais elle ne pensait pas que j'en ferais... ça.  Ames sensibles, etc, etc...



Je t’avais pas cru, maman, quand tu m’avais dit que si je continuais, les méchants viendraient me chercher. J’avais rigolé, tu me faisais toujours rire avec tes histoires, et puis tes grimaces pour accompagner. Là, tu avais l’air super sérieuse mais tes yeux riaient alors moi aussi, et je t’ai pas cru. Et puis j’ai continué à faire pipi au lit. Moins souvent quand même, parce que je voulais plus que tu me traites de bébé. Papa était plus gentil lui, il me disait que c’était pas si grave, il te grondait un peu de me parler de ça, mais pas trop parce qu’il t’aimait.

Une nuit tu as crié très très fort et je me suis levée pour voir. Papa et toi vous étiez dans votre chambre et le lit était trempé, tu étais toute affolée, papa aussi, il tournait en rond dans la pièce. Puis vous êtes descendu, et les messieurs en blanc sont arrivés . Moi, on m’a laissé avec mamie, qui me disait que tout irait bien, mais qui ne m’expliquait pas…

Papa n’est pas revenu cette nuit-là, ni le lendemain... quand il est revenu, ça se voyait qu’il était très triste, il avait pleuré et se retenait de ne pas recommencer. Il m’a dit que tu étais partie pour toujours, et qu’il allait falloir que je m’occupe bien de mon petit frère, ce bébé qui me regardait les yeux grands ouverts. Je n’ai pas compris d’où il était venu ce petit frère, mais j’ai su tout de suite pourquoi tu ne reviendrais pas.

Depuis, j’ai plus fait pipi au lit je te promets maman, juré ! Mais les méchants ils ont du penser que c’était pareil mes larmes dans le lit... et puis partout dans la maison, aussi... alors ce matin ils sont venu me chercher, avec leurs vêtements blancs. J’ai essayé de courir mais ils étaient plus rapides. J'ai juré que je ne le ferais plus mais ils ne m'écoutaient pas. Ils parlaient de mon petit frère, lui je l'ai bien protégé tu sais, ils ne pourront jamais jamais l'emmener, il est avec le petit jésus tout là haut maintenant !

Ils m’ont enfermée dans cette chambre toute blanche et la porte veut pas s’ouvrir. Ils font ça avec d’autres que moi, je le vois par la petite fenêtre de la porte.

Peut-être tu es là, maman, dans une chambre à côté de moi ? Peut-être que tu m’entends si je t’appelle très très fort ?
Maman ? Mamaaaaaaaaaaaan ?

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 10:48
Par là c'est hier
qui toque à la porte, le vent
se soulève, les couleurs d'avant
pâles, déteignent pourtant

par là c'est l'hiver
qui me reprend je le sens
rien ne bouge tout se perd
sauf la mémoire sauf l'enfer
par là tout se paye comptant

Par ici j'ai peur
depuis tout est si différent
depuis il y a tant de lumière
ô, on croirait l'univers
ou, déjà, nos enfants
on croirait... J'ai peur, pourtant

par là c'est hier
par ici ce n'est pas loin, le sang
tourne pareillement à l'envers
au premier grincement
ici ce n'est pas assez loin, assurément
et par là ça s'étend

Passé, présent, tout est flou
revivre chaque souffrance me souvenir de nous
puis tourner la tête vers l'arrière
inverser médaille revers
enfance prières
faussaires sourires francs

Par ici tout se mélange, je me perd
mais tu me trouveras demain souriant
sous la lumière la nuit s'altère

notre jour durera éternellement

et j'oublierai, tu m'en donneras le temps
j'espère...
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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 20:15
Je réédite ce texte, à l'occasion de la cérémonie 2008 des Molières, qui m'y a fait repenser.

Merci à Duquinou pour les mots qui rythment ce texte. Une liste "piège", pas par des mots rares, mais justement parce qu'ils sont tous très connus, presque "banals". Difficile donc de ne pas tomber dans les clichés... Mais comme j'aime les défis... je prend le risque ! A vous de me dire ce que vous en pensez...


amour, patience, rage, enfer, haine,
amitié,téléphone, passion, émotion, loup


"Sur la partition de l'émotion, j'ai joué l'amour sur tous les tons, de la patience à la rage, de l'amitié à la passion. Et même jusqu'à la haine, l'enfer, devant vous j'ai tout exploré, et vous m'avez applaudi, de vous être sans doute reconnus, quelque part. Depuis tant de temps que vous m'accompagnez, de spectacles en spectacles, j'ai appris ce qui vous fait frissonner, et je ne manque pas, avec le soucis du détail, de vous offrir chaque fois un peu plus de ce que vous aimez, d'être ce reflet de vos coeurs, hurlant comme un loup quand vous ne l'osez pas, mais que vous le voudriez tant.

Aujourd'hui c'est le jour de mon couronnement. On me décerne le Molière, vous êtes à mes pieds, et si je n'en fais pas plus de cas, ce n'est pas comme trop souvent par orgueil, mais parce que derrière ce masque que j'ai porté avec bonheur pendant toutes ces années, pour vous autant que pour moi, le rideau se déchire, les souffleurs se taisent. Je suis seul face à ce téléphone qui sonne, sonne. Et elle ne répond pas.

Vous me dites que vous avez appris par moi comme aimer peut-être beau, même jusqu'à la torture, échos déchirants... Moi en un regard j'ai compris que je ne savais rien. Depuis, l'horloge se joue de moi, je tourne en rond en attendant ses appels qui ne viennent pas. Je prie pour n'être pas le seul à ressentir. Je souffre comme jamais pour personne. J'aime, et pour la première fois, je me suis tu.

Jusqu'à ce soir.

Cet amour, impossible d'en nourrir mes rôles, bien rodés maintenant. Sur cette scène je suis ce qu'on attend de moi, je n'ai plus le droit de changer il paraît. Le spectacle doit continuer, et tant pis si je ne suis qu'une pâle copie à peine conforme à vos attentes, une imitation de l'amour, le vrai, celui que je ressens. Qu'importe que tout ça ne m'amuse plus. Vous applaudissez, vous n'avez rien vu, rien senti. Les grandes douleurs sont muettes, il n'y a pas à espérer que vous m'entendiez si je ne dis rien de ce qui m'étreint.

Alors ce soir, voilà, je dis tout.

Vous me trouverez peut-être cynique, cruel... égoïste dites-vous ? L'amour ne l'est-il pas, n'est-ce pas ce qu'on en dit dans les livres, et dans toutes ces belles pièces que vous m'avez permis de jouer pour vous ? Je n'avais jamais compris. L'amour se jouait à travers moi, quand moi je me jouais de vous. Faux et usage de faux. Condamnez-moi.

Ce soir je ne joue plus. Ou alors mon âme toute entière, en espérant, si elle m'entend, que ce ne soit pas perdu d'avance.

En attendant, ce Molière... je ne vais pas vous remercier, etc etc... Je vais simplement te le dédier, Edith, toi avec qui, peut-être, je vais pouvoir jouer le rôle de ma vie : le mien, tout simplement. Toi, le premier rôle de toutes mes joies, mes douleurs, mon attente folle... Ce Molière est le tien, parce que toi tu es, sans artifices, et que c'est cela qui mérite d'être salué.
Pas ma triste pantomine, pas mes grotesques simulacres...
Et parce qu'aussi c'est toi qui me fait tel que je suis, ici, ce soir, et que c'est cet homme-là qu'ils choissisent d'honorer, alors tout l'honneur t'en revient.

Maintenant je vais retourner au silence d'après la scène, quand peu à peu vos voix décroissent, quand il ne reste plus que la vibration des néons, la valse des nettoyeurs. Je le connais bien, ce silence, ce n'est pas lui que je crains. Il sera juste plus long cette fois, où j'aurai refusé de tenir la place que vous m'aviez réservé. On ne me pardonnera pas, et ce silence sera ma maison désormais.

Mais si tu es avec moi, Edith... alors ce sera, enfin, le vrai bonheur.

Car il est un sentiment avec lesquels les critiques, les huées... ne pourront jamais rivaliser.


Au revoir, public... "

19/01/2007
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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 16:43
Ne crois pas que je t'aime
parce que je le dis cent fois
mes mots hurlent aussi, et tu peines
à recoller les éclats, tu saignes
ne crois pas
à mes mains sur ta peau, qui se promènent
mais déchirent aussi, tu sais cela
ne t'attarde pas
au plaisir partagé à l'abandon etc...
les moments ne font une vie, pas à pas,
qu'assemblés, sinon les secondes sont vaines

alors ne les écoute pas
s'accorder à ton coeur qui t'enchaîne
à cet amour plus grand que toi et moi
qui grandit encore dans nos veines
les sentiments, ça n'explique pas
à quoi ils tiennent
ça n'explique rien, ça entraîne
puis ça lâche, ça se joue de toi

du verre de ton coeur en miettes, sirènes
sale jeu, même s'il te rend heureuse méfie-toi

Ne crois pas même
à mes yeux qui trahissent... ne regarde pas
ces larmes ne prouvent que le vent qui les draine
mon regard est colère aussi, souviens-toi
quand je t'enlace les mêmes ombres sont là
quand tu m'embrasses le temps ne freine
nous ne trichons pas, la vie si, mais voilà

m'aimeras-tu autant lorsqu'elle sera sérieuse ?
m'aimeras-tu toujours ? Peur de ne pas
être en tout celui que tu crois

peur du jour où tu n'y croiras plus
alors arrête-là
ou continue, je ne sais plus

viens dans mes bras, serre-moi

dans ton souffle j'en saurai plus...
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