Mots d'ailleurs

Le blog et les quelques textes dont il est question ci-dessous m'ont été signalé par leur auteurs dans le cadre du "Concours permanent d'écriture" que je propose sur ce blog, ouvert à tous genres, styles, thèmes d'écriture.
N'hésitez pas à participer vous aussi, si le principe vous intéresse
.


Les plus belles plumes ont parfois tendance à se cacher derrière des mots trop modestes, ou qui les rabaissent, quand il est question de se définir elles-mêmes. Et il arrive ainsi que le lecteur passe à côté, parce qu'il y a beaucoup à lire par ailleurs, parce qu'on ne dira jamais assez l'importance de l'accroche, même s'il n'est alors pas question de littéraire mais de marketing, et qu'une belle plume ne devrait pas avoir à se vendre en plus d'écrire, ses mots parlent pour elle, non ?

Je me suis fait cette réflexion en découvrant le blog de "Ma Cocotte" (et alors), dont quelques textes m'avaient été signalés il y a un peu plus d'un an dans le cadre du concours permanent d'écriture

Ni le pseudo et le titre choisis, ni la description très neutre du blog, et encore moins qu'à l'auteur de se définir "scribouilleuse et rimailleuse" dans le commentaire qu'elle m'avait laissé, ne sont à la hauteur de son écriture, ciselée jusque dans les moindres détails des trois textes (forts différents mais tous les trois de grande qualité) qu'elle avait choisi de proposer.

Le titre du blog demandant "Et alors", ma réponse est "Et alors... j'ai décidé d'y consacrer un article".


Pour vous parler plus en détail de ses textes, je vais respecter l'ordre dans lequel l'auteur m'avait laissé les liens. Je commence donc avec Je sais tout".

Dès les premières lignes, tout ce qui fait un grand auteur est là : le personnage vit, ressent, l'ambiance est posée par un texto de trois mots reçu quelques instants avant. Et l'histoire va dès lors se dérouler dans les souvenirs du personnage. Une histoire que certains pourraient qualifier de pas forcément originale, mais ce qui fait toute la différence, c'est que tout cela vit vraiment, on est très loin de simples mots alignés.
Et si la fin est dure, elle est juste, réaliste.

J'ai personnellement eu besoin d'une bonne respiration avant de continuer.

La découverte se poursuit avec "Les vacances à l'hopital", où le point de vue est celui d'une petite fille, coincée entre une vie de famille difficile et ce qu'elle peut ou ne peut pas en dire aux autres, et puis les autres, justement, qui ne comprennent pas, qui raisonnent par idées préconçues, préjugés, qui rejettent sans savoir. Il y a aussi la méchanceté des autres enfants. Mais il y a avant tout cette petite fille très attachante dont on suit les pensées tout le long comme si c'était les nôtres. Car encore une fois le miracle se produit, l'histoire se déroule devant les yeux du lecteur, qui ressent tout également, qui s'interroge sur ce qui se passe vraiment dans cette famille, et qui est finalement exprimé avec beaucoup de retenue, sans effets de style, sans pathos.

J'ai ressenti ce texte comme très poignant, bouleversant. Je ne peux que le conseiller, tout comme le précédent, même si ce n'est pas du tout le même genre.

J'ai terminé (provisoirement) ma découverte de l'auteur par le troisième texte proposé, plus "léger" : "Pseudo-créateur". Celui-ci est un hommage très appuyé (mais en forme de roman noir) aux Impromptus Littéraires, qui propose chaque semaine une nouvelle consigne d'écriture pour les auteurs intéressés à écrire "sur contraintes".

"Ma Cocotte" (l'auteur dont je vous parle depuis le début) aime manifestement beaucoup ce genre d'exercices, et a à coeur de parvenir à les faire oublier dans ses mots (je n'aurais jamais deviné si ce n'était pas mentionné que "Je sais tout" était lui aussi écrit sur contrainte).

Ici, le but était plus de faire un clin d'oeil. Il n'en reste pas moins que la qualité de la plume est toujours bien présente, et le soucis du détail est tel que le lecteur est captif, encore une fois.


Je ne peux que saluer cette capacité à faire vibrer le lecteur avec une même intensité dans des textes si divers.


Il me faut aussi signaler que, si je commente ici de façon beaucoup trop courte à mon goût trois nouvelles parmi tant d'autres à découvrir dans les pages du blog, il n'y a pas que cela à y découvrir, loin de là : Poésies, dictons, chroniques plus personnelles, il y a beaucoup de choses à lire, de raisons sans doute de s'émerveiller. Ce que je ne manquerai pas, personnellement, de retourner faire régulièrement.

J'espère vous en avoir donné l'envie également.



Publié dans : Mots d'ailleurs - Communauté : Les chroniques de la meute
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Le texte dont il est question ci-dessous m'a été proposé dans le cadre du "Concours permanent d'écriture" que je propose sur ce blog, ouvert à tous genres, styles, thèmes d'écriture.
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"Un ciel immensément gris et uniforme pèse de tout son poids sur la ligne d'horizon. A l'infini... Dense mais fine, la pluie n'a cessé de tomber depuis le matin. Elle s'abat sur les champs dénudés, s'infiltre dans l'herbe flétrie des prairies, crépite sur les tuiles poreuses d'une petite maison basse, perdue, éperdue, comme abandonnée au milieu de l'espace endolori.
"

Ainsi commence Souvenir perdu, de Ernest J. Broomse, que j'ai décidé de vous présenter aujourd'hui.

Ce que j'aime particulièrement, quand je lis un texte, qu'il s'agisse d'une nouvelle, d'une poésie, d'une scène de théatre, ou autres genres plus difficiles à définir (la littérature actuelle est merveilleuse, qui pousse à un mélange toujours plus profond des genres et des styles), c'est qu'il ne s'arrête pas à nous raconter une histoire, mais qu'il raconte NOTRE histoire : celle des hommes, de leurs émotions, leurs pensées.

Vous me direz que ce n'est pas toujours possible. Et moi je vous dirai que si l'auteur le veut, il est toujours possible de développer une situation de manière à ce que le lecteur s'interroge : et si c'était moi ? Et que cette identification peut être renforcée par certains traits (caractère, pensées, actes) , plus ou moins proches, du personnage.


Dans le texte dont il est question ici, Ernest J. Brooms pose une situation, un décor, et raconte une histoire, sans jamais oublier qu'il parle avant tout d'humain, au sens universel du terme.

L'écriture est impeccable, les émotions sont bien présentes. Le récit n'est pas le nôtre, mais certains ressentis, comme une angoisse, une terreur, le sentiment d'oppression, sont universels, et c'est là que l'auteur parvient à nous faire vivre plus que lire ce qu'il a décidé de narrer.

Mais ce n'est que la première phase : en effet, après la dernière ligne, on se rend compte que l'auteur a réussi à faire passer un message. Il nous parle en fait de ce genre de souvenirs indélébiles, ou le bon et le mauvais se cotoient, irrémédiablement liés ; des souvenirs que l'on voudraient chasser, balayer, pour leur part de noirceur ; des souvenirs vers lesquels on ne peut s'empêcher de revenir, pourtant, parce qu'ils sont nos racines, ce qui nous a façonné, là où l'on se sent vraiment en paix, malgré la part de noirceur...

Le personnage, dans Souvenir perdu, est tiraillé entre les deux extrèmes, se souvenir ou oublier.
Et bien sûr la fin ne résoudra rien... mais était-ce son but ?


Cette histoire est de celle dont on se souvient, plus ou moins distinctement selon le lecteur, bien après la dernière ligne. Quelque chose subsiste, ce "supplément d'âme" que seuls les grands auteurs peuvent insuffler à leurs mots, et qui pousse à la réflexion.

Je vous recommande vraiment de lire ce texte et vous faire votre propre opinion. N'hésitez pas à la partager avec l'auteur (en commentaires de son texte), mais également avec moi en réponse à cet article.



Publié dans : Mots d'ailleurs - Communauté : Les chroniques de la meute
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Agnès Schnell est belge d'origine, française d'adoption, et habite le pays de Rimbaud. Elle a déjà publiée à quatre reprises, et un cinquième recueil rejoindra ses ainés en 2008.
Elle n'a ni site, ni blog, préférant publier (sous son nom ou sous pseudonyme) sur divers sites d'écriture, ou chez des amis quand ils l'y invitent.

Depuis quelques temps, elle me fait l'honneur de me lire, et me laisse quelques commentaires. C'est au détour de l'un d'eux, offert en réponse à une citation de Charles Juliet (j'ai depuis publié "
Ecrire" de Charles Juliet en intégralité) que j'ai découvert un extrait de "Mots, mots, mots".

Merci, Agnès, du cadeau que tu me fais en m'autorisant à le publier ici en intégralité...



Tous ces mots dont on avorte par rage, par colère ou dégoût, tous ces mots qui nous brisent de l’intérieur, sournoisement, sans éclats, sans rien laisser paraître sinon peut-être une soudaine matité du regard, une lenteur du geste, tous ces mots inquiétudes taraudantes qui minent insensiblement…

Tous ces mots que l’on crache par dérision, par rejet.
Un semblant de détachement qui ne laisse que sable et cendres dans la bouche, amertume, morosité, nostalgie qui racle et creuse parce qu’on veut plus encore, parce qu’on veut jusqu’au bout.

La tête saturée, les mains déjà vidées à peine remplies, il faudrait donner sans cesse et recevoir quoi ? Le vide des autres, leurs masques usés ou difformes, leur cœur atrophié de trop d’amour d’eux-mêmes… A donner tant, on reçoit quoi ? Courants d’air, asphyxie, remontées d’aigreur, caresses à rebrousse-poil, aspirations brutales, irrésistibles et blessantes…

Tous ces mots qui empoisonnent et qu’on se jette et se lance de l’un à l’autre par crainte d’être brûlé, sans craindre l’incendie pour les autres.

Ces mots qui devraient nous porter, nous haler, nous tracter vers les angles, puis vers la lumière, tous ces mots deviennent poison, venin, ciguë par dépit, par crainte d’un abandon, par désespoir. Ces mots, que l’on voulait caresses, se rebiffent, se redressent et crachent de leur gueule reptilienne des salves de violence, de barbarie.

On s’asphyxie, comprends-tu ? On s’asphyxie avec nos mots-amours toujours larvaires. On suffoque, on étouffe, on s’étrangle, on se noie quand l’autre nous assomme de mots fossiles, creux, inutiles, quand l’autre nous bombarde de mots contondants, durs, anguleux, rebelles. On a mal, tu sais. On a mal à l’âme.

Alors, on n’a plus envie d’entendre, d’écouter, de comprendre. On se ferme, on se clôt, on se mure. On est sourd, aveugle, muet, insensible. On boucle son cœur à double tour, on se cloître, on s’isole.

On est de pierre, de marbre, de basalte. On est minéral. On ne perçoit plus rien si ce n’est la palpitation obsédante de notre cœur qui bat pour l’autre, pour les autres et qui attend le moment où il va se donner encore et encore… Au risque de s’épuiser.

Publié dans : Mots d'ailleurs
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Un autre texte dont j'avais extrait une citation (Ecrire / 3), ce qui ne pouvait suffire à présenter la diversité de ton, de force, d'expression, de l'oeuvre complète. Voilà une réflexion lumineuse d'exactitude et d'émotions sur ce que c'est, écrire, au delà de tracer des mots sur du papier, ou les placer lettres à lettres à coup d'électrons sur un écran : un besoin vital. Et cela valait bien ces lignes, que sans doute nombre de lecteurs ont pris et prendront encorepour une litanie, longue, ennuyeuse même peut-être, sans chercher à en percevoir la profondeur.

Merci encore une fois à
"Première Aile" pour m'avoir fait découvrir cette oeuvre, et à remue.net, site de très grande qualité, qui l'a publiée.



Écrire. Écrire pour obéir au besoin que j’en ai.

Écrire pour apprendre à écrire. Apprendre à parler.

Écrire pour ne plus avoir peur.

Écrire pour ne pas vivre dans l’ignorance.

Écrire pour panser mes blessures. Ne pas rester prisonnier de ce qui a fracturé mon enfance.

Écrire pour me parcourir, me découvrir. Me révéler à moi-même.

Écrire pour déraciner la haine de soi. Apprendre à m’aimer.

Écrire pour surmonter mes inhibitions, me dégager de mes entraves.

Écrire pour déterrer ma voix.

Écrire pour me clarifier, me mettre en ordre, m’unifier.

Écrire pour épurer mon oeil de ce qui conditionnait sa vision.

Écrire pour conquérir ce qui m’a été donné.

Écrire pour susciter cette mutation qui me fera naître une seconde fois.

Écrire pour devenir toujours plus conscient de ce que je suis, de ce que je vis.

Écrire pour tenter de voir plus loin que mon regard ne porte.

Écrire pour m’employer à devenir meilleur que je ne suis.

Écrire pour faire droit à l’instance morale qui m’habite.

Écrire pour retrouver - par delà la lucidité conquise - une naïveté, une spontanéité, une transparence.

Écrire pour affiner et aiguiser mes perceptions.

Écrire pour savourer ce qui m’est offert. Pour tirer le suc de ce que je vis.

Écrire pour agrandir mon espace intérieur. M’y mouvoir avec toujours plus de liberté.

Écrire pour produire la lumière dont j’ai besoin.

Écrire pour m’inventer, me créer, me faire exister.

Écrire pour soustraire des instants de vie à l’érosion du temps.

Écrire pour devenir plus fluide. Pour apprendre à mourir au terme de chaque instant. Pour faire que la mort devienne une compagne de chaque jour.

Écrire pour donner sens à ma vie. Pour éviter qu’elle ne demeure comme une terre en friche.

Écrire pour affirmer certaines valeurs face aux égarements d’une société malade.

Écrire pour être moins seul. Pour parler à mon semblable. Pour chercher les mots susceptibles de le rejoindre en sa part la plus intime. Des mots qui auront peut-être la chance de le révéler à lui-même. De l’aider à se connaître et à cheminer.

Écrire pour mieux vivre. Mieux participer à la vie. Apprendre à mieux aimer.

Écrire pour que me soient donnés ces instants de félicité où le temps se fracture, et où, enfoui dans la source, j’accède à la l’intemporel, l’impérissable, le sans-limite.

22 janvier 1996
Publié dans : Mots d'ailleurs
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Je n'ai pas eu à chercher longtemps pour savoir par quel texte s'ouvrirait "Mots d'Ailleurs", nouvelle section de mon blog, dédiée à des textes (et des auteurs) d'exception. Je n'ai jamais oublié le plaisir rare pris à la lecture de cette lettre de Damien Saez, découverte sur le blog infinity... Un texte inclassable, qui parle de notre monde comme il va, nous tels que nous sommes, le temps qui passe et ne guérit de rien, et les moments par lesquels on passe chemin faisant...
Alors aujourd'hui, à mon tour de vous partager ce plaisir, même si j'avais déjà eu l'occasion de le faire le temps d'une citation (Séparation
). Mais ce texte ne peut se résumer à si peu...


Frères et Soeurs

Le soleil se lève et nous voilà encore en cette aurore de troisième millénaire, spectateurs de nos échecs, acteurs de nos futurs. On avait pourtant juré et de Nüremberg à Sarajevo, rien n'a changé, juste la manière, comme si l'humanité elle même s'infligeait sa propre sélection naturelle, comme si le sang nourrissait le progrès et le progrès le sang. C'est étrange, internet est là mais y'a plus d'éducation et les symboles ont pris feu, sous des slogans de paix, la crise est née, sous des rêves d'amour, sida et latex ont enterré le Rock, aujourd'hui c'est disco 2000 et dragées pour baiser. Mais putain n'y a t-il rien à foutre ici que supporter le cul de cette société bien assise entre un restant d'humanité et un confort capitaliste que chacun serre dans sa main comme on sert le sein d'une nourrice. Et puis la France...
Un américain disait : " La France, ah oui, c'est le pays qui se range toujours du côté des vainqueurs ", espèce d'inculte batard d'américain, t'avais bien raison.

J'en ai marre d'entendre les mêmes conneries à longueur d'ondes, la même merde qu'on livre par kilotonnes à des milliards de crétins qui n'ont pas le choix.
Non la terre n'est pas ronde, elle est carrée, câblée et nos coeurs avec. Et puis les extrêmes montent et puis les gens ne lisent plus, la violence devient une communication et la réflexion meurt sous les millions d'assauts quotidiens que nous livrent les Microsoft et autres fascistes de la communication. Ah la " communication ", quel grand mot.
Aujourd'hui le bruit rassure et le silence fait peur.
Ce soir je viens de te laisser un message pas très joyeux car ce soir... c'est la fin d'une histoire d'amour, en tout cas, la fin physique.. les êtres aimés des dieux meurent jeunes. Au moins les lettres ont plus le parfum des souvenirs et des coeurs que les conversations de nos portables.
Quand je regarde un peu en arrière, j'ai le sentiment d'un jour et d'une nuit qui se sont croisés sans jamais vraiment accoucher du crépuscule ou de l'aurore qui font véritablement la beauté de la lumière, et des ténèbres. Un jour...

Posée comme une étoile, y'a cette photo de toi, posée sur le bureau de cette chambre d'hôtel, cette photo que je n'ai pas mais que j'imagine. Mais ce n'est pas toi qui me manque, en fait il me manque celui que je fuis, je voudrais fuir ce que je connais, fuir ce qui nous appartient, fuir ce que j'aime, je voudrais m'en aller vers un endroit. Mais dieu que c'est dur d'avoir vingt et un ans tout seul et j'ai mal à la tête et à l'univers entier et putain que c'est bon d'aller vite, car nos jours sont comptés chère soeur d'aventures, car nos jours sont comptés cher frère de luxure, et le décompte va vite...
La nuit est si belle ce soir. Il pleut et le chuchotement des gouttes berce un monde qui s'endort..C'est Dieu qui pleure ! C'est Dieu qui pleure ! Au moins nous ne sommes pas seuls, finalement c'est un peu ça, le ciel est un vrai compagnon de larmes, c'est un peu triste mais c'est déjà ça.

A nous,

Damien

Sources de la version dactylographiée : http://charloulou.blogspot.com/2006/11/frres-et-soeurs.html
Publié dans : Mots d'ailleurs - Communauté : Poé-vie
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