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19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 18:55
C'est l'histoire d'un coucou tout usé dans une vieille horloge. Nul ne sait comment elle fonctionne, ni comment elle a pu survivre aussi longtemps, mais toujours est-il que le coucou, à heure fixe, continue de marquer le passage du temps, meublant un peu cette maison à vrai dire trop grande pour ses occupants.

Mais un jour on s'avisa que le silence régnait depuis trop longtemps dans la maison. Ce n'était pas normal, quelque chose manquait.
Et en effet, le coucou s'était tu.

Cela plongea la famille dans la tristesse.

On fit venir un réparateur de coucous, grand spécialiste, un des derniers du genre, qui demanda à rester seul un instant avec le petit oiseau mécanique ... « des fois qu'il aurait encore la force de dire quelque chose ».
On ne contraria pas le spécialiste, et toute la famille se retira.

Peu de temps après, l'homme revint en annonçant que le coucou avait demandé à ne pas être réparé ... lassé depuis si longtemps de lancer son « coucou » enjoué en espérant une réponse qui ne venait jamais.

On répara quand même le coucou (le spécialiste avait trop besoin d'argent pour faire la fine bouche). On lui fit promettre qu'à l'avenir, on lui répondrait.

Et en effet des efforts furent faits, et tout était pour le mieux.

Mais un jour, naturellement, tout redevint comme avant. Et une nouvelle panne survint.
Alors on fit revenir le réparateur.

Le verdict évidemment fut le même. Mais, comme la fois précédente, on le contraignit à réparer le coucou. Ce qu'il fit, en promettant de nouveau que tout irait mieux.

Et le coucou fonctionna une nouvelle fois. On lui répondit. Et tout était pour le mieux.

Mais peu après cet unique fonctionnement, à la stupeur générale, ce fut l'horloge qui s'arrêta. Comme le réparateur de coucous connaissait un peu ce modèle, on le fit venir aussi.
Il prit son temps cette fois pour établir son diagnostic, et délivra finalement les conclusions suivantes :

Après concertation avec le coucou, l'horloge avait choisi d'arrêter les battements de son coeur mécanique, pour que le coucou vive éternellement cet instant parfait, où il avait été aimé de tout le monde.

Malgré tous les efforts qui furent faits (contre payements), on ne put jamais réparer l'horloge, qui fut finalement remplacée par un modèle à pile, faisant « coucou » grâce à un mini haut-parleur incorporé. Personne ne prit jamais la peine de lui répondre.

Jamais ce coucou-là ne s'en plaignit.

16/07/2001



Si l'on y met assez de moyens, on finit toujours par obtenir ce qu'on voulait. Mais selon les moyens employés, ce peut ne plus être exactement ce que l'on voulait au départ.

Recevoir n'est pas prendre.


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commentaires

Motdit 24/08/2007 09:56

je n'ai pas encore lu mais.... ces mots ....Recevoir n'est pas prendre.il y a tant à dire....

Faux rêveur 24/08/2007 10:00

Merci de ta visite sur mon blog :-)Oui il y a tant à dire... et cette réflexion illustre le texte de plusieurs façons, tout en s'en éloignant un peu... tu verras.

yara 22/08/2007 12:45

oh oh oh je ne regarderais plus jamais le coucou qui est dans mon saon comme avant^^

Faux rêveur 22/08/2007 13:18

:-) Cool, mon texte aura rendu la vie meilleure à un coucou ;-)

marianne 20/08/2007 07:05

toute histoire a sa morale n'est-ce pas?

Faux rêveur 20/08/2007 07:43

oui...

d'eli cieux 19/08/2007 20:56

quel beau conte philosophique ! Quelle belle plume, vous avez là ami ?Je ne reconnais pas une plume de coucou et j'en suis ravie...J'espère que vous continuerez longtemps à nous conter vos histoires, si troublantes, si sensibles,moi qui aime tant faire des coucous , et qui suis ravie quandun autre oiseau répond,je suis troublée de cette belle histoire, vraiment...Je me sens en ce moment même proche de l'âme du coucoumais celui qui doit aller choisir de s'enfermer dans la grande horloge...pas celui qui vit à l'état sauvage, et qui pond ses oeufs , un peu n'importe tout, comptant sur le bon coeur des autre coucou pour faire vivre sa progéniture...votre conte , ami, me fait longuement réfléchir...(désolée, pour le vous, mais je me suis imaginée à une autre époque , çam'arrive quelquefois , une des nombreuses bizareries qui font que je suis ce que je suis , je joue sourires  )

Faux rêveur 19/08/2007 21:10

:-) Beau jeu :-) Et superbes compliments ;-)Merci pour ce commentaire... ce texte me tient à coeur, derrière la fable se cache quelque chose de personnel, une transposition... C'est ce que je trouve de bien en me relisant, le texte peut se lire à plusieurs niveaux.

Sandy 19/08/2007 20:25

Très jolie histoire... quelques mots pour une leçon... merci ;-)

Faux rêveur 19/08/2007 20:28

merci à toi pour la visite :-)