Texte modifié et republié dans le cadre de l'exercice 25 de la communauté Ecriture ludique : "La page blanche"
Je n’ai pas fini mon texte pour la prochaine édition.
Vieille habitude, les mots tardent toujours à venir. Il faut avouer que je suis assez complaisant avec ce manque d’ardeur de mon inspiration... tant qu’elle finit par venir à temps.
Au besoin, quand « l’équation » ne tombe pas juste, j’additionne un peu (beaucoup) d’alcool, je multiplie par le spectacle de mes collègues en retard eux aussi, je me soustrais au stress du
rédac-chef… et j’accouche comme je peux, priant l'angoisse de la page blanche de se diviser suffisamment.
Mais là, plus que 10 minutes, et rien. Le vide.
Certains tricheraient, à ma place. Mais un billet d’humeur sans humeur, je ne peux pas. Je ne suis pas payé pour faire de la littérature, mais pour faire vrai. Et le vrai, ça ne se commande
pas.
Merde, j’aurais pas du boire autant ! Deux bouteilles trop tard, coco ! Bues en douce, mais personne n’est dupe. Tant que je boucle dans les temps, ils regardent ailleurs, mais ils espèrent tous
que je finisse par m’étaler.
Ce soir ?
Quel métier de con ! Sans cesse obligé de trouver des raisons de m’indigner, « parce que trop c’est trop, ça ne peut plus durer ainsi ! »… et tout ça avec style, humour, élégance… Moi qui suis
plutôt un gars calme, trop même, qui ne «
lâche la vapeur » que quand je bois.
Alors je bois, et j’écris. Mais pas ce soir.
A moins que… ?
La complainte de l’éditorialiste devant sa copie blanche ? C’est bien mon humeur du jour, non ?
5 minutes pour torcher mon papier. 1500 signes maxi, comme d’hab. Mais pour ça, on peut toujours tricher, faut pas trop pousser quand même !
Voilà, c’est fait, le rédac-chef ramasse les copies. Regard en coin. C’est pas encore pour cette fois, cowboy !
Je ne me promettrai pas de faire mieux demain. Juste rentrer droit si possible, et dormir.
Au réveil, penser à démissionner ?
Surtout ne pas oublier…
Gros baisers tendres
Ta femme (qui te souhaite encore un BON ANNIVERSAIRE!!!)
tu veux que je te prouve que je peux m'inspirer d'autres choses pour écrire ? J'ai cru voir passer une belle créa récemment dans un commentaire... loooooool ;-)
Oui en effet, le personnage suscite plutôt la pitié qu'autre chose, il a l'air au bord du gouffre, vacillant, mais d'un autre côté il choisit son enfer en ne faisant pas le pas de le quitter, en remettant au lendemain, rien ne le force à se détruire ainsi, sinon lui-même...
Bisous doux... et merci d'être si présente...
virginie
j'avoue que la tristesse et la fatigue sont de bons moteurs... le bonheur aussi, remarque, mais c'est plus dur...
Je n’en reviens pas encore….. dés les premières lignes de ton texte je suis surprise, je pense « ha !.... qu’il est difficile d’être humain… Même « Faux Rêveur » avec à ses côtés une jolie « Eva ».. Derrière ses mots il y a donc une souffrance insupportable pour qu’il n’est trouvé du réconfort que dans l’alcool »….. Je continue la lecture de ton texte…. Et là, je sourie… je rie même… « Qu’elle idiote je fais…. c’est une fiction, juste une fiction ».
Je n’en reviens pas… Pris au piège des mots. Bravo !..... Je n’en finirais pas d’être étonnée par toi.
big bisous