Ces vagues qui nous soulèvent
Décidément
Ne s'arrêteront plus
Nous avions pris la mer, confiants
Nous savions ce que nous voulions et elle aussi
Je ne sais plus qui nous avait dit
Que quand la volonté est forte elle soulève même les montagnes, même
Parfois elle écarte la mer
Si Dieu le veut

Il faut croire qu'Il ne l'a pas voulu

Aujourd'hui l'ouragan
Gagne la partie comme de juste
Aujourd'hui il n'y a plus de vivant
En cet amour jadis robuste
Que des souvenirs, seulement quelques
Herbes déjà jaunies, délavées
Comme le papier
N'aura pas su leur garder leur éclat
Pas plus que la vie

Aujourd'hui finit l'agonie.

Paraître ne sert plus à rien alors
Ecarter tes mots qui
Me supplient de les croire
Comme tu me dis le provisoire des faiblesses
Comme tu me dis
Qu'on n'additionne pas
Des pommes et des poires
Ni des jours et des mois
Tous différents
Dommage que je ne me crois pas
Quand je t'écoute
Dommage que je ne me reconnaisse plus

Ainsi nous avons tout perdu

Et si quelqu'un avait une objection
A formuler avant qu'il soit trop tard
On pourrait peut-être éviter
De marier la fin avec le début
Pour tirer le trait
On pourrait
Peut-être encore qui sait ...
Mais la seule voix qui s'élève autre
Que la mienne
Est le vent qui nous balaye
Le vent jaloux de ce qu'il ne sera jamais
Et qu'il détruit si facilement


Ne restent au présent

Que quelques planches sur une mer démontée
Et nous qui auront donc coulé mais
Déjà je remonte, déjà ...

Et je te tiens je crois
Dans ma main la tienne, dis-moi

Mais est-ce bien ta main
Ou juste

Un dernier souvenir de toi ?
Publié dans : Recueil : Traversée du désert (2001)
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Commentaires

quelle traversée du désert ! main dans la main, tout périple est possible

Commentaire n°1 posté par plumelegere67 le 14/02/2012 à 16h05
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