Le passé qui s'invite
une photo, un sourire,
une larme qu'on évite
une page tournée, pour pas pire

tout a subsisté, juste là
ancré gravé, à coeur ouvert
on dit qu'il suffit de laisser le temps passer
et construire, pour que s'efface hier
pourtant les numéros, les mots
chaque moment, jusqu'au dernier
tout me revient et c'en est trop

je n'étais pas prêt à te revoir

mais ce sourire, je vais le garder
dans ma mémoire, ton sourire que j'espérais
dans ta vie, loin, moi qui ne pouvais que te détruire
ton sourire qui ne gomme rien, mais il est


peut-être pourrais-je enfin cesser
de perdre le mien quand me souvenir déchire
peut-être pourrais-je exister
hors de cette ombre qui ne me désire
pas, cette ombre où je n'avais pas ma place
cette ombre dont j'ai trop longtemps masqué
la beauté du monde autour

peut-être pourrais-je me souvenir
où j'ai jeté la clé
et libérer cette moitié de moi
fidèle seulement à un souvenir
une chimère

peut-être pourrais-je enfin être entier
pour cette vie à inventer d'urgence
et pour celle qui l'a tant mérité
qui m'accompagne dans chaque errance

et vaut bien un meilleur chemin...



Publié dans : Poésies - Communauté : Poé-vie
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