Ce texte, écrit à l'époque dans le cadre du projet "Braises", participe à
l'exercice 35 de la communauté "Ecriture ludique" : "Du virtuel au réel"...
#011 Madam'Aga
sentir, mourir, volupté, déception, aridité, désespoir, flamme, soubresaut, frissons, animalité
L'ensemble des listes actuellement reçues, et ce que j'en ai fait jusqu'ici, est consultable ici.
Il eut à peine le temps de se
sentir mourir.
Le coup était venu trop rapidement, presque par surprise. Et avant même qu'il réalise ce qui arrivait, les
frissons laissaient déjà la place à autre chose... à l'exact opposé du
désespoir que l'on devrait ressentir à un tel moment.
Au contraire, il se sentait envahi par une jubilation intense, irrépressible. Et puis aussi... une telle
volupté...
Mais cela ne dura pas, et à la place, il sentit déferler, telle un ouragan, une
aridité encore plus forte, qui fit vaciller la
flamme au fond de lui.
Un dernier
sursaut d'
animalité lui arracha un hurlement, de rage et de jouissance mêlées, puis il s'éteint.
Quand il se releva, il ne put cacher sa
déception.
-
La prochaine fois, essaye de taper moins fort, merde ! J'ai quasi rien senti !
Raphaël regarda longuement Cédric avant de répondre.
-
T'es trop bizarre, tu sais, parfois... Allez moi je m'arrache, ça ne m'amuse plus !
- Non ! Raph, reviens ! C'est qu'un jeu... !
-
Débranches, Ced ! C'est peut-être qu'un jeu... mais trop malsain.
Tu réalises que je t'ai tué, là ?
-
Ouais, mais c'était pour de faux, tu vois bien !
-
Pour de faux tu parles !!! Tellement parfaite cette nouvelle réalité virtuelle... et toi, ça ne te suffit même plus ! Faut que tu joues à mourir ! T'es barge !
Raphaël posa son casque de vision virtuelle, puis acheva de retirer la combinaison spéciale, conçue par Gametec Corporation pour reproduire fidèlement toutes les sensations vécues par les
joueurs.
-
Mais Raph, attends ! On va vraiment jouer, là... ! Je ne veux plus que tu me tues, juré !
-
Non Ced, je me casse...
ça fait déjà la 5ème fois, à chaque fois il te faut plus de violence... t'es vraiment dingue !
Je me tire avant que tu me demandes de te tuer pour de bon !
Cédric resta seul, et hésita un moment. Sans Raphaël, ce n'était plus vraiment la même chose...
Mais son attirance pour les sensations fortes reprit finalement le dessus.
"Après tout, je n'ai besoin de personne pour me planter un couteau dans le coeur !", pensa-t-il
Le sourire revint sur son visage à cette idée. Tout à l'anticipation de sa jouissance, il enclencha le mode "exploration simple", réajusta son casque, et repartit dans le jeu.
Il agonisa en boucle des heures durant, jusqu'au petit matin.
Puis, le jeu continua dans ses rêves...
Je sais ce qui me "tracasse" c'est la fin.
Plutôt que "il pourrait toujours se planter tout seul un couteau dans le coeur" moi j'aurais plutôt vu un truc du style "il pourrait toujours retourner dans la Matrice et affronter l'ordinateur".
Mais hormis ce point totalement perso, c'est fluide, ça se lit tout seul et tous les mots y sont !
Je voulais décrire un personnage accroc à la sensation de mort... qui passe une étape à la fin en n'ayant plus besoin de personne, donc qui monte d'un degré dans son addiction morbide... on dirait que manifestement ce n'est pas passé. Sans doute ai-je voulu faire trop glauque... affronter l'ordinateur, ça aurait encore été trop "jeu" à mon goût...
Je mets un texte (rediff) en ligne en rentrant de déjeunerr tu verras ;-)
Effectivement ce n'est pas ce que moi j'aurai fait avec ces mots... Mais ce n'est pas non plus ce que tu étais sensé faire.
Bien trouvé le jeu de réalité virtuelle.
Je trouve qu'on voit bien l'addiction du personnage à la sensation de mort.
Je ne trouve pas que la fin soit trop glauque, mais peut-être un peu trop abrupt, il me semble (pardon) que la fin est moins travaillée que le reste du texte, qu'il manque un tout petit quelque chose, juste sur la dernière phrase
Le dialogue est très réaliste et pour moi, ça s'est vraiment pas évident à faire
A part ça, je trouve que tu tiens là un bon début de roman.
A +
bon, cette fin semble vraiment poser problème... ;-) Il faut dire qu'elle ne figurait même pas dans le brouillon, Raphaël partait pour ne pas que Ced lui demande de le tuer pour de bon, et point. Mais là pour le coup, ça me semblait vraiment trop court, le texte ne voulait rien dire.
Pour les dialogues... je ne suis pas spécialiste du tout... mais je me soigne ! ;-) C'est un de mes problèmes majeurs pour écrire un roman, le principal problème étant les descriptions... mais je me soigne aussi :-)
Voilà. J'ai réécris la fin... n'hésite pas à m'en dire à nouveau ce que tu en penses...
"Second life" n'est pas conçu pour la violence, et que tu restes derrière ton clavier, ta souris, et l'écran. Pas de combinaison spéciale. Pas encore...
Je profite que tu es en train de recevoir ma Newsletter pour déposer un com' ici.
T'as bien fait de ré-écrire la fin, et je suis "heureux" de voir que ej n'étais pas le seul à "gripper" sur la fin.
Tu sais, généralement, deux commentaires qui vont dans le même sens, ça me fait réagir... surtout quand je me relis et que je ne suis pas moi-même convaincu... non, franchement, j'étais trop pressé de poster ce matin, j'avais baclé le boulot !
oui, je préfère la fin comme ça.
Et là : Puis, le jeu continua dans ses rêves... trop doux pour moi... Mais là, c'est vraiment une question de goût. lol
J'aime celle là : Il agonisa en boucle des heures durant, jusqu'au petit matin.
ok, je sors avant de passer pour une folle... J'aime juste les histoires très torturées... pas la réalité...
Tu as raison d'exprimer tes goûts, je pense qu'on aime les mêmes choses ;-) Et moi je passe pour un psychopathe auprès de certain(e)s... et ça m'énerve ces gens qui ne savent pas séparer littérature et vie réelle, écriture et maladie mentale lol
Bel effet de surprise par rapport au début du texte, non ? ;-)
oula rapide la reponse!!!
absolument, bel effet de surprise :-)
Oui ta fin ets plus dans l'esprit de l'écrit.
Pendant que j'y suis je vais continuer à dépôser une autre remarque.

La phrase de Ced " - La prochaine fois, essaye de taper moins fort, merde ! J'ai quasi rien senti !" demande d'être relue plusieurs fois pour comprendre qu'il est frustré de ne pas avoir souffert assez longtemps parce que Raph a "tapé trop fort".
C'est clair pour toi parce que tu as l'histoire dans la tête mais pour moi qui découvre en lisant c'était pas aussi évident.
Allez j'arrête c'est moi qui suis est la comprenette lente si ça se trouve
" Quand il se releva, il ne put cacher sa déception." (je cite)
Ca, + le début du texte ("il eut à peine le temps de se sentir mourir. Le coup était venu trop rapidement..."), ça me parait assez clair...
Les lecteurs sont des "boeufs" parfois faut savoir appuyer pour bien enfoncer.. le couteau... heu non le clou ;-)
ensuite, Raph lui dit bien qu'il veut de + en + de violence d'une fois à l'autre...
bref non sorry je pense que la compréhension se fait petit à petit...
Puis le couteau est bien enfoncé là, il tient tout seul, regarde... (Kildar se penche pour mieux voir, et se mange un coup vicieux dans le ventre... niark... pas assez enfoncé qu'il disait ? mdr)
c'est mon dernier mot Jean-Pierre ;-) euhhh non, Kildar ;-)
Je n'ai pas lu la première version... donc je découvre et justement j'aime beaucoup la fin avec cette mort en boucle... et le jeu qui se poursuit dans ses rêves... accro... déphasé, tueur virtuel... ça me dit quelque chose... arf...
En à côté, je te file un lien vers un blog d'un tout jeune qui écrivait (depuis mai, je ne le vois plus sur OB) des petits textes très sympas, en oubliant les fotes d'ortograffe... si tu as un peu de temps...;)
http://nar6.over-blog.net/article-10094537.html
Tueur virtuel, oui... c'est bien une "caricature" (mais à peine) des accrocs aux "doom like" comme on disait de mon temps... sauf qu'ici c'est un suicidé virtuel, pour le plaisir, le masochisme remplaçant le sadisme...
Merci pour le lien, j'irai lire :-)
Mon avis est donc qu'il faut garder ce texte tel quel...
Le commentaire de Kildar s'appliquait à une version de ce texte avec une fin moins développée (nettement), et où mes intentions concernant ce que je cherchais à exprimer, le caractère du personnage, n'étaient pas aussi claires... Il a recommenté depuis, dans un autre sens... :-)
Il vient d'un univers cyberpunk nommé "Shadowrun" créé en 1989.
C'est d'ailleurs là qu'on trouve c'est fameux datajack qu'on se branche dans la prise qu'on s'est faite poser sur la tempe et qui permet de "surfer sur la matrice" et d'affronter les Cybergardes et autres Glaces...
Mais depuis Matrix on a un peu "oublié"
j'ai vécu ça, à une époque, avec des jeux comme doom ou duke nukem, bien moins réalistes, mais qui après quelques heures de jeu, persistaient... j'avais toujours l'impression de mouvement, les images qui défilaient devant les yeux...
Il faut arrêter de se réfugier derrière le "c'est qu'un jeu", excuse bidon... c'est une drogue... à forte dose, ça mène directement à des troubles mentaux graves, en quelques jours...
Je crois que c'était un peu l'intention de la personne qui me l'avait préparée... ;-) Mais je suis un rebelle, quand on essaye de me mener à un endroit, je vais quand même où je veux ;-)
Et j'avoue que quand la première phrase m'est venue, l'histoire a déroulé toute seule sans même que j'aie le temps de réfléchir. Mon inspiration est une grande malade... ;-)
Je viens via ton fil et je viens de voter dans ton blog.
Bonne soirée
bisous
Il se shoote à sa propre souffrance. Tant que ce n'est que virtuel, qu'importe ... mais ça a déjà commencé à le rendre accroc, et un jour le virtuel ne lui suffira plus...
l'escalade est glaçante et tellement prenante... je vais explorer ton blog un peu plus!
A Bientôt!
Il y a des choses beaucoup plus douces dans mes pages, d'autres aussi dures... il y en a pour tous les goûts, donc :-) Mais je te laisse le découvrir toi-même :-)
j'aime relire tes textes mon amour :)
je t'aime
Mais ça c'est la vision de ton homme, pas du tout gothique, non, du tout... ;-)