Recueil : Attraction

Ne crois pas que je t'aime
parce que je le dis cent fois
mes mots hurlent aussi, et tu peines
à recoller les éclats, tu saignes
ne crois pas
à mes mains sur ta peau, qui se promènent
mais déchirent aussi, tu sais cela
ne t'attarde pas
au plaisir partagé à l'abandon etc...
les moments ne font une vie, pas à pas,
qu'assemblés, sinon les secondes sont vaines

alors ne les écoute pas
s'accorder à ton coeur qui t'enchaîne
à cet amour plus grand que toi et moi
qui grandit encore dans nos veines
les sentiments, ça n'explique pas
à quoi ils tiennent
ça n'explique rien, ça entraîne
puis ça lâche, ça se joue de toi

du verre de ton coeur en miettes, sirènes
sale jeu, même s'il te rend heureuse méfie-toi

Ne crois pas même
à mes yeux qui trahissent... ne regarde pas
ces larmes ne prouvent que le vent qui les draine
mon regard est colère aussi, souviens-toi
quand je t'enlace les mêmes ombres sont là
quand tu m'embrasses le temps ne freine
nous ne trichons pas, la vie si, mais voilà

m'aimeras-tu autant lorsqu'elle sera sérieuse ?
m'aimeras-tu toujours ? Peur de ne pas
être en tout celui que tu crois

peur du jour où tu n'y croiras plus
alors arrête-là
ou continue, je ne sais plus

viens dans mes bras, serre-moi

dans ton souffle j'en saurai plus...
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Comme à
l'écart du monde, des gens
coma
roule, houle, avant
arrière, marée, à
la lune se liant
pensées comme à
mille mètres se noyant
le vide le froid, coma

couler

il sera toujours temps de remonter
à contre-courant
sous ces yeux-là qui ne résistent pas
mais transposent

il sera toujours temps pour autre chose
quand tu reviendras...
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Je ne suis
rien qu'un mot d'un poème
quand je ne suis
pas celui que tu aimes
celui-là qui
hait que les jours soient des semaines
entre nos nuits

oui je ne suis
qu'un esclave, sans chaînes
mais sans vie, englouti
les heures défilent, les mêmes
obligations, la même absence d'envie
je ne suis que des pas qui se traînent
quand je t'oublie

c'est insidieux, juste des instants
il faut bien avancer avec le flot
il faut bien faire mieux que semblant
puis soudain, c'en est trop
je te reviens mais je me hais
chaque seconde acceptée loin de toi
s'additionne, pluie acide, mal à hurler

mais je garde tout pour moi


Je ne suis
qu'une ombre passagère
Un jour de pluie
encore trop de mots, amers
quand tu n'es pas là
que tes bras ne me serrent

les pieds en terre
je suis malade de moi...
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Un mal que je ne pensais pas
après tant de vies avortées
revivre encore une fois
un mal, au coeur de chaque seconde écoulée
serpente, mal caché

Ce sont les mêmes mots
la même douleur et les mêmes pas
mais il y a toi qui change c'est ce qui est beau
ce n'est pas seul que je souffre, je vois
notre histoire n'est pas que mirage devant moi

Un mal serpente tu le hais me prends la main
je te le présente et le hais en écho
tu sais déjà qu'il aura bien cette fin
que tu pressens,  et si chaque larme reste une de trop
à présent peu à peu l'acide déserte ce flot

Nous pleurons ensemble, le mal est un bien
qui unit plus qu'il n'aurait voulu dissoudre
l'amour qui nous prend sourit à demain
à d'autres logiques nous ne pouvons plus nous résoudre
les critiques se cherchent d'autres grains à moudre

nous courons, déjà nous sommes trop loin

le mal tourne en rond dans la même folie
comme l'amour nous désaveugle nous ne l'écoutons plus
ni ceux-là qui ne croient qu'à ce qui brille
aux apparences et pas à ce que nous sommes devenus
les yeux rivés sur l'inconnu

l'autre moitié de nous-même retrouvée

qu'aucun mal ne pourra plus nous voler...


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Dans la douce lumière de l'extérieur, qui n'agressait plus, au coeur de cette nuit enlacés, je revoyais tout,  nos retrouvailles tendres à la gare, tes bras autour de moi, puis ta main dans la mienne,  me serrant fort... nos étreintes répêtées, sur les bancs, dans les trains, ta tête sur mon épaule... je te contemplais, là, devant moi, et chaque moment de notre bonheur jusqu'à celui-ci s'additionnaient pour créer un tableau d'une infinie beauté, que je lisais dans tes yeux au même instant...  en te caressant le dos nu, j'étais encore avec toi dans ce restaurant, juste à côté de toi, à te dévorer des yeux plus que manger... puis nous sommes rentrés, en riant pendant tout le trajet, et nous n'en finissions pas de rentrer, allongés là ton regard rivé au mien, même si nous vivions totalement au présent nos caresses...

Je me souvenais de tout... ce fut un bel instant, d'une nuit magnifique avec toi, une nuit chaude, caline et passionnée, lente et trop rapide, tout à la fois...

Il y eut le lendemain pourtant, nos deux coeurs serrés, à ne plus savoir trop comment se regarder, de peur d'y lire une émotion différente dans le regard de l'autre, de peur que cette nuit n'ait été qu'une parenthèse avant un nouvel abandon, et l'impossible oubli... Nous tremblions de peur, nos estomacs battaient la mesure, nos gorges se nouaient mais dans les silences, pour ne pas s'inquiéter mutuellement... et les plaisanteries absurdes tentaient de meubler, mais le faisaient mal. Je jouais à "même pas peur, même pas mal", alors que j'aurais eu envie de hurler ; un humour cruel que tu ne comprenais pas, trop sensible, consciente de ce qu'il y avait autre chose, pas loin, derrière... autre chose qui te paniquait, te blessait.
Soudain ta douleur eut raison de ma façade. Pour te rassurer je t'ai regardée bien en face.

"Regarde mes yeux ..."

Je n'avais pas prévu mes larmes, rien calculé. Quand la digue a laché, il a bien fallu que j'assume, et que je t'explique aussi... toute cette douleur rentrée de ton absence, du manque qui brûle, cette douleur qui revenait à l'instant de te laisser aux tiens... toute cette douleur non dite, pour ne pas t'en ajouter, et c'est tellement facile de la cacher car quand je te parle, je n'ai jamais mal...

Toute cette douleur je te l'ai dite, tu l'as vue s'écouler, tu as deviné les torrents qui pourraient être... alors ton regard dans le mien, tes doigts massant doucement mes tempes, tu y as répondu sans un mot, d'âme à âme.

Les larmes se sont tues, aujourd'hui encore elles demeurent muettes, vaincues par la grâce d'un amour dont je n'ai perçu la pleine force qu'au fond de ce regard-là, à cet instant-là : ce mauvais instant qui est peut-être bien le meilleur pourtant, celui qui nous aura le plus soudé...

Depuis nous continuons à nous aimer, malgré la distance, qui ne nous séparera jamais longtemps. J-18.

Je t'aime Eva...

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